Collégiale Jean de Bueil

Bueil en Touraine
1 place Jean de Bueil - 37370
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Collégiale St Michel XIVe et église St Pierre XIe-XVe. Imposante tour clocher du XVIe, baptistère en bois sculpté de 1521, peintures murales. Luminaires en verre et vitraux contemporains. Ensemble religieux constitué d'une église paroissiale (origine 11ème siècle), d'une collégiale (14ème siècle) communicant avec l'église et d'une tour clocher (16ème siècle).Gisants de membres de la famille de Bueil exposés dans des en-feux, baptistère recouvert d'une dube en bois sculpté du 16ème siècle, peinture murale restaurée récemment.Créations contemporaines: luminaires et vitraux dans la première église.Classée Monument Historique en 1912.

Un église double

Cet ensemble comprend deux édifices.A l'ouest, l'Eglise Saint Oierre es Liens, l'ancienne église paroissiale consacrée en 1512 et remplaçant un édifice du XIe siècle.A l'est , la collégiale Saint Michel, construite au XIV e siècle pour servir de sépulutuez aux seigneurs de Bueil.
Collégiale Jean de Bueil - Une double église

l'église Saint-Pierre-ès-Liens

L’église paroissiale a été construite entre 1480 et 1512 : deux vaisseaux, l'un dans le prolongement de l'église collégiale, et un collatéral couvert de toits transversaux.
Collégiale Jean de Bueil - Une double église

la collégiale Saint-Michel

L’église est fondée en 1394 par Hardouin de Bueil, évêque d’Angers, et érigée en collégiale en 1476. Elle n’a qu’un vaisseau terminée en abside : une nef unique de quatre travées qui s'achève sur un chœur polygonal.
Collégiale Jean de Bueil - Une double église
En 2008, la restauration des deux églises a vu la création originale de quatre luminaires contemporains en verre, par les artistes Natacha Mondon et Eric Pierre.
source : Philippe Larus - autorisation en cours merci
Dominant le village de son imposante silhouette, la collégiale de Bueil est un édifice surprenant. Le visiteur qui y pénètre pour la première fois a l’impression de se trouver d’abord dans une sorte de vestibule voûté, avant d’entrer ensuite dans l’église proprement dite. Pour comprendre ce phénomène, il faut avoir présent à l’esprit que ce que l’on a l’habitude d’appeler «la» collégiale est en réalité un ensemble d’édifices juxtaposés dont la construction s’échelonne sur cinq siècles et que l’histoire du bâtiment est en grande partie liée à l’histoire de la grande famille de Bueil et à son expansion.
Collégiale Jean de Bueil - L'histoire

L’église romane

Il y a neuf cents ans, une petite église, déjà, se dressait sur ce rocher. Succédant probablement à plusieurs anciens édifices de bois, couverte de petites tuiles plates, elle était construite en pierre. Eclairée par de modestes fenêtres en plein cintre, toujours visibles sur le mur nord de l’édifice, elle occupait l’emplacement de la nef actuelle. Hugues de Vaux, premier seigneur de Bueil connu, «tenait dans sa main» cette église placée sous le vocable de Saint Pierre. Se conformant à la réforme grégorienne, il en fit don, en 1108, à l’abbaye Saint Julien de Tours (illustration). Au milieu du XIIIème siècle, les moines transformèrent l’église en un petit monastère dont le prieur était également curé de la paroisse.
Collégiale Jean de Bueil - L'histoire

