Eglise Notre-Dame de Cluny

Proposée par : Martine Petrini-Poli et Pastorale du Tourisme 71
Cluny
Place Notre-Dame - 71250
Monument Historique
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On ne peut dissocier le nom de la ville, Cluny, de son abbatiale bénédictine qui fut une capitale de la chrétienté au Moyen Âge : l’abbaye, cœur battant de la ville, justifie une première halte et une visite à part entière. La ville médiévale de Cluny comprenait un quartier central, la paroisse Notre-Dame. Au nord-ouest, se situe la paroisse de Saint Mayeul, antérieure à l’abbaye et au sud-est, à partir du XIIe siècle, le quartier Saint-Marcel, avec l’église Saint Odon, devenue Saint-Marcel en 1159.
La paroisse de Cluny-Saint Benoit est heureuse de vous accueillir. Une église a toujours quelque chose à dire, ne serait-ce que bienvenue dans un lieu qui a des racines, une histoire et une vie aujourd’hui.Père René Aucourt, curé de la Paroisse de Cluny Saint Benoît, vicaire épiscopal

Le Curé vous accueille

Eglise Notre-Dame de Cluny - Vous êtes les bienvenus

L'étude de S. Content, P. Dixon, M. Jones et G.I. Meirion-Jones (1988) envisage la manière dont la ville de Cluny a pu se développer. Compte tenu de la standardisation des parcelles anciennes, la colonisation a été vraisemblablement planifiée par les moines. L'analyse des largeurs des parcelles et de leurs régularités a permis à l'équipe anglaise de déterminer statistiquement quatre séquences dans la mise en place de Cluny. A proximité du village ancien, attesté par les textes dès 994, un bourg neuf est créé le long des rues du Merle, Mercière et Lamartine. L'église Notre-Dame en est le centre. Une troisième étape correspond à la jonction entre les deux agglomérations. La rue de l'Abbaye (actuellement rue de la République) est alors construite. Une phase ultérieure voit la naissance du faubourg Saint-Marcel. (Fouilles archéologiques Rollier)

Plan de Cluny en 1100 avec l'emplacement de l'église romane du XIe siècle

La date de la construction de l’église Sainte-Marie (son 1er vocable) de Cluny est incertaine car il existait à Cluny plusieurs églises dédiées à la Vierge, qui sont souvent confondues. A l’abbaye, l’église Notre-Dame du cloître aurait être fondée par l'abbé Hugues de Semur. L’église Notre-Dame à La Charmée aurait été consacrée en 1064. La 1ère mention de l’église Sainte-Marie (Notre-Dame) du bourg date du 9 décembre 1075, quand Grégoire VII confirme les privilèges de Cluny et étend l’exemption aux trois chapelles (capellae) établies autour du monastère : Saint-Maïeul, Sainte-Marie et Saint-Odilon. L’église romane Sainte-Marie est donc déjà debout à cette date. Elle est citée comme chapelle paroissiale, ecclesia parochialis en 1120 dans le privilège de Calixte II. Ses prêtres peuvent établir des chartes nuptiales et recevoir ou exclure de l’église les pénitents. C’est apparemment dans cette église que Pierre d’Albano prononce, en 1180, un sermon et définit la première immunité territoriale de Cluny, protection accordée par le pape.

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L'église gothique du XIIIe siècle

Après cette date de 1180, l’église disparaît de la documentation jusqu’au milieu du XIIIe siècle, période de la construction de l’église gothique actuelle. Toutes les archives ont disparu. Seul un testament est conservé grâce à sa copie partielle dans le registre de l’archidiaconé de Cluny : BnF, lat. 9880, fo 7v-12r. Si le vocable Notre-Dame était anachronique au XIe siècle, on l’utilise pour le XVe siècle, même si les textes latins continuent de citer l’église beatae Mariae de panellis et non Nostrae Dominae de panellis (terme qui apparaît dans le Pouillé du diocèse de Mâcon de 1513 : M, Praevia, p. cclxvii). En effet, il est à peu près certain que les Clunisois qualifiaient leur église, en français, Notre-Dame et non plus Sainte-Marie, comme l’atteste la cherche de feux de 1478, rédigée en français, où il est question de la paroisse Notre-Dame : AD21, B 11592, fo 58. On connaît pour les XIVe- XVe -XVIe siècles les noms de plusieurs de ses curés et prêtres sociétaires : Jean "de Matiscone" (de Mâcon) en 1345 / Guy de Chassey lui succède en 1347 / Antoine Ponet en 1480 / Vital Pelletier à partir de 1505 (cité en 1516) / Claude Rousset en 1532 / François Franchet à partir de 1554 / À partir de 1581 la liste est exhaustive. C’est la paroisse et le quartier des notaires et des marchands.

