Abbaye Saint-Georges de Boscherville

Saint-Martin-de-Boscherville
12 route de l'abbaye - 76840
Trip Advisor
Michelin (/3)
A l’ouest de Rouen, au débouché de la forêt de Roumare, surgit la haute toiture de la tour-lanterne de l’église du village de Saint-Martin. Cette grande église, très lumineuse, aux volumes équilibrés, offre toutes les caractéristiques de l’art roman normand. Elle fut le sanctuaire d’une abbaye fondée au XIIe siècle par la famille de Tancarville, à l’emplacement d’un ancien temple païen. Comme beaucoup d’autres, l’abbaye Saint-Georges a fait l’objet, au XVIIe siècle, de grands aménagements dans le cadre de la réforme mauriste.A gauche de l’église, s’ouvre le domaine abbatial, dont il reste l’ancien logis mauriste, et la salle capitulaire du XIIe siècle, accolée à l’église, remarquable par son décor sculpté à la charnière des styles roman et gothique. Surtout, les jardins ont été fidèlement reconstitués il y a quelques années d’après un plan du XVIIe siècle : de composition classique, ils offrent toute l’année les couleurs variées des légumes et des plantes vivaces. Par un escalier monumental, on accède au pavillon des vents, bien nommé en raison de sa position élevée. De là, on jouit d’une vue splendide sur le chevet de l’abbatiale et sur la vallée de la Seine.L’église abbatiale, dont la clarté fait ressortir la pureté, a été construite au XII siècle, et elle est restée dans un état de conservation remarquable.Le domaine abbatial, dominé par l’imposante tour-lanterne s’étend sur sept hectares.L’abbaye bénédictine fut construite au XIIe siècle sur un site où se succédèrent depuis le Ier siècle avant Jésus-Christ plusieurs édifices dédiés au culte païen puis au culte chrétien.La salle capitulaire, de la fin du XIIe, présente un remarquable ensemble de statues-colonnes et de chapiteaux historiés.Le bâtiment monastique édifié par les moines mauristes au XVIIe siècle, a conservé ses élégantes voutes de pierre.En 1998, les dernières grandes restaurations du domaine abbatial ont été achevées, et depuis, les jardins de l’abbaye ont été peu à peu reconstitués tels qu’ils étaient au XVIIe siècle.A noter, l’accès au site est partiel pour les personnes en fauteuil roulant.Des audioguides gratuits sont disponibles pour les personnes déficientes visuelles.

Le site sacré

La première occupation du site où sera construite l'abbaye remonte à l'époque gallo-romaine où un temple carré avec une galerie en bois est édifié au ier siècle apr. J.-C. Il est remplacé au IIe siècle par un fanum puis, à l'époque franque par une chapelle funéraire installée dans la cella du fanum. Le site est occupé du 1er au IIIe siècle, puis, à partir du VIIe siècle par plusieurs édifices chrétiens qui sont à l'origine de l'abbaye.En 1055, Raoul-le-Chambellan installe une communauté de chanoines dans la petite chapelle funéraire de 15,50 m de longueur par 7,50 m de largeur.La chapelle devenue trop petite pour la communauté, la collégiale dédiée à Saint Georges est construite sur l'emplacement du temple et du fanum, son chœur à chevet plat est sous la salle capitulaire actuelle et elle a un petit cloître. Une charte-pancarte de 1080 décrit les travaux avec précision.Dans un premier temps, les chanoines enseignent et prêchent avec le soutien de l'aristocratie puis, devenus riches et puissant, s'attirent l'hostilité de leurs bienfaiteurs. Leur rôle ne résiste pas à la montée du monachisme avec ses valeurs de pauvreté et de vie communautaire. Comme la collégiale de Boscherville, une trentaine de collégiales normandes disparaissent. En 1113 ou 1114, Guillaume de Tancarville, chambellan du roi Henri Ier Beauclerc les chassent pour fonder l'abbaye Saint-Georges de Boscherville.

