Chapelle de la Jambe de Fer

Proposée par :
Lubine
Forêt domaniale de Colroy-Lubine - 88490
Les légendes et croyances s'invitent bien souvent au hasard de nos promenades. Elles sont, en France, à l'origine de nombreuses chapelles. À l'origine de la Chapelle de la Jambe de Fer on ne trouve pas moins de deux légendes différentes!

Nous sommes dans le duché de Lorraine avant son rattachement à la France en 1766.

À l'origine, une légende

Selon une première légende, un fermier, originaire de la Hingrie, conduisait ses bœufs vers Sainte-Croix-aux-Mines. Il s’endormit pendant que son troupeau continuait de paître dans la forêt. À son réveil il se rendit compte que son troupeau avait disparu. Aidé par quelques amis, il se mit en quête de retrouver ses bêtes. Il recherchera vainement pendant trois jours ses animaux dans la forêt. Épuisé de fatigue, il s’endormit à l’endroit même où ses bêtes avaient disparu. À son réveil il eut la surprise de constater qu’une partie de son bétail qui s’était volatilisé l’entourait de nouveau.

Chapelle de la Jambe de Fer - L'histoire

le miracle

Il qualifia ces retrouvailles de "miraculeuses" et en 1744 plaça, en signe de reconnaissance, une statue de la Vierge dans le creux d’un vieux sapin en attendant de construire sur le lieu-même une chapelle.

Sous la Révolution

Toute construction d'un édifice religieux étant interdite pendant la Révolution, le fermier ne put pas construire cette chapelle et dut se. contenter de cet oratoire.

Un autre version de la légende

Selon une autre version de la légende, des soldats blessés lors de la guerre de trente ans (une série de conflits armés qui a déchiré l'Europe de 1618 à 1648) auraient été transportés dans une cabane par des bûcherons. Dans cette cabane, ces pauvres malheureux soldats attendaient au mieux l'amputation et malheureusement bien souvent, la mort. Un miracle se serait alors produit et les soldats auraient été guéris de leurs blessures.

Chapelle de la Jambe de Fer - L'histoire

Un haut lieu de pèlerinage

Quelle que soit la légende, ce qui est sûr c'est que l'emplacement devint dès le XVIIIe siècle et encore plus au XIXe siècle, un lieu de pèlerinage très fréquenté.

La chapelle

C'est finalement en 1849 que fut édifiée une première chapelle. Au gré des péripéties de l'histoire, elle sera, semble-t-il, plusieurs fois détruite puis reconstruite.

Les lundis de Pentecôte

Les habitants du versant vosgien comme ceux de Rombach-le-Franc ou Sainte-Croix-aux-Mines instaurèrent dès le XVIIIe siècle un pèlerinage annuel tous les lundis de Pentecôte. Ce pèlerinage de plus en plus populaire, continua tout au long du XIXe siècle.

Pendant la seconde guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la date du lundi de Pentecôte fut remplacée par de grandes festivités le 15 août, jour de l'Assomption. On y chantait les vêpres suivie de la bénédiction du Saint Sacrement et la soirée se terminait par une procession aux flambeaux.

Après 1944

Après 1944 le pèlerinage fut de nouveau fixé les lundis de la Pentecôte. À l’époque, la population de Lubine amena sur place un harmonium assez imposant tiré par deux bœufs, pour rehausser et donner plus d’éclat à la cérémonie. On ne sait pas après avoir été quelque peu chahuté pendant le trajet cahoteux quel son produisait l'instrument arrivé à la chapelle.

Un lieu de pèlerinage pour demander la guérison des jambes

La chapelle de la jambe de fer était aussi le lieu de rendez-vous de nombreux pèlerins qui souffraient des jambes : mutilés de guerre, accidentés, etc. Les murs de la chapelle étaient remplis d’ex-voto en marbre gravés plus ou moins richement selon la fortune du pèlerin. Mais ce qui frappait le plus c’était un amoncellement de cannes et béquilles et surtout de « jambes en bois » amenés par les pèlerins pour remercier la Madone d’avoir obtenu la guérison.

