Abbatiale Sainte Marie de Souillac

SOUILLAC
Place de l'Abbaye - 46200
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L’abbaye Sainte-Marie de Souillac doit son origine aux moines bénédictins de Saint-Pierre d’Aurillac qui établirent une dépendance dans ce lieu au 10e siècle. Connu pour sa représentation du prophète Isaïe, l'édifice du 12e siècle présente le double intérêt d’offrir un ensemble sculpté de haute qualité et d’être, avec la Cathédrale de Cahors, la seule église romane à file de coupoles conservée du Haut-Quercy.
(sources Patrimoines Occitanie - voir lien)

Le Prieuré

La légende attribue la fondation de l'abbaye à saint Eloi (illustration), ministre de Dagobert au VIIe siècle.Néanmoins, l'existence de cette abbaye n'est avérée qu'au Xe.La fondation du prieuré ou doyenné Sainte-Marie de Souillac remonterait en réalité à l'an 909, date à laquelle Géraud, comte et abbé d'Aurillac fit don de ses possessions de Souillac aux moines bénédictins de Saint-Pierre d'Aurillac.En 1253, un bourg s'était déjà constitué autour du prieuré et ses habitants avaient obtenu du doyen la concession d'une charte de coutumes. L'établissement monastique n'obtint le statut d'abbaye qu'à la fin du 15e siècle.
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - Histoire
Les nombreux épisodes de destructions et de reconstruction qu'il eut à subir entre le 16e et le 18e siècle expliquent que le cloître médiéval ait disparu et la que les bâtiments conventuels aient été reconstruits en totalité après 1659.L'abbé Henry de La Mothe Houdancourt (1628-1684) effectua également d'importantes réparations à l'église. Elles touchèrent notamment la coupole de la croisée du transept, les couronnements, la tour-porche ainsi que les toitures.
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En 1790, les moines sont chassés, l'abbaye est vendue et abandonnée.En 1803, l'abbatiale devient église paroissiale.Elle est classée monument historique en 1841.Une seconde campagne de restauration importante est alors menée par les architectes Questel et Malo (1840-1845). Elle fut sévèrement critiquée par Viollet-le-Duc et Paul Gout.D'autres suivirent à la fin du 19e siècle et, plus récemment, entre 1933 et 1936, époque à laquelle l'architecte Poutaraud établit les couvertures de lauzes que l'on voit aujourd'hui sur les coupoles.
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L'église abbatiale

La datation de l'église médiévale est encore sujette à interrogation. A en juger par l'examen des maçonneries, la construction du 12e siècle, commencée par le chevet, s'est poursuivie en trois ou quatre phases majeures probablement assez rapprochées dans le temps jusqu'à la tour occidentale qui a été conservée d'un édifice primitif attribué au 11e siècle.
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - Histoire
Pour Evelyne Proust (2004, p. 181-182), la sculpture du chevet de Souillac participerait des dernières manifestations d'un style qui se serait développé entre 1140 et 1170 dans les églises du Bas Limousin.Cette dernière estimation placerait la construction de l'église dans le dernier tiers du 12e siècleElle est confortée par ailleurs par les nombreuses affinités qui rapprochent Souillac des églises assez voisines de Saint-Amand-de-Coly et de Saint-Sauveur de Rocamadour, elles-mêmes tardives dans le 12e siècle.Au 19e siècle, une première campagne de restauration est conduite par les architectes Charles Auguste Questel et Charles Hector Malo de 1839 à 1848.Une troisième campagne de restauration, au cours de laquelle sont en particulier dégagées les coupoles de l'église qui reçoivent de nouvelles couvertures, est entreprise entre 1933 et 1936 par l'architecte en chef des Monuments historiques Poutaraud et l'inspecteur général Henri Nodet.
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - Histoire
L'église romane constitue la seule partie conservée du prieuré médiéval. Elle remonte au XIIe siècle et s'apparente aux édifices de style byzantin tels que Périgueux avec la cathédrale Saint-Front et Cahors avec la cathédrale Saint-Étienne, mais elle est plus évoluée dans ses formes, plus légère dans son élévation.De l'extérieur on admire un ravissant chevet aux absidioles pentagonales, et une étonnante tour. Le transept est particulièrement important, tandis que le chœur, polygonal, s'ouvre sur plusieurs chapelles.