L'âge d'or

L'âge d'or[modifier | modifier le code] Raoul de Tancarville (-vers 1066), chambellan de Normandie, fait une donation à la collégiale de Saint-Georges de Boscherville.Guillaume (I) de Tancarville (vers 1075-1129), fils de Raoul, chambellan en chef de Normandie et d'Angleterre fonde l'abbaye de Saint-Georges de Boscherville, S. GEORGIUS DE BALCHERI-VILLA, vers 1112/1113, qui remplace la collégiale fondée par son père. Grâce à son patronage, elle attire un grand nombre de donations, notamment celle du roi Henri Ier qui lui donne le port de Bénouville.Celle-ci devient le lieu de sépulture de la famille. Les chanoines sont remplacés par une dizaine de bénédictins de l'abbaye de Saint-Évroult. Son abbaye-mère veut la garder comme prieuré, mais les fondateurs permettent par des dons à Louis, premier abbé de 1114 à 1157, de bâtir l'église et des bâtiments claustraux.Son successeur, Victor, abbé de 1157 à 1211 est un ancien moine de Saint-Victor de Caux . Il élève le cloître et un corps de logis, mais surtout la salle capitulaire qui montre son goût pour les Arts et où il est inhumé. Dans sa tombe on trouvera une magnifique crosse d'abbé en laiton gravée et poinçonnée du début du xiiie siècle. Pendant les quinze années de son abbatiat, Richard Ier doit défendre son autonomie que conteste toujours l'abbaye de Saint-Évroult, mais une bulle du pape Honorius III de 1225 met fin à leurs prétentions. Dans l'église, en 1235, la charpente primitive est remplacée par une voûte gothique.De sa fondation jusqu'en 1244 s'étend la période la plus prospère de l'abbaye.

Le déclin

Les dons qui affluent sous la domination anglaise quand les Tancarville sont les chambellans du roi ralentissent, Guillaume IV de Tancarville partageant ses faveurs avec les Cordeliers de RouenEntre 1249 et 1269, Eudes Rigaud, archevêque de Rouen vient presque tous les ans à l'abbaye et constate le désordre, les moines ne sont plus que vingt, ils permettent aux étrangers l'accès au cloître, les restes de la table ne sont plus distribués aux pauvres mais aux domestiques, ils sont dépourvus d'une bonne Bible pour la lecture en commun et l'abbé quitte les offices, surtout ceux de mâtine. L'archevêque recommande de mettre de l'ordre et, en 1267, il constate que tout va bien.En 1305, disparaît le dernier des Tancarville qui ont toujours été fidèle à l'abbaye. Elle passe aux d'Harcourt puis aux Orléans-Longueville qui ne l'oublie pas et l'abbaye adopte pour elle-même les armoiries de ses bienfaiteurs. Lors de la visite du roi Charles V en 1322, les moines ne sont plus que dix à quinze.En 1390, le monastère vend le seul prieuré en Angleterre qu'elle a pu conserver. En 1412, l'abbé Guillaume-Étienne obtient du pape, pour lui et ses successeurs, le droit de porter crosse et mitre.Pendant la guerre de Cent-Ans, les terres de l'abbaye sont ravagées et il faut réparer l'église et le cloître. Au xve siècle, il ne reste plus que huit moines qui ne peuvent remplir les charges imposées par les bienfaiteurs, mais les vocations reprennent et, en 1502, ils sont 12, puis 20 religieux en 1530. Antoine Bohier est le seul des abbés réguliers a accéder aux hautes fonctions ecclésiastiques et meurt cardinal archevêque de Bourges.De 1506 à 1535, l'abbé Antoine Le Roux dont on a la très belle pierre tombale reconstruit une partie du cloître. Avec lui se termine la longue liste des abbés réguliers.