Construction du chœur gothique

La construction du nouveau chœur commence dès 1394. Edifié dans le prolongement de la nef de l’église paroissiale, présentant une grande unité architecturale, il se compose de quatre travées voûtées d’ogives et se termine par une abside à cinq pans. Les nervures des voûtes retombent sur des chapiteaux sculptés portés par des colonnes engagées. Chaque retombée des voûtes est renforcée, à l’extérieur, par un contrefort.Un mur de séparation, dont la fonction s’apparente à celle d’un jubé, est construit entre l’ancienne nef et le nouveau chœur. Une grande porte de communication permet de passer d’une partie à l’autre de l’édifice. Au centre de la troisième travée, on installe le caveau funéraire, desservi par un escalier de pierre, destiné à recevoir les cercueils des défunts.Dans la cour nord de la collégiale, on construit les bâtiments de résidence des six chanoines. La cour s’ouvre sur le haut du bourg par une grande porte accostée d’échauguettes. Un escalier permettant de passer de la cour à la collégiale est aménagé. Il conduit à une petite porte, ouverte, sur la façade nord, dans la deuxième travée. Les religieux pourront ainsi entrer directement dans le chœur sans avoir à passer par la nef. Si l’édification du nouveau chœur ne semble pas avoir posé de problème sur le plan technique, il n’en fut pas de même sur le plan administratif. Le pape Clément VII (illustration) avait autorisé la fondation de la collégiale mais n’avait pas été suivi par l’archevêque de Tours froissé de ne pas avoir été consulté dans cette affaire. En 1474, Jean V dut renouveler la fondation en reprenant les conditions anciennes : six chanoines, un doyen, un marguillier (administrateur des biens de la paroisse) et une psalette de trois enfants de chœur. L’archevêque de Tours agréa cette seconde fondation, enleva la cure au prieuré et l’attacha au doyenné de la collégiale. Deux ans plus tard, Jean V obtint du pape Sixte IV une bulle pour l’érection en collégiale de l’église fondée par son père et ses oncles. Une dispense du Saint Siège en fit le premier doyen.
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Les Bueil

C’est par la volonté des membres de la «maison» de Bueil, les seigneurs du lieu, que la petite église va être transformée en ce vaste édifice. Prenons le temps de faire connaissance avec cette importante famille du nord de la Touraine.Le premier personnage connu portant le nom de Bueil est Barthélémy, seigneur de Bueil et baron de l’île Bouchard. Son nom est mentionné pour la première fois dans une charte de la collégiale de Saint Martin datant du mois de mai 1252.Si la famille de Bueil emprunta bien son nom à la terre de Bueil, elle posséda ultérieurement beaucoup d’autres fiefs loin de la Touraine, comme le comté de Sancerre en Berry, Marans et l’île de Ré en Aunis, Saint-Calais et Courcillon au Maine et de nombreuses châtellenies en Anjou. «Ainsi, dans toute la région qui s’étend sur la rive droite de la Loire, depuis le château d’Amboise jusque sous les murs d’Angers, sur une profondeur d’environ vingt lieues, il n’était guère de paroisses où l’on ne vit, au dessus de quelque porte de castel, glorieusement briller sur son fond d’azur le croissant d’argent des Bueil entouré de ses six croix recroisetées au pied fiché d’or.» Le métier des armes, chez les Bueil, était une tradition. «La vaillance était dans le sang et se transmettait avec lui.» Egalement de tradition familiale, l’absolue fidélité au prince ne se démentit jamais. Fidélité que la maison de Bueil paya, parfois, d’un lourd tribut comme en ce funeste jour de 1415, où, dans la plaine d’Azincourt, quinze membres de la famille trouvèrent la mort face à l’assaillant anglais.A partir du XIVème siècle, les seigneurs de Bueil se prénommeront tous Jean, en hommage à leur ancêtre Jean Ier qui, déjà, portait le titre d’écuyer du roi de France sous Charles le Bel. Les Bueil graviront petit à petit les échelons de la hiérarchie nobiliaire. Doublant leur ascension sociale de mariages d’importance, ils se trouveront pendant plusieurs siècles dans le premier cercle de l’intimité royale. Ce rapprochement avec la couronne connaîtra son apogée en 1461 lors du mariage d’Antoine de Bueil, fils de Jean V (le bien nommé «Fléau des Anglais»), avec Jeanne de France, fille du roi Charles VII et d’Agnès Sorel. Louis XI (illustration), en écrivant à Antoine, l’appelait familièrement «mon frère d’armes» ou «mon cousin».
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Fondation de la collégiale

