Eglise N.Dame et St Pierre – Moustier-Ventadour

Proposée par : Luc de Goustine
MOUSTIER-VENTADOUR
1 rue de la Bissière - 19300
Monument Historique
Près du château de Ventadour fut construit, au début du XIIe siècle, un prieuré soumis à l’abbaye de Cluny.De l’édifice roman ne subsistent que quelques vestiges, car l’église fut rebâtie en 1494 dans unde style roman limousinElle garde les empreintes de la vie monastique, les souvenirs de la famille seigneuriale et abrite de naïves statues de la fin du moyen âge.11e, 12e siècle et 15e siècleClassée Monuments Historiques en 1972
Merci à Luc de Goustine pour le prêt.

L'an mil

Cette église paroissiale est l’ancienne chapelle conventuelle d’un prieuré bénédictin fondée sous l'obédience de Cluny par le vicomte Èble II de Ventadour au début du XIIe siècle. Son père Èble 1er s’étant fait moine à Saint-Martin de Tulle en 1096, le monastère fut créé entre cette date et l’an 1116 où le prieur Philippe du nouveau moustier St-Pierre entre en conflit avec l'abbé d'Uzerche au sujet de la forêt de Manzanes.

XIIIe siècle

Entre 1285 et 1290 le prieuré et l'église reçoivent les visites de l’archevêque de Bourges, Simon de Beaulieu.

Le règlement de 1330 prescrit que « les moines devaient être six, chanter la messe tous les jours et faire tous les jours l’aumône ». On connaît les noms d’une vingtaine de prieurs, dont certains commendataires fort célèbres, et d’une dizaine de vicaires à la cure du Moustier nommés par les prieurs jusqu’en 1790.

(in « 1980-1981, Année Saint-Benoît, la présence bénédictine en Bas-Limousin, IXe-XIVe siècles », Lemouzi, n°78 ter, juin 1981, p. 41-44) recense

XIVe siècle

Les rapports des visiteurs généraux selon le Cartulaire de Cluny résument ainsi les faits saillants : (in « 1980-1981, Année Saint-Benoît, la présence bénédictine en Bas-Limousin, IXe-XIVe siècles », Lemouzi, n°78 ter, juin 1981, p. 41-44)

  • L’église prieurale est en même temps église paroissiale. Moines et curés y cohabitent. Ce fait existait à Meymac et ne posa de problèmes que tardivement. Selon une coutume, curé et chapelains célébraient l’office divin ensemble, mais cet usage était enfreint par le clergé paroissial dès le XIVe siècle.

  • Les moines semblent avoir montré une certaine réticence à se faire ordonner prêtres.

  • Le prieuré était déjà le « bénéfice » d’un cardinal, bien avant le concordat de Bologne (1515), à la faveur de la papauté d’Avignon.

L’église et les bâtiments du prieuré menaçaient ruine au XIVe siècle (et fut largement reconstruite ou remaniée en 1494).

les guerres de religion

Puis le vent mauvais de la Guerre de Cent Ans, la politique des papes d’Avignon, et l’irrésistible ascension des Lévis-Ventadour – réduisirent la part de la vie monastique et firent du titre de prieur un simple bénéfice, encore envié.

La Renaissance catholique

A la fin du XVIe siècle et des Guerres de Religion, avec l’innovation d’un séminaire rural et le rayonnement d’Henri de Ventadour, apôtre de la Renaissance catholique, le Moustier jeta un dernier feu de dévotion.

XVIIIe - XIX e siècle

Au XVIIIe siècle, la paroisse et ses prêtres reflètent fidèlement la vie des gens. L’église eut à souffrir des violences révolutionnaires, mais la population qui avait protégé ses prêtres lui assura une belle renaissance au XIXe siècle en faisant rebâtir son clocher écroulé, agrandissant sa nef, et en lui préservant un patrimoine d’art sacré émouvant.

Eglise appartenant à une famille de sanctuaires typiques du plateau de Millevaches : abside à pans coupés, clocher-mur sur porche, petit clocheton sur le toit.

. L'édifice actuel résulte de la reconstruction d'une église du 12e dont subsistent, à l'extérieur, la corniche du chevet et, à l'intérieur, les colonnes de l'arc triomphal avec leurs chapiteaux, ainsi que deux baies sur la façade sud. La façade occidentale a été restaurée en 1786.

L'édifice actuel résulte de la reconstruction d'une église du 12e dont subsistent, à l'extérieur, la corniche du chevet et, à l'intérieur, les colonnes de l'arc triomphal avec leurs chapiteaux, ainsi que deux baies sur la façade sud. La façade occidentale a été restaurée en 1786.

Photos en attente.Merci de vos envois via Wetransfer à lbr@BellesEglises.com

De l’ancien édifice monastique subsistent :

·à l’extérieur au sud, un arrachement d’arc de porche correspondant peut-être à une entrée du petit cloître,

·la dénomination de la parcelle directement en contrebas dite « pré sous la salle (capitulaire) »

·

dans le mur sud, la présence à l’étage d’une ouverture (récemment rouverte) permettant aux moines de descendre du dortoir pour les offices

les deux chapiteaux de l’arc triomphal actuel - hélas bûchés - représentent, selon Jean-Marie Berland :

  • au nord, « deux lions en faction devant le HOM, Arbre de vie (cf. chevet cathédrale Angoulême et un chapiteau du porche de St-Benoît) »,
  • au sud, « Daniel au milieu des lions ». Thèmes développés au XIIe siècle dans diverses variations, notamment à Rosiers d’Égletons, Meymac et Liginiac (où l’Arbre de Vie également au nord fait clairement référence à Gilgamesh),

deux chapiteaux engagés subsistent à l’entrée de la chapelle Saint-Jean au nord, à motif floraux ou à vouivre, celui de l’est étant grossièrement brisé pour le passage de la chaire,

deux autres chapiteaux sculptés, XIe-XIIe s., ont été déposés et recreusés en bénitiers, à droite de l’entrée principale et à gauche de la porte sud,

des traces de peintures murales avec personnages, d’époque gothique, transparaissent sur la paroi est de la chapelle Saint-Jean. D’autres traces, rougeâtres, cernaient en frise l’arc triomphal avant les travaux de badigeon.

Des pierres tombales intérieures, ne subsiste dans le pavage de l’église qu’une lame significative, au tiers de la nef, côté sud : son motif en « pelle à vanner » signalerait peut-être la tombe d’un Ventadour Une autre lame, marquée d’une croix, dans la chapelle Saint-Jean.

Le cimetière adjacent, au nord, hélas déménagé hors du bourg au lendemain de la guerre de 45, n’a emporté au nouveau cimetière que peu de vestiges anciens : quelques tronçons de colonnes, dont une ronde et une quadrifoliée au chevet de la « tombe du curé » porte une croix de chevalerie lancéolée (XIV-XVe) ; une autre a été récemment remployée dans le mur des toilettes communales ; le reste des pierres tombales aurait servi aux fondations de la « salle polyvalente »…

Visite

Tous les jours de semaine sauf samedi, l'église est ouverte par la mairie en face, où l'on peut acquérir le livret-guide historique et artistique de l'église.

Contact

Paroisse Groupement paroissial d'Egletons. Messe pour la St-Pierre et autres occasions liées à la papauté.Egletons Presbytère 1930005 55 21 30 71
Association Saint Pierre du Moustier Association Saint-Pierre du Moustier – 06 85 66 51 00 – luc.de-goustine@ventadour.net
Sources : Monumentum Wikipedia Luc de Goustine
Crédits : http://eglises.de.correze.online.fr/