Abbatiale Saint-Philibert – Tournus

Proposée par : Anne-Marie Picard et PRTL 71
Tournus
12 place des Arts - 71700
Monument Historique
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Cityzeum
Trip Advisor
Située sur une colline en bordure de la Saône, elle s’inscrit dans un paysage reposant entre le boccage bressan à l’est et les collines calcaires du pays vineux des collines du Mâconnais de l’ouestL’abbatiale de Tournus est un des plus anciennes églises romanes, peu remaniée et encore debout. Le millénaire de la dédicace de l‘église actuelle, a été fêté en 2019.La rareté des archives qui la concernent entraîne des controverses sur ses dates, mais à cause de son système de construction, les historiens et archéologues sont d’accord pour la classer comme une église novatrice dans sa conception, érigée au début de la période romane, au XIe siècle, et terminée au XIIe siècle.Le site de l’abbaye s’est conservé au cours des temps. Il permet aux visiteurs de découvrir une ancienne abbaye bénédictine à peu près intacte dans sa disposition.Bien que l’église ait été élevée en plusieurs campagnes entre le XIe et le XIIe siècles, elle présente une grande unité qui laisse penser à un projet primitif déjà très élaboré, des moines réfugiés de Noirmoutier qui se sont installés dans le site au IXe siècle.
Ils sont heureux de vous accueillir dans ce sanctuaire...

Saint Valérien et saint Philibert

Avec la Vierge, deux grands saints veillent et vous accueillent dans ce sanctuaire : sur le sanctuaire : saint Valérien et saint Philibert.

Leurs statues descendues du clocher de façade à cause du mauvais état des pierres qui tombaient, sont maintenant présentées au musée lapidaire.

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Vous êtes les bienvenus

Monsieur le Curé Vous souhaite la bienvenue

Bienvenue dans cette église !

Vous avez passé le seuil de cette belle église, soyez bienvenu dans cette maison de prière, construite par nos anciens !

Vous êtes dans la paroisse St Philibert en Tournugeois : Tournus et quatorze villages. Cette paroisse est située dans le diocèse d’Autun, Chalon et Mâcon, qui correspond au département de Saône et Loire.

Notre région a la chance d’être parsemée de magnifiques églises qui sont le signe de la foi des chrétiens d’hier et de ceux d’aujourd’hui. Ici, l’Evangile est arrivé il y a très longtemps, avec Valérien et d’autres parmi les premiers chrétiens.

Aujourd’hui, la « communauté » chrétienne se rassemble pour la prière et agit pour que grandisse le Royaume de Dieu.

Vous qui passez par là, prenez ici le temps de souffler, de vous laissez imprégner par la beauté des lieux et aussi le temps de la prière, si vous partagez la foi des chrétiens.

Les chrétiens de notre paroisse prient eux aussi pour vous. Ils vous souhaitent un bon périple notre région et vous disent à bientôt.

Père Dominique OUDOT, curé de la paroisse.

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Monsieur le Maire de Tournus vous accueille au cœur de sa ville

à venir...

L'origine

L’histoire de ce lieu est plus ancienne que l’église Saint-Philibert.

Au VIe siècle Grégoire de Tours raconte dans son livre « De la gloire des martyrs » qu’un comte chalonnais très malade était venu quelques temps avant son passage, implorer sa guérison dans l’église dédiée au martyr Valérien, mort à Tournus en 178, et qu‘en remerciement, il avait fourni de quoi la réparer. Le tombeau du saint se trouvait en dehors du castrum romain qui avait été fondé pour servir de relais aux armées romaines en route sur la via Agrippa vers l’est et le nord de la Gaule.

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IXe siècle

C’est ce lieu, ainsi que la ville et les environs, que Geilon, abbé de la congrégation de saint Philibert fuyant les pirates normands, obtint de Charles le Chauve pour y installer ses moines. Ils arrivèrent en 875, riches des reliques de saint Philibert, abbé puissant intercesseur entre le ciel et la terre dès son vivant et plus encore après sa mort.

illustration : Bible de Vivien (BN) - Charles le Chauve et les moines

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Mais de son vivant, au VIIe siècle, à la période troublée des Mérovingiens, saint Philibert s’était surtout montré l’actif fondateur de plusieurs abbayes en Normandie et dans l’île d’Hério (Noirmoutier), qui firent de sites désolés, des abbayes prospères mettant en valeur des sols abandonnés depuis la fin de l’Empire Romain.