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Plan d l'église Notre-Dame et de son quartier à la fin du Moyen-Age

Des trois églises paroissiales, Notre-Dame est la seule qui s’ouvre sur un parvis, l’actuelle place Notre-Dame. De forme presque carrée, elle forme une enclave inattendue à quelques mètres de l’artère principale du bourg, la rue Mercière. On y accède par deux petites rues. L’une vient de la rue Mercière et se dirige vers le sud en gravissant la colline Saint-Odile : c’est la rue de la Barre. L’autre longe le bas-côté sud de l’église et permet de rejoindre la rue principale : c’est la rue Notre-Dame. De faible dimension - elle ne fait guère plus de vingt-cinq mètres de côté -, la place Notre-Dame est néanmoins la « grand-place » de Cluny. C’est là, en février 1451, que les échevins ont acheté une maison pour servir d’hôtel de ville, en face de la « place commune » (platea communis), comme le précise avec attention le notaire Archambaud Béraud qui rédige l’acte de vente. D. Méhu

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L’étalon de la tuile mâconnaise intégré au mur de l’église, d’où le nom au XVe siècle de Notre-Dame

L’église gothique Notre-Dame a servi au XVe siècle de dépôt des poids et mesures. Présente au cœur des activités urbaines, elle jouissait du privilège de conserver les « panneaux », ou étalons de mesure légale des grains, des farines, des catégories de pains, ainsi que ceux des carreaux et des tuiles. On trouve gravé sur la façade sud de l’église, l’étalon de la tuile mâconnaise, trace matérielle de l'activité artisanale du bourg et de la règlementation des métiers dans cette fin du Moyen Âge. Jusqu’au XVIIe siècle, l’inventaire des archives de l’échevinage, dressé en 1627 par Jacques Tupinier, notaire royal et échevin de Cluny, soit 2.600 pièces contenues dans le coffre de la ville, était conservé dans l’église paroissiale Notre-Dame de Cluny. Ce coffre est ensuite confié aux juges-mages de Cluny.

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L’ancienne fontaine gothique Notre-Dame

Sur le parvis de l’église existait jusqu’en 1772 une fontaine gothique octogonale surmontée d’une croix où la population venait puiser de l'eau. L'eau est amenée sur plus de 1000 m depuis les prairies situées à l'ouest de la ville. Les moines de l’abbaye s’étaient occupé du réseau hydraulique du bourg, avec ses trois rivières, qui favorisèrent l’essor des corps de métier liés à l’eau (teinturiers dans le quartier Notre-Dame).

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La Fontaine Notre-Dame du XVIIIe siècle

A son emplacement, fut érigée, en 1772, la fontaine Notre-Dame, constituée d’un bassin circulaire à jet d’eau et ornée d'un obélisque, de style Louis XVI.

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La Place Notre-Dame en 1774

Plan de la place Notre-Dame selon le décret d’alignement de Louis XVI de 1774, avec report de préconisation du plan d’alignement de 1783.

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Emplacement au sol du porche occidental

En 1785, le porche de l’église, formant narthex, est démoli. On peut encore apercevoir sa trace au sol. Le portail est réaménagé en 1786. La façade est mutilée pendant la Révolution. Notre-Dame est la seule église de Cluny à garder sa fonction d'église paroissiale. Le cimetière sur le flanc sud de l’église, attesté par les terriers du XVIIIe siècle, est désaffecté.

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Travaux au XXIe siècle sur l’église Notre-Dame, classée aux MH en 1862.

Monument classé aux MH: Eglise Notre-Dame, Cl. M.H. (liste de 1862). Site inscrit aux MH: Place Notre-Dame: avec les façades et toitures des immeubles qui la bordent et la fontaine située devant l'église (2 mars 1945). Liste des fouilles de l’église Notre-Dame: mise à jour du sol primitif (XIe siècle); dégagement cuve baptismale. Surveillance en 1990 par N. Roiné. La mise en valeur des deux églises Notre-Dame et Saint-Marcel et des deux palais abbatiaux est l’axe de notre réflexion, a déclaré le maire, Henri Boniau (2014-2020), en 2015, lors de la rénovation de la Grande porte de l’église Notre-Dame par l’Association Les Amis de Cluny. Le toit de tuiles romaines de Notre-Dame a été rénové en septembre 2019. La Ville a décidé de le sécuriser et la SARL Renon, qui a mené le chantier, a travaillé pendant 15 jours au remplacement des supports en bois, au démoussage et au nettoyage des tuiles.