La décadence et la fin

La mise en commende de l'abbaye où le roi donne à un grand seigneur, un étranger, revêtu du titre pour jouir des revenus, ayant des intérêts toujours distincts de ceux des religieux, résidant bien à part, dans une enceinte à lui réservé, ou au loin dans un château, un évêché, un bénéfice plus riche, est rarement un bénédictins. Il est remplacé dans l'abbaye par un prieur, il n'y a plus d'émulation, la discipline se relâche. Parmi ses abbés, deux cardinaux de la famille d'Este qui ne sont probablement jamais venus à Boscherville..Un autre désastre s'abat sur l'abbaye, les guerres de religions. En 1562-1570,les religieux s'enfuient et se cachent face à la fureur des protestants, l'église est dépouillée de tous ses ornements et de son mobilier, tous les bâtiments sont mis à sac. En 1590, on tente d'incendier l'église, le feu consume la maison abbatiale, le cloître et l'habitation des religieux sont ruinés.En 1625, huit pendants d'ogive de la nef sont entrouverts et menacent ruine. De 1626 à 1676, l'abbé commendataire Louis de Bassompierre, évêque de Saintes introduit la réforme de Saint-Maur et reconstruit une grande partie des bâtiments claustraux. En 1659, la congrégation de Saint-Maur qui a déjà sauvée de nombreuses abbayes négocie avec les religieux en place qui conservent leurs habitudes et le droit de nommer le prieur et les mauristes s'installent le premier décembre 1660.En 1690, Jean Louis Charles d'Orléans-Longueville, fils de la célèbre duchesse de Longueville pose la première pierre du grand logis avec la salle capitulaire et les dortoirs. Les jardins sont tracés, l'église reçoit un mobilier luxueux.En 1790, le nombre des religieux est tombé à sept. Le 13 février 1790, l'Assemblée nationale décrète la suppression des ordres religieux donc de Saint-Georges de Boscherville. Le 28 avril 1790, les officiers municipaux de la commune de Saint-Martin-de-Boscherville prennent note du contenu de l'abbaye et signifient aux religieux qu'ils ne sont plus chez eux.Lors de l'adjudication qui ne comprend pas l'église, un marchand de Rouen achète la maison abbatiale et claustrale avec les cours et les jardins. Une manufacture est installée dans le grand bâtiment mauriste.L'église est en bon état, avec un mobilier suffisant, un jeu d'orgue complet alors que l'église et les bâtiments de la paroisse de Saint-Martin de Boscherville sont en ruines, les habitats décident de garder l'église de l'abbaye comme église paroissiale pendant que l'ancienne sert à la production de salpêtre.Le 20 décembre 1791, la fabrique arrête que, le dimanche suivant, les paroissiens se réuniront dans l'église abbatiale.Quand la manufacture s'arrête, que le propriétaire vend les pierres au détail, que la salle capitulaire sert d'écurie et que son tour arrive, elle devient propriété du département en 1822. L'église et la salle capitulaire sont sauvées.
Le site de l'abbaye Saint-Georges de Boscherville est un lieu sacré depuis le 1er siècle de notre ère, époque à laquelle un temple carré à galerie en bois occupe le nord de la nef de l'église actuelle. Ce temple est remplacé, au iie siècle, par un fanum à galerie et, dans la seconde moitié du xie siècle, par une collégiale avec un cloître et des bâtiments en bois. La collégiale est arasée à partir de 1160 pour construire le nouveau monastère qui subit des modifications aux XVIe et XVIIe siècles, puis au XVIIIe siècle, les Mauristes construisent le grand bâtiment regroupant les fonctions régulières.Le plan de l'ensemble des bâtiments existants et des fouilles montre une grande densité de construction.Pendant près de vingt siècles, on a construit, détruit, modifié, changé les fonctions de certaines pièces.
L'organisation de l'abbaye respecte la Règle de Saint Benoît qui impose la clôture monastique autour d'un cloître desservant le chœur eucharistique de l'église avec un accès facile aux dortoirs des moines pour les offices de nuit, une vision directe depuis le cloître sur la salle capitulaire pour que personne n'ignore une assemblée de la communauté, les lieux de vie, réfectoire, chauffoir et la bibliothèque. Le jardin des moines complète cet ensemble régulier.Au transept nord de l'église est accrochée la salle capitulaire qui donne sur le cloître avec son puits, le dortoir des moines, et, parallèle à l'église, le réfectoire avec à l'étage les lieux de vie et la bibliothèque.La construction par des mauristes de l'aile Est a regroupé les fonctions sans modifier le fonctionnement du monastère.

L'église

L'église de l'abbaye Saint-Georges de Boscherville présente une grande unité d'architecture romane normande. Les seules modifications au plan primitif sont les tourelles gothiques de la façade et l'addition de voûtes à la nef et aux transepts.L'église romane de Saint-Georges de Boscherville peut être rapprochée de l'Église Notre-Dame-sur-l'Eau, près de Domfront, et de l'église Saint-Nicolas de Caen, construite par les bénédictins de l'abbaye aux Hommes. Sa datation varie, suivant les auteurs, de la fin du xie siècle au début du xiie siècle.Longueur totale de l'église : 70 m • longueur de la nef : 38 m • longueur du chœur : 16 m • longueur du transept : 35 m • largeur de la nef centrale : 10 m • largeur des bas-côtés : 4,60 m • hauteur de l'église : 22 m • hauteur de la tour centrale : 57 m • hauteur des deux clochers : 37 m.

Le plan

Le plan de l'église est en croix latine avec une nef à huit travées, des bas-côtés terminés par des chapelles à chevet plat, un transept avec absidioles sur chaque croisillon, la croisée des transepts est prolongée de deux travées et d'une abside pour former le chœur des moines qui commence à la septième travée. Une tour-lanterne surmonte la croisée du transept et deux clochers ornent la façade principale.

L'intérieur

On accède à l'église par une porte principale et quatre portes secondaires. Les bas-côtés, les croisillons et le chœur sont voutés d'arêtes. La nef était à l'origine couverte par une charpente remplacée par une voûte gothique et les deux travées du chœur ont des voûtes d'arêtes romanes sur plan barlong. Le triforium a des arcades en plein-cintre, quatre escaliers conduisent aux parties supérieures de l'église et un escalier du xive ou xve siècle saillant en demi-tourelle au second étage de la tour.
La charpente du bras sud du transept datée de la deuxième partie du xiie siècle est du type le plus ancien qui existe en France et dans un état de conservation remarquable. Sur des entraits de 12,50 m de longueur posés tous les 90 cm reposent des fermes-portiques longitudinales de 3,50 m qui supportent les chevrons soulagés par des jambettes. Il n'y a pas de stabilité latérale, le charpentier comptant sur les murs pignons pour reprendre les efforts horizontaux.