L’aspect économique de son action était une condition nécessaire à l’évangélisation de populations mal christianisées qui était parfois retournées à la barbarie.

illustration : Vitrail saint Philibert à saint-Bris le Vineux

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Au cours de leur périple de 39 ans, les moines avaient bénéficié constamment des dons et de la protection des souverains et des puissants et recueilli de nombreux biens : revenus d’églises ou de terres et reliques d’autres saints, tel le flabellum, éventail liturgique très précieux, don présumé de Geilon premier abbé de l’abbaye Saint Philibert à Tournus.

illustration : Art Carolingien : Le flabellum de Tournus au Muzeo de Bargello à Florence. Vue la photo de Paolo Tosi exposée dans l’avant nef de Saint Philibert.

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Le Moyen-Age

Ceci leur donnait les moyens de construire un monument digne des trésors qu’ils possédaient, capable d’accueillir les nombreux pèlerins qui viendraient prier les saints seuls recours contre les maux qui affligeaient les gens de cette époque. Ils conçurent donc une grande église de pèlerinage avec toute l’organisation nécessaire à son bon fonctionnement. Comme dans toutes les églises de cette confrérie, la première patronne en était la Vierge, puis Philibert ; le saint local Valérien fut ajouté, moins célèbre, mais resté populaire localement. Malgré les épreuves diverses, incendies, attaques d’envahisseurs, révoltes des habitants du bourg, l’abbaye connut une belle période prospère où les dons des notables environnants lui permis de se développer. Les pèlerins, grands ou modestes personnages affluaient. Mais au cours de cette longue période du Moyen-Âge, peu à peu la popularité de l’établissement s’affaiblit avec l’observance affadie de la règle bénédictine.

illustration : La ville au XVIIIe siècle et l’abbaye , gravure de Dubercelle pour la « Nouvelle histoire de l’Abbaïe royale et collégiale de Saint-Philibert et de la ville de Tournus » de Juénin

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XVIe - XVIIe siècle

Le terrible sac que lui infligea le capitaine protestant Poncenac en 1562 signa sa décadence. Sous l’abbatiat du cardinal de La Roche-Foucauld (illustration), à la demande des moines, l’abbaye fut sécularisée et transformée en un collège de chanoines en 1627. Ils ne vivaient plus en commun, ils restaient soumis à leur abbé dont le titre était maintenu avec ses revenus, mais dépendaient religieusement désormais de l’évêque de Chalon.

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XVIIIe siècle

La Révolution à Tournus n’entraîna de dégâts que dans le mobilier de l’église et les archives de l’abbaye. Après avoir été transformée en Temple de la Raison, elle fut rendue au culte sous le consulat et devint église paroissiale après le Concordat au XIXe siècle.

Illustration : entrée de l’Abbaye ) gravure de Baugean 1824

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XIXe siècle

L’abbatiale fut classée monument historique dès 1840. Elle bénéficia d’une grande réparation menée par l‘architecte Questel. Les bâtiments environnants vendus au moment de la Révolution, furent progressivement rachetés par la municipalité réparés et remis en état pour servir à un usage public en harmonie avec le lieu.

L’abbatiale est un monument imposant qui domine toute la ville, incontournable dans le paysage de la vallée de la Saône.

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Le site de l’abbaye s’est conservé au cours des temps. Il permet aux visiteurs de découvrir une ancienne abbaye bénédictine à peu près intacte dans sa disposition. Bien que l’église ait été élevée en plusieurs campagnes entre le XIe et le XIIe siècle, elle présente une grande unité qui laisse penser à un projet primitif déjà très élaboré, des moines réfugiés de Noirmoutier qui se sont installés dans le site au IXe siècle.

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La façade

Elle présente une haute façade austère avec deux tours dont l’une est coiffée d’un clocher plus tardif et ornementé.

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Le décor de bandes lombardes allège cette façade très massive qui n’est percée que d’archères à but défensif, et d’une croix.

Les mâchicoulis et le portail sont des ajouts du XIXe.

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En tournant autour de l’église, on s’aperçoit que celle-ci est constituée de plusieurs corps, non alignés les uns sur les autres : Une première partie plus étroite et un peu plus haute que la seconde, correspond à l’avant-nef, elle est plus ancienne que la nef. Bien qu’elle soit d’un style proche, on ne voit plus sur la nef les bandes lombardes.