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La façade et le portail occidental

Le chantier de l’église s’échelonne de 1159 jusqu’au XIVe siècle. De cette époque, l’on distingue les restes du portail occidental, martelé au XVIIIe siècle, fleuri de roses symboliques. La façade de l’église a perdu en 1785, juste avant la Révolution le porche abritant le somptueux portail. De toutes les sculptures – statues, trumeau, linteau, tympan - il ne reste que les représentations bibliques de Moïse et d’Aaron, portant jadis le linteau, parmi les églantines. Aux voussures, quatre statuettes décapitées, les deux inférieures composaient une Annonciation et une Visitation.

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Représentation de Moïse

Selon le livre biblique de l’Exode, Moïse est un hébreu, recueilli par la fille de Pharaon et élevé en Égypte. Dieu le choisit pour être le libérateur de son peuple hébreu esclave de Pharaon. Après avoir traversé la mer rouge, il conduit le peuple vers la terre promise. Dans le désert, il reçoit de Dieu les dix commandements. Les cornes, dans l’iconographie du Proche-Orient ancien, sont une manière d’exprimer la force d’un dieu ou d’un roi. Ainsi les cornes de Moïse expriment-elles une proximité inégalée entre Yahvé et Moïse.

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Représentation d'Aaron

Aaron, de la tribu de Lévi, serait le frère aîné de Moïse, ou du moins au service du prophète, grand chef de la caste sacerdotale, père de tous les prêtres.

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Le portail Nord

Au portail Nord, on est frappé par le contraste entre les masques feuillus qui se font face, à l’encadrement de porte, et de délicats portraits féminins, en bas des voussures.

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Le portail nord à gauche : délicat portrait féminin en bas de la voussure

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Le portail nord à droite

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Le portail sud

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Le clocher

Le clocher est carré, mais l’étage de soubassement forme le clocher-lanterne actuel, remontage de matériaux récupérés du XVIIIe siècle.

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Coupe transversale du clocher-lanterne

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Façade latérale Sud

La façade latérale sud avec ses arcs-boutants caractéristiques de l’architecture gothique, qui soutiennent le mur extérieur.

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Coupe de la façade latérale Sud

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La façade latérale Nord

La façade latérale nord avec le Monument aux morts de la guerre 39-45 du sculpteur Gaumont et de l’architecte Sallez.

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Le chevet

Le chevet enserré dans les maisons du quartier Notre-Dame. Au chevet de l’église paroissiale, entre la rue Mercière et la rue Notre-Dame, se trouvaient les halles de Cluny, communément appelées les "panaux". Les jours de marché, toutes les ventes de céréales devaient se dérouler dans ce lieu, sous le contrôle étroit du receveur de la chambre abbatiale chargé de prélever le droit de couponage, soit le vingt-quatrième de chaque mesure vendue. L’avoine, le blé et le seigle étaient les marchandises les plus vendues. D. Méhu

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Les rosaces

Les rosaces du transept sont cerclées de voussures à feuillage. Celle du transept sud est citée par Viollet-le-Duc comme un bon exemple de rose archaïque, ayant donné le modèle le plus connu des « dentelles de Cluny ». Les rosaces sont décorées de colonnettes disposées comme les rayons d’une roue supportant de petites arcades cintrées en dedans et autour de la circonférence.

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Deux visages de sculptures gothiques extérieures usées par le temps

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La nef

L'église Notre-Dame fut reconstruite en style gothique. La chronologie n'est guère fixée, les spécialistes hésitant entre 1ère moitié et 2e moitié du XIIIe siècle. Elle n'en conserve pas moins un équilibre encore roman. C'est sans doute la toute première église paroissiale de Cluny, dans son état roman antérieur. L’impression d’ensemble est plutôt saisissante lorsque l’on se trouve au fond de la nef: la verticalité évoque, avec beaucoup d’élégance et d’équilibre, les élans des volumes gothiques. L’église est bâtie sur un plan très simple: une nef, longue et étroite, à sept travées, composée de trois vaisseaux voûtés sur croisée d’ogives. Les bas-côtés plus sombres font ressortir la nef baignée de lumière concrétisant la symbolique de la lumière sacrée, de la transcendance du divin de l’architecture gothique, chère à l’abbé Suger. Le transept non saillant est doté d'une croisée que surmonte une tour-lanterne. Le choeur à pans coupés est percé de hautes verrières gothiques. Les grandes arcades de la nef sont surmontées d'une galerie courant devant les baies à l'étage supérieur.