Ils sont quatre en ce «jeudi absolu», le jeudi saint de l’année 1394, rassemblés au château de La Marchère, propriété de la famille, en la paroisse de Chemillé. Il y a là Jean IV, Pierre, Hardouin, évêque d’Angers (illustration : sa crosse) et Guillaume, tous quatre fils de Jean III. Devenue puissante, la famille de Bueil estime avoir besoin d’un lieu pour regrouper les sépultures de ses membres. A l’image de la maison royale, qui a établi sa nécropole à Saint Denis, les seigneurs de Bueil veulent, à Bueil, dormir de leur dernier sommeil. L’église romane de la paroisse, par la modestie de ses proportions, ne peut remplir dignement cette fonction. Il faut un lieu plus prestigieux mais se trouvant à Bueil, centre et origine de l’épopée familiale.L’acte de fondation de la future collégiale est rédigé ce jour là. C’est sans doute à la plume du secrétaire d’Hardouin que nous devons les mots qui sont parvenus jusqu’à nous. «Sachent tous que comme nous d’un commun assentiment avons ordonné fonder au dit lieu de Bueil un collège de chanoines réguliers de l’ordre de Saint Augustin qui seront tenus, eux et leurs successeurs, à prier Dieu pour les âmes de nos pères et mères et prédécesseurs défunts, de nous, nos successeurs et nos autres parents et amis aux temps à venir et toujours.» Les quatre frères de Bueil prennent également la décision de faire démolir le chœur de la petite église romane pour permettre la construction d’un nouveau chœur plus spacieux, digne d’abriter le caveau funéraire familial.
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La nécropole

C’est dans ce vaste chœur dédié à l’archange Saint Michel que les valeureux seigneurs de Bueil et leurs épouses vont désormais reposer à leur trépas. Deux messes sont dites chaque jour à leur intention, une à voix basse, l’autre à voix haute. Le corps du défunt est déposé dans un cercueil de plomb reposant lui même, sur des tréteaux, dans le caveau situé dans le chœur. Le défunt est représenté dans son dernier sommeil sous forme de statue, les yeux ouverts, les mains jointes sur la poitrine.Les parties visibles du corps, la tête, les mains, sont sculptées dans le marbre le plus blanc. Les hommes sont représentés en tenue de combat, l’épée au côté. La coiffure des femmes fait de la part du sculpteur l’objet de l’attention la plus délicate. Si certains ont les pieds appuyés sur de petits chiens, symboles de fidélité, tous portent sur leurs vêtements les armes de la famille. Ces statues, parées des plus vives couleurs, rehaussées d’or, ont à juste titre été qualifiées de «splendeurs». Les monuments sont disposés dans le chœur derrière une balustrade de bois dont le soubassement est encore visible. Seul Jean V choisit de ne pas se faire représenter sous forme sculptée. Comme c’était l’usage à l’époque chez les chefs de guerre, il demanda à un de ses maîtres canonniers de couler une grande dalle de cuivre à son effigie.
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Les pèlerins

Bueil, depuis toujours, se trouve sur «le chemin des étoiles». Les pèlerins descendant de Paris ne manquaient pas de faire étape en la cathédrale de Chartres. De là, pour gagner Tours, étape «obligée» qui abrite le tombeau de Saint Martin, ils passaient par Brou, Artins et Chemillé avant de découvrir Bueil où se trouvait une maison d’accueil pour les jacquets, une «Maison de Saint Jacques» qui existe toujours, chemin du Chenaillé, sous le nom de «Jacquoterie».Les pèlerins trouvaient repos et nourriture à la maison jacquaire. Ils trouvaient également de nombreux objets de contentement et de dévotion dans la vaste collégiale. Le chœur lui-même, dont la luminosité contrastait singulièrement avec la pénombre de l’ancienne nef, constituait par l’élégance de son architecture un objet de curiosité et d’admiration.Les magnifiques monuments funéraires qu’il abritait étaient observés dans la crainte et le respect des seigneurs du lieu. Tout un ensemble de trophées, fixé aux murailles de l’église, montrait aux visiteurs la valeur et la puissance des grands guerriers de la famille. Des étendards, des armes, des casques pris à l’ennemi étaient ainsi visibles de tous.
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Les reliques