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Un flanc nord gothique

S’ajoutent sur le flanc nord trois chapelles gothiques des XIVe et XVe siècles. Un portail et une grande verrière également gothiques s’ouvrent sur le bras nord du transept. Des travaux ont eu lieu à l’occasion de la fête du millénaire, à l’occasion desquels, on a retrouvé et mis au jour l’ancien décor peint du porche nord.

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Le chevet

Commence ensuite le chevet qu’on peut rapprocher des traditions auvergnates un chœur en hémicycle entouré de chapelles rayonnantes, de plan carré. Cette forme serait le signe de leur précocité. La pente du terraina permis l’ouverture de petites baies au niveau de la crypte.

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La disposition de lits de pierres en forme d’arêtes de poisson accentue la présomption d’ancienneté de ce chevet.

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Le clocher

Le grand clocher central du XIIe siècle domine l’abside décorée d’arcatures et d’une bande de losanges de briques, le déambulatoire puis les chapelles rayonnantes.

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Le chevet côté sud

Le chevet du côté sud. Sous le clocher on devine le bras sud du transept, masqué par le salle capitulaire du XIIIe siècle.

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Par suite de l’effondrement d’une partie du toit du dortoir qui était au premier étage, les bâtiments qui fermaient le cloître et se prolongeaient jusqu’à la Tour du prieuré, furent abattus. Une ouverture fut pratiquée vers l’intérieur du cloître. On y découvre le bel étagement des toits et du clocher de façade. À gauche la partie ouest du cloître occupée par des maisons de « demi-chanoines » qui ne reçoivent qu’une demi-prébende. La vue que l’on a du cloître sur les toits de l’abbatiale permet de bien discerner différentes phases de construction : une avant-nef, la nef, le transept un grand clocher sur sa croisée.

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La salle capitulaire

La salle capitulaire du XIIIe siècle, due à l’abbé Bérard présente neuf travées à voûtes en croisée d’ogives reposant sur des colonnes à chapiteaux ornés de feuillages et de quelques têtes, la clef de voûtes de la travée où se tient l’abbé porte le visage du Christ.

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Des quatre galeries qui l’entouraient, il ne reste que la plus ancienne voûtée d’arêtes, construite le long du mur sud de l’église que l’on peut dater du 2e quart du XIe siècle, sauf sa dernière travée au fond, proche de la salle capitulaire qui donne accès à l’église par un porche également gothique.

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Un auvent moderne remplace la galerie est, sur laquelle donnent les fenêtres de la salle capitulaire gothique. On y a gardé les pleins cintres des ouvertures. Celles qui sont fermées, sont des fenêtres de la précédente salle capitulaire romane.

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La galerie sud fut vite attribuée à la maîtrise, domaine des futurs moines et enfants de chœur qui recevaient l’enseignement du chantre. En arrière la haute construction se nomme la tour du prieuré.

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Au premier étage se trouve le fonds ancien de la bibliothèque municipale, avec le manuscrit d’Ermentaire, une des sources principales sur l’abbé Philibert. Ce moine à raconté la vie de Philibert et une partie du récit la fuite des moines au IXe siècle devant les pirates normands. Plusieurs autres chroniques plus tardives l’accompagnent. Cette bibliothèque a été richement dotée par le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV et abbé de Tournus.

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On peut rejoindre l’entrée en passant par une pièce qui sert actuellement de petit musée lapidaire où l’on peut voir des statues descendues du premier clocher en façade, pour cause de chute de pierres, et les chapiteaux martelés du cloître lors du sac de 1562. On l’appelait le chauffoir, mais actuellement les historiens préfèrent le mot de locutorium, endroit où les laïcs pouvaient pénétrer et recevoir l’aumône que les moines devaient aux pauvres et aux pèlerins.

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Au sud de l’église s’étend un grand cellier, dont on aperçoit les trois arcades d’ouverture. Les moines possédaient de vastes vignobles dans la région et dans la vallée du Rhône dont le produit était très apprécié.

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Intérieur de la pièce supérieure du cellier. L’acoustique excellente de cette pièce la fait utiliser pour des concerts ou des expositions.

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Ensuite s’ouvre le vaste réfectoire, Placé perpendiculairement, devant lequel une fouille archéologique a révélé une grande cuisine avec des âtres dans chaque coin.