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Plan de l'église

Le plan de cette église de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle reste roman, par la présence des colonnes engagées des bas-côtés et par les piles cruciformes de la croisée du transept. Cependant l’élévation est donnée par les voûtes qui portent sur quatorze piliers renforcés de quatre colonnes cantonnées et composées de tambours en pierre.

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Le bas-côté sud

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Les statues, les tableaux ...

A droite, en entrant, statue de la Bienheureuse Anne-Marie Javouhey (1779-1851), fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, nouvelle communauté destinée à l’éducation des enfants pauvres et première congrégation de femmes missionnaires. A.M. Javouhey est représentée à la proue d’un bateau, car elle envoya des religieuses à l'île Bourbon (actuelle Île de La Réunion) en 1817, au Sénégal en 1821, à la Martinique et en Guinée en 1822, à la Guadeloupe en 1823. Elle part en Guyane et arrive à Mana en août 1828 avec trente-six sœurs, des couples d’agriculteurs et des artisans, soit un effectif de 98 personnes. Elle est considérée comme l’apôtre des noirs et la libératrice des esclaves, même si elle était partisane d’une libération progressive plutôt que d’une abolition de l’esclavage.

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L’autel sud et le polyptique de Michel Bouillot

Sur l’autel sud (XVIIe siècle) de sainte Cécile, polyptique des Abbés de Cluny, réalisé par Michel Bouillot, artiste clunisien, en 1983, pour l’année Saint Benoit. Le jaune éclatant qui tapisse les compartiments du polyptyque fait ressortir les silhouettes austères des abbés qui ont porté l’histoire de l’abbaye de Cluny. En fait seuls les registres horizontaux sont en saillie. Le trompe-l’œil fait le reste, donnant l’illusion d’une menuiserie peinte, comme on pouvait la voir dans les retables et triptyques du Moyen Âge. Les vives couleurs rappellent celles des enluminures. Ainsi, malgré la modernité du dessin, l’ensemble s’intègre parfaitement dans l’architecture gothique du lieu. Ce tableau résulte d’un important travail de recherche mené par M. Bouillot sur l’histoire des abbés de Cluny. C’est ainsi qu’il peut caractériser chacun par une vertu calligraphiée et un attribut imagé qui résument son apport à la vie de l’abbaye. Dans cette église vouée à Notre-Dame, Saint Hugues fait acte d’allégeance à la Vierge Marie qui occupe le panneau inférieur central au-dessus de l’autel : il se tourne vers elle, portant la maquette de l’abbaye terminée, à côté de celle de l’église paroissiale. Marie présente son Fils au monde. Nouvelle Ève, elle écrase le serpent à ses pieds. Marie-Aude Poisson, Inventaire raisonné des œuvres religieuses de Michel Bouillot. L’autel nord, du XVIIe siècle, provient de Péronne et supporte la statue de Notre-Dame de Fatima.

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Les fonds baptismaux

A gauche, en entrant, les fonds baptismaux du XIIIe siècle, classés MH en 1897, sont composés d’un pilier cylindrique cantonné de quatre fûts de colonne, dont les chapiteaux sont formés de têtes humaines. Le tableau du Baptême du Christ par Jean-Baptiste se trouve sur le mur nord de la nef.

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Le bas-côté Nord

Le bas-côté nord avec vue sur l’élévation de la nef. Cette vue permet de comprendre ce qu’est l’architecture gothique, qui ne se caractérise pas tant par l’arc brisé, déjà existant dans l’art roman, toutefois plus ouvert, mais surtout par la voûte sur croisée d’ogives, composée de deux arcs qui se croisent (ogives), reportant le poids sur ces quatre supports.