Mais de tous les objets présentés à la dévotion des fidèles, les plus importants étaient les éléments de la grande collection de reliques que les seigneurs de Bueil avaient constituée au cours des siècles.Si la collégiale est dédiée à Saint Michel, le combattant suprême, elle est aussi dédiée aux Saint Innocents, ces nourrissons que le roi Hérode fit assassiner dans l’espoir de tuer l’Enfant-Dieu.Les seigneurs de Bueil, selon la légende familiale, auraient participé à la croisade ; c’est de là qu’ils tirent leur blason au croissant montant. Ils auraient ramené de leurs lointaines expéditions des reliques de première importance évoquant la Terre Sainte et tout particulièrement la Nativité comme un berceau d’osier attribué à l’un des Saint Innocents.Dom Housseau, visiteur du XVIIIème siècle, mentionne une «tribune élevée dans le chœur de la collégiale» sur laquelle des reliques sont exposées à la dévotion des fidèles. François de Bueil, arrière-petit-fils de Jean V, archevêque de Bourges, fut également, en la même ville, Trésorier de la Sainte Chapelle de 1509 à 1521. C’est sans doute à lui que l’on doit l’édification d’une tribune des reliques dans la collégiale de Bueil, l’église nécropole de ses ancêtres.Ainsi, à Bueil, les objets dignes d’intérêt et de prière étaient-ils nombreux. Martin Marteau, le carme de Villebourg, écrit en 1660 dans son «Paradis délicieux de la Touraine» que «ladite église possède de très précieuses reliques qui la rendent signalée par les pèlerinages des personnes qui y accourent de toutes parts». L’afflux des pèlerins est tel qu’il faudra refaire l’ancienne nef et l’agrandir au sud par la construction de deux chapelles au début du XVIème siècle. La porte principale de la collégiale date de cette époque. L’église Saint Pierre aux liens est consacrée le 1er août 1512 comme l’atteste encore une plaque en pierre gravée encastrée dans un mur. Neuf ans plus tard, elle sera dotée de magnifiques fonts baptismaux, dus au ciseau de Jehan Baron, dont la partie en bois, la dube des fonts, est décorée de douze personnages parmi lesquels se reconnaissent aisément Saint Pierre, Saint Michel et Saint Jacques le Majeur. La construction de «la» collégiale se termine par l’édification, entre 1540 et 1552, de la grand tour beffroi en remplacement du clocher de bois. Moins de vingt ans plus tard, le roi de France, pour la première et unique fois, honora la collégiale de sa présence. «Charles IX vint à Bueil le 27 septembre 1571 et fut conduit processionnellement à l’église par le doyen Mathieu d’Orléans. Sa prière faite, ils allèrent dîner ensemble dans l’ancien château des Bueil.»

La Révolution

Ainsi, selon la belle formulation de Louis Arnould, «les seigneurs de Bueil vinrent se coucher les uns après les autres dans le lieu de repos qu’ils s’étaient préparé dès le commencement, en gens prudents, qui assurent leur salut éternel avec le soin qu’ils ont pris pour leur fortune ici bas. Des exploits pendant leur vie, des prières après leur mort, belle et grand conception des preux du Moyen Age pour acquérir la gloire en ce monde et la félicité dans l’autre ! »Au décès du seigneur du lieu, la litre, recouvrant emblèmes et écussons, était repeinte en marque de deuil tout autour de l’église. Les évènements, dans leur immuable répétition, auraient pu se perpétuer ainsi encore longtemps si la Révolution Française, à Bueil comme partout en France, n’était venue y mettre un coup d’arrêt.Les archives et les « meubles» de la collégiale furent transférés à Tours le 30 novembre 1790. Le 10 mai 1792, l’église collégiale perdit définitivement son statut et fut attribuée à la paroisse de Bueil. C’est probablement à cette époque que les révolutionnaires ouvrirent le caveau. Les sépultures furent profanées, les métaux des cercueils fondus et vendus. Les statues funéraires furent décapitées, mises à bas des monuments et jetées dans la cave sépulcrale. Les trophées militaires, mais aussi les reliquaires et l’ensemble des objets du culte disparurent alors. Si quelques éléments, se trouvant dans des églises ou des musées, ont pu être identifiés, le trésor de la collégiale n’a jamais été retrouvé.