Sa trop grande surface l’a fait abandonner et transformer en « salle de sport » qu’on appelait « le ballon ». Il sert lui aussi aux expositions.

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Le plan

Cette église est complexe, elle présente plusieurs zones à vocations différentes : • une importante avant-nef, à deux étages, • la nef proprement dite, prolongée par le transept • le chœur qui est basé sur une crypte de même plan.

Plan de l’abbatiale d’après Jean Bortaud, ancien curé de l’abbatiale de Tournus dans les années 1950-1960

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La circulation a été pensée dès l’origine pour permettre la déambulation de foules importantes, en particulier pour rejoindre la crypte et la partie supérieure de l’avant-nef, dite chapelle Saint-Michel. Cette dernière était desservie par deux grands escaliers de pierre de cinquante marches qui partaient de chacun des bas-côtés.

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L’avant nef

Lorsque la grande porte centrale n’est pas ouverte, une petite porte à droite permet d’y accéder. On arrive dans l’avant-nef. C’est un des endroits qui suscitent beaucoup d’intérêt parce qu’il ne subsiste guère qu’à Tournus, alors qu’il a peut-être existé ailleurs et a disparu ensuite, par exemple à l’abbaye de Cluny. Les liturgistes pensent que cette partie de l’église située à l’ouest, endroit où disparaît le soleil, symbole du Christ, était spécialement dédiée à la Passion, à la mort du Christ et à sa Résurrection et qu’on y célébrait pendant la semaine sainte et à Pâques de grandes cérémonies.

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Le rez-de-chaussée, peu éclairé, est partagé en trois nefs de trois travées, dont les voûtes sont soutenues par d’énormes piles maçonnées. La voûte centrale est constituée de voûtes d’arêtes et celles des bas-côtés par des berceaux transversaux.

Des peintures y subsistent : un grand Christ Pantocrator de l’Apocalypse dont la mandorle est soutenue par deux anges. À gauche la chapelle des Digoine, dont la voûte est couverte du damier noir et blanc de ses armes. Elle est ornée d'une crucifixion. L’endroit devait servir à l’accueil, il était séparé de la nef par une énorme porte. En cas de besoin on pouvait y célébrer des messes, car des autels y étaient aménagés. Assez vite des personnes privilégiées purent y être enterrées et y créer des chapelles.

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L’église haute est dédiée à l’archange saint Michel, chef des milices célestes, passeur et peseur des âmes en route vers le paradis. C’est un étage élevé, de même plan mais avec de grandes fenêtres et une voûte en plein cintre au centre et des bas-côtés voûtés par des demi-berceaux dont on peut se demander comment cet énorme ensemble a pu tenir en équilibre jusqu’à nos jours.

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La machinerie et la porte de l’orgue cachent une abside débordante sur la nef qui abritait l’autel de la chapelle et, maintenant, les grandes orgues de l’abbatiale. L’arc triomphal devant l’ancien autel est encadré de baies géminées et de deux portes, donnant sur la grande nef de l’abbatiale.

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Les chapiteaux des colonnes de l’arc portent des cubes ornés de palmettes. Ils sont surmontés de deux blocs, gravés de deux curieuses figures. Ce sont les premières représentations humaines dans l’église, elles remonteraient au milieu du XIIe siècle.

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - L’intérieur
Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - L’intérieur

Le volume de cette église haute est impressionnant. Les cérémonies qui s’y déroulaient étaient importantes au temps de la Passion et de Pâques, cette pratique tomba peu à peu en désuétude et la chapelle Saint-Michel servit plus tard de donjon à l’abbaye. Les archères qui s’ouvrent dans la partie basse sont la preuve d’une destination défensive, mais de hautes fenêtres l’éclairent.

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L’arc triomphal qui précédait l’autel a reçu le nom de Gerlannus, à cause d’une inscription peu claire sur le mur est qui mentionne ce nom.

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La nef

Haute et très éclairée la nef surprend les visiteurs et impose à certains une sorte de sidération par ses proportions et son harmonie.

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C’est une invitation à s’asseoir, à admirer... à se laisser prendre par cette harmonie.