Le clocher

A l'extrémité ouest se dresse le clocher porche, vestige de l'église initiale du IXe siècle. Austère, il est percé en son centre d'une longue baie cintrée.
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - L'extérieur

Les façades latérales

La nef soutenue par de sobres contreforts, est percée de quelques baies cintrées.
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Le chevet

Le chevet est constitué par une vaste abside couverte en cul-de-four, avec chapelles rayonnantes à pans coupés animés extérieurement par de grands arcs d'applique retombant sur des demi-colonnes adossées.
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - L'extérieur
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - L'extérieur

La nef

La nef, à l'appareil et aux proportions très pures, est couverte par deux coupoles. Une troisième couvre la croisée du transept. Toutes sont portées par d'importants arcs brisés, soutenus par d'énormes contreforts intérieurs. Un passage les traverse et permet de longer toute l'église.
Abbatiale Sainte Marie de Souillac - L'intérieur

Le transept

Le transept est particulièrement important, tandis que le chœur, polygonal, s'ouvre sur plusieurs chapelles.
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Le chœur - Les chapiteaux

Découvrez les 22 chapiteaux et les 4 modillons du choeur. On y remarque des chapiteaux figurés ou historiés dont les thèmes, à l'exception de l'Annonciation, présentent quelques difficultés d'interprétation. Les autres chapiteaux sont feuillagés et il est remarquable que certains d'entre eux soient restés inachevés. Les thèmes représentés et le style de la sculpture, en particulier ceux du chapiteau aux oiseaux affrontés, de celui de l'Annonciation et ceux des chapiteaux à palmettes corinthiennes, rattachent le programme sculpté du choeur de Souillac de ceux d'un ensemble d'églises limousines et auvergnates comprenant Brive, Malemort, Saillac, Lagraulière et Ydes.
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L'abside

L'abside et ses absidioles, voûtées en "cul-de-four", ont conservé nombre de leurs chapiteaux, aux thème variés. Les stalles du XVIIIe siècle subsistent.
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"Le portail ouest" - jamais monté

Au revers du portail ouest ont été remontés, au XVIIe siècle, les restes d'une grande composition de façade romane illustrant la légende du miracle de Théophile ainsi que le célèbre tumeau et la grande sculpture représentant le prophète Isaïe.Il est à peu près certain que ces reliefs proviennent du projet avorté d'un grand porche occidental qui aurait dû ressembler à celui de Moissac et qui ne fut jamais réalisé.Au-dessus de la porte, le tympan représente des scènes du miracle de Théophile entre saint Pierre et un saint abbé.Le trumeau s'inspire directement de celui de Moissac. Des animaux monstrueux et des personnages s'y enchevêtrent à côté du sacrifice d'Abraham.Deux figures destinées initialement aux piédroits complètent l'ensemble de part et d'autre de la porte : le patriarche Joseph et l'admirable prophète Isaïe, jambes croisées dans un mouvement de danse.Cet ensemble exceptionnel est discrètement complété par une série de bustes grimaçants, certains réalistes, disposés aux retombées des arcs et des pendentifs de coupoles. Aux chapiteaux des fenêtres de la nef, le lion crachant des palmettes est un thème d'origine limousine également présent à Moissac.
Dans la dernière travée de la nef, un ensemble sculpté roman de haute qualité, éléments d'un portail sculpté vers 1140 et jamais mis en place.Placées en hauteur, les scènes de la légende du moine Théophile qui vendit son âme au diable et fut sauvé par la Vierge.A droite, le prophète Isaïe, jambes croisées dans un mouvement de danse, qui annonce l'heureuse nouvelle « et voici qu'une Vierge va concevoir ».Côté droit, sur le trumeau, s'entrecroisent animaux fantastiques et êtres humains tandis qu'Abraham s'apprête à sacrifier Isaac.Côté gauche, le patriarche Joseph a été exécuté par une main différente.
À droite (en regardant le portail), on observe le très curieux « pilier de Souillac », enchevêtrement impressionnant de monstres, à la finalité indéfinie faute de documents.
L'église conserve des objets d'art de différentes époques et provenances. Il faut particulièrement noter sur la paroi nord, un tableau d'Eustache Le Sueur, un curieux et remarquable polyptyque espagnol du xve siècle et surtout une œuvre majeure de Théodore Chassériau, Le Christ au Jardin des Oliviers (1844). (Un éclairage et une mise en valeur de ce tableau de grande qualité sont prévus dans un délai rapide).
L'abbatiale possède aussi les restes d'un retable baroque, consistant en un tableau en bas-relief représentant Dieu le père bénissant, conservé dans l'antichambre de l'orgue.Probablement placé dans le registre supérieur d'un retable et surplombant la grande Crucifixion exposée dans la nef, ce bas-relief en bois doré et polychrome est apparenté stylistiquement aux œuvres de la famille Tournié de Gourdon.