le chœur

Les voûtes du chœur et des bas-côtés sont primitives : ce sont des voûtes d'arêtes sans nervures. Le chœur composé de l'abside, du transept et d'une travée de la nef était plus élevé que le reste de la nef, ce qui est visible sur les hauteurs différentes de la base des colonnes.
Les sculptures romanes sont encore trop dans le xie siècle pour être sveltes et gracieuses, les modillons sont ornés de têtes étranges, les sculptures du triforium sont plus hardies et galbées. Deux médaillons représentent des guerriers et un évêque bénissant.Avant la Révolution, l'église renfermait les tombeaux de ses fondateurs et bienfaiteurs. En 1823, il y avait deux fosses entre le chœur et l'abside recouvertes de peintures avec des armoiries où étaient ensevelis deux membres de ces familles.Devant le grand autel se trouvait la pierre tombale de l'abbé Antoine Le Roux.

La salle capitulaire

La salle capitulaire de l'abbaye Saint-Georges de Boscherville est une merveille du style gothique normand construite sous l'abbatiat (1157-1211) de l'abbé Victor qui y est inhumé. Elle jouxte le croisillon nord de l'église et est englobée dans le bâtiment construit par les mauristes avec la volonté de la préserver.C'est une salle carrée de 16,73 m de longueur, de 7,60 m de largeur, d'une hauteur de 12 m avec des murs de 1,80 m d'épaisseur ce qui évite les contreforts. Elle est parallèle à l'église et s'en détache de plus d'un tiers, ce qui permet la création de fenêtres. Contrairement aux autres salles capitulaires normandes, elle n'a ni poteaux, ni abside. Elle a subi les ravages des protestants en 1562 et certaines parties sont en mauvais état à cause de la qualité de la pierre, un calcaire siliceux avec des fragments de silice qui surprennent le sculpteur.La porte du milieu, qui donne sur le cloître, est accostée de deux larges fenêtres, ce qui est peu courant car on trouve le plus souvent en Normandie des entrées de salles capitulaires avec deux ou trois portes accolées, séparées par des colonnes. Ces trois baies d'égale largeur, d'égale hauteur sous clef et de décoration semblable paraissent du style roman, mais l'ordonnance exceptionnelle des intrados tient davantage du gothique.Les chapiteaux de cette salle dont le galbe est élégant marque un net progrès par rapport à ceux de l'église. Les statues sont parmi les rares éléments à ne pas être normands ; Rouen, manquant alors de statuaires, il était fait appel à ceux de Paris ou de Chartres. Certains chapiteaux semblent avoir bénéficié de leur travail

Le bâtiment monastique

Il subsiste une partie du grand bâtiment construit par les mauristes à la fin du xviie siècle, en pierre de Sain-Leu, de bel appareil dans le style classique du temps de Louis XIV. Le rez-de-chaussée était réservé à l'office, aux cuisines et à la grande salle de réunion et de réception, et l'étage, aux dortoirs.La salle capitulaire préservée est enchâssée dans le bâtiment nouveau et les revêtements de l'extérieur ne laissent voir que les arcades gothiques, les mauristes ayant, par des biais très prononcés, ramenés les anciennes baies aux nouvelles par souci de symétrie et d'ordonnancement.On lit sur le pignon les traces des escaliers desservant les dortoirs et les autres lieux de vie.

Le cloître

Le cloître a entièrement disparu, mais ses vestiges sont classés monument historique en 1862.Un remarquable chapiteau du XIIe siècle représentant onze musiciens et une acrobate est conservé au musée des Antiquités de Rouen.

Les jardins

Classés monument historique en 1989, les jardins à la française du xviie siècle ont été redessinés récemment à partir des plans anciens.Ils se composent d'un potager, d'un verger et de parterres de plantes aromatiques et médicinales.Ils ont reçu le label « jardin remarquable ».

Visite

Ouvert tous les jours sauf les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 décembre.Du 1er novembre au 31 mars : de 14h00 à 17h00.Du 1er avril au 31 octobre : de 9h00 à 18h30Pour les groupes, ouvert tous les jours de l’année sans restriction d’horaires, sur réservation préalable.Entrée : Prix : 6,50 € (-16 ans 2 €) €

Contact

L'abbaye Saint Georges Site officiel de l'Abbaye Renseignements horaires, tarifs, animations...Route Abbaye, 76840 Saint-Martin-de-Boscherville 02 35 32 10 82
Proposée par : Claudine moulin - Wikipedia Architecture religieuse en Occident (http://architecture.relig.free.fr/boscherville.htm) Site de l'abbaye
Crédits : Claudine Moulin (Facebook)