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Elle fut probablement peinte presqu’entièrement. Les enduits furent couverts de peinture blanche, au XVIIIe siècle puis enlevés lors de rénovations aux XIXe et XXe siècles. Des piliers du même genre que ceux de l’avant-nef, perdent leur lourdeur en s’élançant à très grande hauteur, pour aller soutenir, la série de berceaux transversaux, situés au-dessus de la nef principale au centre. Ils ne s’appuient pas sur les murs latéraux, mais se bloquent les uns les autres avec l’appui de l’avant-nef à l’ouest et celui de la croisée du transept à l’est. Ainsi l’église bénéficie de l’éclairage d’une double rangée de fenêtres, inondant cette église romane d’une lumière abondante.

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Le petit appareil des pierres roses des murs et des piliers alternant avec des pierres taillées blanches devrait sembler austère en l’absence presque totale de décoration, seuls jouent des effets de couleurs rose ou blanche, sur les arcs diaphragmes qui séparent les premières travées. Sur le mur du fond du bas-côté nord, on aperçoit une des portes qui s’ouvraient sur un grand escalier permettant d’accéder à la chapelle Saint-Michel directement depuis la nef. Les collatéraux sont voûtés d’arêtes. Du côté nord s’ouvrent trois chapelles gothiques et le mur sud abrite l’enfeu de style flamboyant d’un abbé.

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Peintures murales dans la nef

Sur le mur ouest de la nef, il reste une figure d’évêque et sur le pilier engagé qui se trouve à proximité, un échantillon de l’ancien revêtement des piliers qui imitait une pierre jaspée. Elle représenterait Saint Geoffroy, évêque du Mans, présent à l’enterrement de l’abbé Bérard mort en 1245.

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Dans la nef des petits monstres gothiques décorent des intrados du côté SE.

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Au sud, demeure un enfeu gothique flamboyant de l’abbé Hugues de Fitigny dont le tombeau a disparu. Sur le mur du fond figure le couronnement de la Vierge. Elle prend place aux côtés de son Fils. Au dessous, on a placé la statue de Notre Dame la Brune.

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La première des chapelles gothique au nord était entièrement peinte, il en reste quelques traces, mais l’humidité les fait disparaître.

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Le transept et le chœur

En ce qui concerne les matériaux, la zone du transept et du chœur marque une forte transition. On passe d’une construction en petit appareil de pierres cassées au marteau d’une teinte rosée, à une zone de pierres taillées blanches, en moyen appareil. L’ambiance en est plus solennelle. Cet effet est voulu à cause de la plus grande dignité du lieu qu’est le sanctuaire où se passe les cérémonies les plus importantes.

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Le premier niveau a été érigé dès le début du XIe siècle, mais la partie très haute a été reprise au XIIe et à plusieurs reprises plus tard, dans le nord du transept. Au contraire du reste de l’église, elle est ornée, les sculptures ayant été réservées à ce lieu privilégié, à l’exception notable de la chapelle Saint-Michel, où se trouvent les seules représentations humaines pour le XIe siècle.

La croisée du transept est couronnée par une belle coupole sur trompe posée sur des colonnettes à crochets et petits personnages. Elle supporte le grand clocher central.

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Le bras sud du transept contient la chapelle orientée du Sacré-Cœur, aménagée au début du XVIIIe siècle par le cardinal de Bouillon dans un style classique, mettant en relief, la pierre rouge locale de Préty , traitée comme un marbre.

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La chapelle du bras nord est dédié à Saint Ardain, et à tous les abbés de Saint-Philibert de Tournus dont les noms sont rappelés sur les murs de l’absidiole.

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Le chœur est entouré d’un déambulatoire qui s’ouvre sut l’abside une claire voie constituée par une série d’arcades en plein cintre soutenues par des colonnettes reposant sur un haut bahut.

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Des chapelles rayonnantes s’ouvrent sur le déambulatoire. La chapelle axiale est dédiées au saint patron de l’église : Saint Philibert dont les reliques étaient gardées dans un reliquaire en bronze. Dans cette chapelle sont célébrés les liens de Tournus avec Noirmoutier, lieu dont sont partis les moines en quête d’asile au IXe siècle.

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Actuellement le reliquaire principal de saint Philibert dû à l’orfèvre Goudji est exposé au milieu de l’abside.

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Vue du déambulatoire sur la colonnade du fond du chœur.

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La crypte

La crypte est ici une église souterraine, dont le plan est identique à celui du chœur. Elle lui sert de base et est dédiée au souvenir du premier saint évangélisateur de Tournus, le martyr Valérien, et à ceux de Jean-Baptiste et des Saints Innocents. Elle pourrait avoir été bâtie sur l’emplacement de l’église ancienne et du tombeau de Valérien. Son plan est le même que celui du chœur auquel elle sert de soubassement.