Les grandes orgues

L'église abbatiale possède un orgue conçu par Jean-Baptiste Stoltz, daté (à l'intérieur même du buffet) du 1er juillet 1850, et classé le 12 mai 1978 au titre des monuments historiques4. Il a été restauré en 1988 par le facteur d'orgues Daniel Birouste, puis a profité d'un relevage à l'automne 2017 grâce à l'action commune des Amis de l'orgue Stoltz de l'abbatiale de Souillac, des Amis d'Alain Chastagnol et de la municipalité. Christophe Loiseleur des Longchamps, compositeur et chef de chœur de l'Ensemble Vocal de Brive, en est l'organiste titulaire depuis 1991.Créée en 2003, sous l'égide de l'abbé Michel Friedrich, l'Heure d'Orgue est une animation estivale autour de cet instrument, organisée par les Amis de l'orgue Stoltz de l'abbatiale de Souillac : chaque année, entre cinq et huit concerts sont organisés, ainsi que des visites commentées. Depuis 2016, L'Heure d'Orgue est devenue une aciotn culturelle de l'Association Les Amis d'Alain Chastagnol, association qui promeut la restauration et la valorisation de l'édifice.
A l'ouest de l'église remarquez le grand portail monumental classique et les belles grilles du XVIIIe siècle réutilisés dans le porche d'entrée.En revanche, les bâtiments monastiques élevés au sud de l'église aux XVIIe et XVIIIe siècles présentent une pauvreté certaine. La façade de pierres blanches de petit appareil et de tailles différentes montre des percements irréguliers et des hésitations dans l'encadrement des très hautes fenêtres.
Le projet élaboré par les moines de la Congrégation de Saint-Maur attribuait classiquement le rez-de-chaussée à la sacristie et à la salle capitulaire et l'étage au dortoir. Une imposante cage d'escalier du XVIIe siècle, en pierre, donne accès aux étages supérieurs, trés remaniés et redivisés par de nombreuses cloisons. A droite de l'escalier, un couloir mène à l'ancien cloître : il fut plaqué à l'intérieur de la cour du XVIIe siècle ; une inscription le date de 1712.
Enfin, l'aile ouest a du être élevée au XIXe siècle seulement. Il semble donc que ces bâtiments, reconstruits au XVIIe et XVIIIe siècle, n'aient pas bénéficié au départ de fonds bien importants. Mais leur intérêt est de présenter un ensemble abouti, à partir d'un projet initial connu.

Visite

Visite libre, tous les jours de 8H à 19h en dehors des offices religieux/

Contact

Paroisse de Souillac Adresse : Place Pierre Betz, 46200 Souillac Téléphone : 05 65 37 80 38Horaire des offices : cliquer sur le lien
Office de tourisme de Souillac Adresse : Boulevard Louis Jean Malvy, 46200 Souillac Téléphone : 05 65 33 22 00
Source d'Informations : - Wikipedia Patrimoine occitanie (wwwPatrimoine.laregion.fr) Architecture religieuse (http://architecture.relig.free.fr/souillac.htm) Cisterdoc.fr (Notice rédigée par Françoise Bagnéris Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse in "Anciennes abbayes en Midi-Pyrénées")
Crédits :