La renaissance XIXe siècle

Cependant, grâce à l’intervention de deux membres de la Société Archéologique de Touraine, trois des onze monuments funéraires ont pu être reconstitués. En novembre 1868, messieurs Pécard et Nobilleau, sur la foi du témoignage d’un octogénaire qui avait enfant assisté à la scène, ouvrirent la trappe du caveau. Les fragments de statues revirent la lumière et furent rassemblés.Des descriptions écrites et figurées antérieures à la Révolution permirent de reconstituer les effigies de Pierre de Bueil et de Marguerite de la Chaussée son épouse.En 1883, les statues furent replacées séparément dans les enfeux restés vides alors qu’elles reposaient à l’origine côte à côte sur la même dalle de marbre. D’autres erreurs ont été commises par les historiens de l’époque, comme l’installation, sous forme de gisant, de la statue verticale de Martine Turpin, seconde épouse de Jean V, qui se trouvait dans la chapelle du château du Plessis.Cette statue, grossièrement restaurée, a l’inconvenance d’avoir les yeux fermés et de montrer ses pieds nus. Elle est de plus entourée de fragments sculptés provenant d’autres tombeaux dont le magnifique dais attribué au monument de Louis de Bueil.D’autres fragments des tombeaux de la collégiale se trouvent toujours à Tours, à l’hôtel Gouïn, musée de la Société Archéologique de Touraine.Des quatre gisants présents dans la collégiale, celui de Jeanne de Montejean, première épouse de Jean V, morte le 18 mai 1456, est sans conteste le plus beau. On remarque le haut bonnet, sorte de hennin, le surcot bordé d’hermine comme la grâce du visage.Connue des historiens du costume, cette statue a fait l’objet d’une copie à la demande de Viollet-Leduc. Elle se trouve à Paris, au Palais de Chaillot, à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Une seconde copie, réalisée par le fondeur, a été vendue pour un original au Cooper Museum de New-York.
Collégiale Jean de Bueil - L'histoire

La renaissance XXe siècle

Ainsi se termine notre évocation du prestigieux passé de la collégiale de Bueil-en-Touraine. Le temps passe ici comme ailleurs. Les tempêtes d’automne assaillent la forêt des charpentes. L’eau ruisselle, détruit les peintures, ronge les contreforts. Les vitraux crevés laissent entrer le lierre, les oiseaux et la misère. La collégiale, fort heureusement, avait été classée monument historique par un arrêté du 31 octobre 1912. Dans les années 70, elle fut fermée pour cause de travaux. Un chaînage de béton dut être réalisé sous la toiture pour contrer l’écartement des voûtes. L’historien Pierre Robert en remettant Racan et la famille de Bueil au goût du jour amena les passionnés d’histoire à s’intéresser de nouveau à la vénérable collégiale.L’association des «Trois Vallées du Pays de Racan», marquant sa renaissance, en fit un haut lieu culturel avec le festival des Bucoliques. Puis l’association «Autour de la collégiale» reprit, à sa mesure, ce travail de promotion. Les efforts conjugués du monde associatif ont accompagné les élus dans leurs prises de décision.La collégiale, ayant fait l’objet d’une campagne de travaux probablement unique dans sa déjà longue histoire, se tourne désormais vers son futur. Lieu de culte, lieu d’histoire et de culture, elle peut désormais sereinement, à l’image de ses grandes sœurs cathédrales, envisager de «durer mille ans».
Texte et photos Daniel Jolivet Wiki Commons

coté Eglise Saint Pierre es liens

porte Renaissance, double escalier,

L'escalier

Collégiale Jean de Bueil - L'extérieur

le massif clocher-tour du XVIe siècle.

Collégiale Jean de Bueil - L'extérieur

La porte d'accès du clocher (milieu XVIe)

La porte d'accès du clocher (milieu XVIe) est surmontée d'une niche ornée d'une coquille encadrée de pilastres et de pinacles. (milieu XVIe)
Collégiale Jean de Bueil - L'extérieur

détail

La porte est surmontée d'une niche ornée d'une coquille encadrée de pilastres et de pinacles.
Collégiale Jean de Bueil - L'extérieur

L'église Saint Pierre es Liens

Ses deux nefs sont du XVe siècle.Elle sont toutes les deux couvertes de voûtes sur nervure._photo en attente - merci pour vos envois_