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La chapelle axiale est dédiée à saint Valérien, un sarcophage antique est le seul souvenir de Valérien dont les reliques ont été dispersées lors du sac de l’église par les troupes protestantes.

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La salle centrale est voûtée d’arêtes à pénétration, soutenue par de fines colonnes ornées de chapiteaux romans à feuillages d’inspiration antique. Parmi ces colonnes deux sont des réemplois d’anciennes colonnes romaines. Comme dans le déambulatoire, la voûte est constituée d’un mortier coulé sur des coffrages en bois, cette disposition est d’origine. On aperçoit au fond le puits dont les pèlerins emportaient les eaux sanctifiées.

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Les chapiteaux

L’ancienneté de l’église fait qu’elle n’est pas riche en décor sculpté, mais il n’est pas totalement absent, bien au contraire. Il aide à dater, les différentes parties de l’église. Les chapiteaux les plus anciens se trouvent dans la crypte et au premier niveau du chœur. Ils ne portent qu’un décor végétal, plus ou moins inspiré des chapiteaux corinthiens, on les date de la première moitié du XIe siècle, ainsi que ceux de la galerie nord du cloître et de la chapelle Saint Michel.

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Œuvres d'art

Dans son état ancien, chapiteau de l’extérieur du déambulatoire (début du XIe siècle au plus tard).

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Œuvres d'art

Chapiteau de la galerie nord du cloître, 2e quart du XIe siècle.

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Décor de la colonne de l’arc de Gerlannus, Milieu du XIe siècle

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Au début XIIe, appartiennent ceux des parties hautes du chœur et du transept, inspirés d’écoles brionnaises ou lyonnaises avec des représentations humaines et animales à caractère moralisant. Les gens du XXIe siècle ont perdu la symbolique de certains chapiteaux du XIIe siècle tel celui des têtes impavides alternant avec des protomes animaux.

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Dans le même état d’esprit, on ne peut faire que des conjectures sur ces lions tenant sous leur patte une tête humaine.

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La bouche d’où sortent des monstres ailés qui reviennent mordre l’oreille, est plus parlante. Il ne peut s’agir que des mauvaises choses qui peuvent en sortir, telle la médisance.

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Les diables qui s’emparent des damnés pour les punir, ne laissent aucun doute sur le but dissuasif de ces images.

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Seuls les chapiteaux malheureusement très abîmés, restes des galeries du cloître disparues, représentent des scènes religieuses de la Bible. On les date du XIIe siècle finissant

Comme ici la procession_rameau : les disciples du Christ suivent le Christ en une longue procession qui tient deux côtés du chapiteau, ils portent des palmes en main.

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Notre Dame la Brune

C’est une Vierge reliquaire en bois, du XIIe siècle, d’origine auvergnate. Elle a été, l’objet de tout temps d’une grande révérence de la part des chrétiens locaux, des pèlerins et touristes, qui lui accordent toujours une grande confiance, le cahier déposé à proximité en témoigne. La Vierge très hiératique et sans couronne ni auréole, sert de trône à son fils au visage d’adulte qui bénit. Elle fut toujours protégée lors des crises.

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Les mosaïques du déambulatoire

Très abîmées, elles avaient été couvertes au XVIIIe siècle. Redécouvertes au début du XXIe siècle, elles sont un témoignage précieux de la richesse du décor du début du XIIIe siècle. Quelques scènes montrant des signes du zodiaque et les travaux des mois ont pu être présentées en place dans le déambulatoire.

illustration : Le Cavalier

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Œuvres d'art

Les Gémeaux

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Le faneur

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Cancer

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Dans la seconde chapelle gothique, un retable de la deuxième moitié du XXe, de Michel Bouillot, artiste local, montre une « Adoration des bergers » sous la forme de pauvres gens venus voir l’enfant à la crèche.

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La Vierge de Csurgo

La Vierge de Csurgo placée dans la chapelle rayonnante au nord du déambulatoire supérieur, a été donnée en 2010 par un groupe de Hongrois, amis de l’abbaye, il s’agit d’une maman accroupie qui apprend à marcher à son enfant. Cette statue en bronze a été coulée pour l’abbatiale, elle n’existe que dans un village de Hongrie et au musée du Vatican où était réfugié Amerigo Tot, son auteur, pendant la guerre.