De nombreux rites

Les pèlerinages avaient chacun leur rite. À chaque rite, correspondait un nombre de tours précis qu'il fallait faire autour de la chapelle.

Le rite des sept tours

Les habitants de deux versants (vosgiens et alsaciens) se faisaient un honneur de se rendre à pied à la chapelle depuis leur lieu d’habitation. Les pèlerins utilisaient à cette occasion des landaus d’enfants ou des charrettes pour handicapés. L’arrivée devait comporter sept fois le tour de la chapelle censés représenter les sept dons du Saint Esprit. À cette époque tout chrétien devait être capable de nommer sans hésiter les sept dons ou mieux encore de les chanter. Au cours de cette cérémonie, il était recommandé de réciter sept Pater et sept Ave ou de prier le chapelet ou encore le rosaire agenouillé ou assis devant les marches de la chapelle. Ceux qui n’étaient pas trop éloignés de la chapelle venaient y prier le matin et le soir.

Cinq tours pendant le Carême

Les anciens de Lubine se souviennent que pendant le Carême ou le temps de la Passion la coutume voulait que l’on accomplît cinq fois le tour de la chapelle en mémoire des cinq plaies du Christ.

Trois tours à la Sainte Trinité

De même qu’à la Sainte Trinité les pèlerins étaient appelés à faire trois fois le tour de la chapelle en récitant des prières.

Des fleurs et des offrandes

Au cours de toutes ces manifestations, les pèlerins apportaient des fleurs. Les escaliers et le sol de la chapelle étaient jonchés d’énormes bouquets de fleurs ou de fleurs champêtres cueillis en cours de route. Les pèlerins versaient aussi leur obole en jetant une petite pièce à travers les barreaux de la porte qui restait toujours fermée. Les sommes ainsi recueillies servaient à célébrer des messes à l’adresse de Notre Dame de la Jambe de fer du mois d’avril jusqu’à la Toussaint.

Une source bienfaisante

Selon la légende une source coulait au pied de la chapelle. Certains pèlerins buvaient cette eau, d’autres s’en aspergeaient les pieds et les jambes au moment de retourner chez eux.

De nos jours

Actuellement une messe est célébrée encore tous les deux ans, le lundi de la Pentecôte au moment du renouvellement des vœux du baptême des jeunes de la paroisse de la Sainte Trinité à Lubine. Les fidèles s’y retrouvent très nombreux pour accompagner les confirmés.

La construction

L'encadrement du porche porte l'inscription "chapelle bâtie en 1849 par M. Florence, curé, à l'aide des dons des fidèles". Le cadastre de 1838 mentionne déjà le "pèlerinage de la Jambe de Fer".

Chapelle de la Jambe de Fer - La Chapelle de la Jambe de fer

Le plan

L'édifice de plan rectangulaire est constitué de deux parties séparées par un mur avec porte à imposte barreaudée.

Chapelle de la Jambe de Fer - La Chapelle de la Jambe de fer

La partie antérieure

L'édifice de plan rectangulaire est constitué de deux parties séparées par un mur avec porte à imposte barreaudée. La partie antérieure, un porche à ouverture en plein cintre, présente dans son mur droit une niche en grès rose (de remploi) surmontée d'une croix portant l'inscription "1744 // M.B.".

Chapelle de la Jambe de Fer - La Chapelle de la Jambe de fer

L'autel

La partie postérieure accueille l'autel surmonté d'une niche murale abritant une statue de la Vierge à l'Enfant.

Chapelle de la Jambe de Fer - La Chapelle de la Jambe de fer

Visite


Contact

Paroisse La-Sainte-Trinité 3 Grande rue 88520 Bertrimoutier Téléphone : 03 29 51 76 17 courriel : schneiderfrancois.cure@sfr.fr
Mairie de Lubine 1 la Haute rue 88490 Lubine Téléphone : 03 29 51 25 69 Permanences : Lundi de 14h à 18h Mercredi et Vendredi de 14h30 à 17h30
Sources :
Crédits : WIKICOMMONS : Bernard Cheval, Large FLICKR : Internetarchive Lorrainetransversale1eglises