Les fonts baptismaux

Fonts baptismaux de 1521 (cuve de pierre sculptée par Jehan Baron, couvercle de bois sculpté), les rinceaux, volutes, macarons, appartiennent au style de la Renaissance. Aux premiers siècles après Jesus Christ, le baptême se pratiquait par immersion. Le catéchumène descendait dans un bassin, d’environ 1,50m de diamètre, creusé à même le sol: la piscine baptismale. Le terme "fonts baptismaux" est réservé à la cuve de plus petites dimensions posée sur un socle, destinée à contenir ou recevoir l'eau utilisée lors du baptême par infusion. Le rite du baptême par infusion ou aspersion se met en place à partir du XIIe siècle, mais il ne fut réellement pratiqué en France qu'au XVe siècle. Mais l'habitude de dévêtir totalement les jeunes enfants durera et en 1508, une table à "desmailloter et remailloter" est placée près des fonts de Bueil-en-Touraine. L'immersion est encore préconisée et remplacée par trois aspersion uniquement encas de danger pour l'enfant.Texte et photos : Daniel Jolivet Wiki Commons
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur
Plaque murale, près de la cuve des fonds baptismaux. Le texte en vieux français indique que l'église Saint-Pierre-es-Liens a été conscrée le 1er août 1512.
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur

Entre les deux édifices...

Entre les deux édifices un mur de séparation est percé d'une porte.Les peintures murales du XVIIe siècle situées sur le mur séparant la nef du choeur constituent un décor en trompe-l'oeil.Ornant les niches, les sculptures polychromes de Saint-Pierre, Saint-Sébastien, Saint-Roch et un Saint-Evêque. Elles sont vraisemblablement contemporaines des peintures.Elle est surmontée d'une statue de Saint Pierre.
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur
De chaque côté de la porte deux autels sont ornés de statues de la Vierge.Vierge à l'enfant du XIVe siècle en pierre polychrome à gauche Vierge du XVIIIe siecle à droite.photo en attente - merci pour vos envois

Du côté de la collégiale...

Une grande nef unique court sur quatre travées et s'achève sur une abside à trois pans.Elle est soutenue par des colonnettes engagées(dans le mur) surmontées de chapiteaux ornés.photo en attente - merci pour vos envois

Les gisants

Les statues funéraires des Bueil du XVe siècle, (voir chapitre 'Gisants')
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur

Les peintures murales

Dans l'ensemble des édifices subsistent de nombreuses traces de peinture murales, témoignages de la richesse passée de ces églises.
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur

Le style contemporain : les luminaires

La restauration des deux églises a vu la création originale de quatre luminaires contemporains en verre, par les artistes Natacha Mondon & Eric Pierre.photos: http://www.ladilettantelle.com/article-la-collegiale-de-bueil-en-touraine-119209944.html
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur

Le style contemporain : les vitraux

et de quatre nouveaux vitraux de Claire Babet (2005)photos: http://www.ladilettantelle.com/article-la-collegiale-de-bueil-en-touraine-119209944.html
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur
Collégiale Jean de Bueil - l'intérieur
sources : http://arviva.univ-tours.fr
La collégiale Saint-Pierre, Saint-Michel et Saints-Innocents de Bueil-en-Touraine réunit sous son vocable deux monuments : l’église Saint-Pierre fondée au XIIe siècle puis reconstruite à la fin du XVe siècle et la collégiale Saint-Michel-et-Saints-Innocents dont la construction est commandée à la fin du XIVe siècle par les quatre frères seigneurs de Bueil, pour accueillir les sépultures de leur dynastie.Les gisants de Pierre de Bueil († après 1414), un des commanditaires de l’édifice, et de Marguerite de la Chaussée († après 1443), épouse de ce dernier, y sont conservés.Actuellement disposés sous des enfeus percés dans les murs de la nef – au nord pour Pierre de Bueil et au sud pour Marguerite de la Chaussée – les gisants n’occupent pas leur emplacement d’origine. D’après le dessin de Louis Boudan publié dans un album de Roger de Gaignères vers 1695, ils formaient à l’origine un unique tombeau.
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants
Vandalisés par les révolutionnaires, les gisants jetés dans le caveau de la collégiale ont été retrouvés en 1868 lors de fouilles archéologiques.Contrairement à leur état actuel de conservation, une photographie, prise par Séraphin-Médéric Mieusement en 1881, montre les statues acéphales (décapitées). D’après Jean-Jacques Bourrassé, les têtes des gisants sont mutilées mais bien conservées dans la collégiale en 1842 avant d’être définitivement replacées après 1969._photo recherchée - merci_