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Le grand orgue baroque

Le buffet du grand orgue a été classé monument historique en 1922, c’est l’œuvre de Gaspar Symon, sculpteur tournusien. Sa décoration de lions, sirènes, anges jouant d’instruments ou chantant, représente ses différents registres. Il est daté de 1629, c’est le plus ancien en Bourgogne. La partie instrumentale, à l’origine de Jehan d’Herville de Troyes, a été restaurée par Jean Deloye en 1990.

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L.e mobilier de chœur contemporain

Ce mobilier du chœur a été placé pour le jubilé 2000 à l’initiative du père Yves Bachelet, curé de la paroisse. Goudji, artiste géorgien, a dit être inspiré à la fois par l’esprit de l’orthodoxie et par l’art animalier des steppes.

Les œuvres de Goudji - L'aigle

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Œuvres d'art

Les œuvres de Goudji - La colombe

Elle évoque le Saint Esprit mais aussi les colombes eucharistiques qui servaient à conserver les hosties .

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Les œuvres de Goudji - La Croix de procession

Le Christ triomphant sur sa croix, vêtu et couronné selon la tradition orthodoxe, contrairement au Christ nu et souffrant des crucifix catholiques, a été choisi par Goudji pour cette croix de procession.

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Les vitraux

L’explosion du pont de Tournus à la fin de la 2e guerre mondiale a provoqué la chute des vitraux du XIXe. Ils ont été remplacés en deux temps. Deux artistes y ont travaillé : Pierre Choutet qui est l’auteur des vitraux des chapelles nord et Brigitte Simon pour le reste de l’église.

Le baptême du Christ de Pierre Choutet nous montre un Jean-Baptiste juvénile qui, comme le Christ, est baigné du sang du sacrifice.

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Œuvres d'art

Les pavés de verre délicatement colorés de Brigitte Simon illuminent la belle pierre de l’abbatiale et changent l’atmosphère selon le temps et les heures.

Abbatiale Saint-Philibert – Tournus - Œuvres d'art

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Visite

Église romane, monument historique ouverte tous les jours de 9 h à 18 h en hiver de 9 h à 19 h en été..Accueil - de mai à septembre habituellement : permanences plus ou moins régulières d’une équipe locale de bénévoles PRTL (Pastorale du Tourisme de Saône et Loire) quelques heures le matin et l’après-midi.

Contact

Paroisse Saint-Philibert-en-Tournugeois 12 place des Arts 71700 Tournus Téléphone : 03 85 51 03 76 E mail : paroisse.st.philibert@orange.fr Accéder au site en cliquant ici.Messes consulter le site En générale, en semaine selon les jours, à l’abbatiale ou à Sainte Madeleine à 9 h Le samedi : à 18 h dans l‘un des village de la paroisse en hiver ; à 19 h en été Le dimanche à 9 h à Sainte-Madeleine ; à 10 h 30 à l’abbatiale Saint-Philibert.
Mairie de Tournus Place de l’hôtel de ville B.P. 79 71700 Tournus Tel : 03 85 27 03 20 ; fax : 03 85 27 03 39 E. mail : mairie@ tournus.fr Accéder au site en cliquant ici.
Office de tourisme Tourisme Tournus 2 place de l’abbaye F 71700 Tournus tel : +33(0)3 85 27 0020 ; fax +33(0)3 85 27 00 21 E. mail : contact@tournus-tourisme.com Accéder au site en cliquant ici.
Sources : « La nouvelles histoire de l’abbaye et de la ville de Tournus » par Juénin XVIIIe siècle « Saint-Philibert de Tournus, guide historique et descriptif de l’abbaye » de Henri Curé ainsi que son »Saint-Philibert, le thaumaturge ». « Actes du colloque du CIER (Centre International d’Art Roman) de 1994 » ainsi que plusieurs parutions du même organisme faites à l’occasion de découvertes récentes. « Saint-Philibert de Tournus » de Jacques Henriet La thèse de Benjamin Sain-Jean-Vitus sur l’abbaye et la ville de Tournus Son guide de visite : « Tournus l’Abbaye Saint-Philibert À la découverte d’un grand site du Moyen Âge » paru en 2019 « Saint-Philibert de Tournus », d’Alain Guerreau paru en 2019
Crédits : Anne-Marie Picard Wiki Comons