Jeanne de Montejean

Gisant de Jeanne de Montejean(† vers 1450), la première femme de Jean V de Bueil (XVe siècle). Les détails du costume, le haut bonnet, le surcot (Le surcot, a été en usage pendant tout le XVe siècle) bordé d'hermine, qui moule le buste, la finesse de la sculpture, indiquent le règne de Charles VII (XVe siècle) . Les armoiries sculptées et peintes sur la robe ne laissent aucun doute sur l'identité du personnage; c'est bien celle de Jeanne de Montejean, décédée en 1456. Peu dégradée, la statue a conservé intacts sa gracieuse tête de marbre, sa curieuse coiffure et les deux chiens croisés sur lesquels s'appuient ses pieds. (Daniel Jolivet Wiki Commons - texte et photo - merci)
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants

Gisant de Marguerite de Chausse

Gisant du XVe siècle, de Marguerite de Chausse (de la Chaussé, de la Chausséee, née vers 1375, † après 1443), épouse de Pierre de Bueil, sous un enfeu. Pierre pour le corps et marbre pour la tête et les pieds. Gisant caché à la révolution et redécouvert en 1868. Marguerite de la Chaussée s'est mariée vers 1390, avec Pierre de Bueil, Chambellan du Roi Charles VI, seigneur de la Motte-Souzay, fils puiné de Jean IV seigneur de Bueil. Marguerite de la Chaussée survécut longtemps à son mari et fut inhumée à côté de lui dans l'église collégiale de Bueil.
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants

detail

Les petits chiens aux pieds de la statue sont un symbole de fidélité. On retrouve les mêmes petits chiens et le même drapé de la robe aux pieds du gisant de la comtesse de Flandre Marguerite de France, à Saint-Denis (1363).(de la Chaussé, de la Chausséee, née vers 1375, † après 1443), épouse de Pierre de Bueil, sous un enfeu. Pierre pour le corps et marbre pour la tête et les pieds. Gisant caché à la révolution et redécouvert en 1868. Marguerite de la Chaussée s'est mariée vers 1390, avec Pierre de Bueil, Chambellan du Roi Charles VI, seigneur de la Motte-Souzay, fils puiné de Jean IV seigneur de Bueil. Marguerite de la Chaussée survécut longtemps à son mari et fut inhumée à côté de lui dans l'église collégiale de Bueil. Les petits chiens aux pieds de la statue sont un symbole de fidélité. On retrouve les mêmes petits chiens et le même drapé de la robe aux pieds du gisant de la comtesse de Flandre Marguerite de France, à Saint-Denis (1363). (Daniel Jolivet Wiki Commons - texte et photo - merci)
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Gisant de Martine Turpin de Crissé

Gisant de Martine Turpin de Crissé (†1480). Martine, épouse en 1456 Jean de Bueil, comte de Sancerre, amiral de France, capitaine de Cherbourg, chevalier de Saint-Michel. Jean V de Bueil figure parmi les compagnons de Jeanne d'Arc et fut surnommé le Fléau des Anglais. Il est l'auteur d'un livre intitulé Le Jouvencel (1466), un roman à clef semi-autobiographique relatant ses propres expériences à la fin de la Guerre de Cent Ans. Jean V eut un fils avec Jeanne de Montjean, et deux enfants de son deuxième mariage avec Martine de Crissé. La statue n'appartient pas à la collégiale de Bueil. Elle y fut apportée, vers 1850, du Plessis-Barbe, après la destruction de la chapelle de ce château, propriété de la famille de Bueil du Xe siècle à la fin du XVe. C'est dans cette chapelle que Martine Turpin fut inhumée, vers 1480. Le corps de la statue, revêtu d'une robe simple d'un tissu à grain, retenue par une ceinture, est assurément ancien, peut être de la seconde moitié du XVe siècle. Tout le reste semble plus récent; la tête, les mains, les cheveux tombants, le voile, les pieds, nus contrairement à l'usage, ainsi que la plate-forme sur laquelle ils s'appuient, seraient l'oeuvre d'un restaurateur. La croyance populaire a fait de cette statue une sainte-Madeleine.
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants

détail

Le sarcophage, incomplet, a l'apparence d'être plus ancien que la statue; les ogives peu élancées, les personnages qu'elles abritent indiquent une oeuvre de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe. La partie gauche a été restaurée, mais la pierre étant trop tendre, le personnage, refait en 1850, s'est effrité. Les restaurateurs de 1850 on également rajouté des blasons pour ralonger le sarcophage, seulement, ils ont utilisé le blason de Jeanne de Montejean et ,non celui de Martine Turpin. Cette statue que la croyance populaire assimilait à sainte Madeleine présente la trace de pieux grattages sur le coude. La poudre ainsi obtenue est diluée dans de l'eau de boisson et censée soigner toutes sortes de maux physiques ou moraux. Le baldaquin qui abrite la tète de la prétendue sainte Madeleine, est représentatif du XVe siècle. Retrouvé, comme les écussons, parmi d'autres débris, il faisait, très vraisemblablement, partie du tombeau de Jeanne de Montejean. (Voir Bulletin et mémoire de la Société archéologique de Touraine - 1909) (Daniel Jolivet Wiki Commons - texte et photo - merci)
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants

Gisant de Pierre de Bueil

Gisant du XVe siècle, de Pierre de Bueil, seigneur du Bois, de Neuvy, et de la Motte Sonzay, bailli de Touraine, sous un enfeu. Il formait à l'origine un ensemble avec le gisant de sa femme Marguerite de Chausse. Pierre de Bueil, seigneur du Bois et de la Motte Sonzay, bailli de Touraine, était le fils puiné de Jean II de Bueil. Il mourut en 1414 et fut inhumé dans le choeur de la collégiale. L'homme est vêtu d'une cotte d'armes : une tunique en tissu orné des armoiries de la famille de Bueil. Le chien aux pieds du gisant est un symbole de fidelité. Le corps du gisant est en pierre, la tête est en marbre. Des éléments ont été refaits en plâtre : les mains, une partie du pied droit et le pied gauche et l'épée., seigneur du Bois, de Neuvy, et de la Motte Sonzay, bailli de Touraine, sous un enfeu. Il formait à l'origine un ensemble avec le gisant de sa femme Marguerite de Chausse. Pierre de Bueil, seigneur du Bois et de la Motte Sonzay, bailli de Touraine, était le fils puiné de Jean II de Bueil. Il mourut en 1414 et fut inhumé dans le choeur de la collégiale. L'homme est vêtu d'une cotte d'armes : une tunique en tissu orné des armoiries de la famille de Bueil. Le chien aux pieds du gisant est un symbole de fidelité.
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants
Le corps du gisant est en pierre, la tête est en marbre. Des éléments ont été refaits en plâtre : les mains, une partie du pied droit et le pied gauche et l'épée.(Daniel Jolivet Wiki Commons - texte et photo - merci)
Collégiale Jean de Bueil - Les gisants

Visite

Ouvert au public toute l'année de 10h à 18h. Visites guidées le dimanche en juillet-août entre 15h30 et 18h30. Visites guidées pour groupes toute l'année sur réservation (02 47 24 46 38 , 06 73 07 99 98); 2 € par pers.

Contact

Collégiale Saint Michel et Eglise Saint Pierre Place Jean de Bueil 37370 Bueil-en-Touraine02 47 24 44 06 06 73 07 99 98
Paroisse de Bueil - notre Dame de la Clarté bleue Maison paroissiale 6, rue de Rome 37370 - NEUVY LE ROIparoissendcd37@gmail.comtel : 02 47 24 81 93
Source d'Informations : - http://www.bueilentouraine.com vallee-du-loir.com arriva.univ-tours.fr
Crédits : Wiki Commons : Denis Jolivet,Peyot www.buei-en-touraine.com http://www.ladilettantelle.com Facebook : Ge Jalaudin