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Plaque commémorative

La paroisse décide d’honorer 37 soldats nés à Cluny et 35 hommes y ayant résidé. « Gravez les noms de vos morts sur les parois de nos temples ; ils y feront resplendir (…) de nécessaires leçons, celles de l’abnégation et du sacrifice. » Lettre pastorale du cardinal Sevin, archevêque de Lyon,1915

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Le bas-côté nord et les vitraux néo-gothiques de l’absidiole nord

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Le plafond voûté en ogives et sa peinture murale

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Ancienne chapelle Saint-Odilon dans l’église Notre-Dame, chapelle de l’Archiconfrérie de prière pour

Au lendemain de la fête de tous les saints (Toussaint), saint Odilon, 5e abbé de Cluny de 994 à 1048, a institué la fête des morts et la prière d’intercession pour les défunts. C’est en 1898, à l’occasion du neuvième centenaire de l'institution du jour des défunts (998), qu’a été fondée par le pape Léon XIII, en l’église Notre-Dame de Cluny, l’Archiconfrérie de prière pour les âmes du purgatoire, en présence du cardinal Perraud, évêque d’Autun, abbé de Cluny. L’Eglise prie pour ses frères disparus en union au mystère pascal.

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Transept nord

Dans le transept nord, les boiseries et stalles de noyer (1644) proviennent de l’église des Célestins de Lyon

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La croisée du transept

La croisée du transept est surmontée d’une tour-lanterne qui rompt l’uniformité. Avec beaucoup de raffinement, les quatre colonnes qui renforcent les piles maîtresses sont arrêtées sur des consoles sculptées. Sur cette photo d’Archives, on aperçoit la chaire (1644) qui a été démontée.

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Le choeur

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Statue ancienne de la Vierge, en bois, dans le chœur : vêtue d’un beau drapé, debout sur le globe terrestre, elle foule aux pieds le serpent tentateur, symbole du Mal. La statue dominait auparavant le maître-autel.

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Le chœur et l’autel en forme de tombeau, évoquant le sacrifice eucharistique.

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Le Christ en croix

Sur la pile nord de l’arcade de croisée, regardant la nef, Christ en croix, en bois polychrome, du XVIIe siècle, d’une belle facture laissant transparaître majesté et sérénité.

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Les boiseries et la rosace du transept sud

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La rosace du transept sud

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La rosace du transept nord

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Les vitraux du XXe siècle

Les vitraux du XVIIIe siècle ont disparu lors du bombardement du 11 août 1944. Les trois vitraux axiaux modernes ont été réalisés par le maître-verrier Pierre Choutet (1920-2001), ancien élève des Arts Décoratifs, ainsi que ceux de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône en 1954. Il est l’auteur des vitraux des trois chapelles gothiques de l’abbatiale Saint Philibert à Tournus en 1956, de la Madeleine à Tournus, de l’église de Varennes-le-Grand, Lux, Saint-Rémy, et aussi en région parisienne et à la basilique de Saint-Quentin, dans les Hauts de France. Il s’éteint en 2001 et il est venu retrouver sa terre natale de Saint-Rémy (71) pour sa sépulture.

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Vitrail de la Vierge à l’Enfant de Pierre Choutet

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Vitrail de Saint Pierre de Pierre Choutet

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Les vitraux néo-gothiques, à dominante rouge et bleue, des absidioles portent sur la vie de la Vierge, à laquelle l’église est consacrée. Le goût du vitrail renaît au XIXe siècle. Vitrail de la Présentation de la Vierge au Temple, thème apocryphe, repris à la vie-même du Christ. L’ouvrage La Légende dorée du moine dominicain du XIIIe siècle, Jacques de Voragine, est une inépuisable source d’inspiration de l’iconographie religieuse.

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Vitrail de l’Annonciation par l’archange Gabriel

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Vitrail de la Nativité

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Vitrail de la Présentation de Jésus au Temple

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Vitrail de la Crucifixion avec les deux larrons, entourés de l’armée romaine avec l’enseigne SPQR (Senatus populusque romanum = le Sénat et le peuple romain), emblème de la République romaine, puis par tradition de l'Empire romain, et du pouvoir politique romain.

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Vitrail de la Pentecôte avec la descente (effusion) du Saint-Esprit sur Marie et les apôtres, réunis au cénacle, cinquante jours après Pâques (pentecôte vient du grec ancien πεντηκοστὴ ἡμέρα / pentêkostề hêméra, « cinquantième jour »).

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Vitrail d’Adam et Eve et de Marie immaculée, la nouvelle Eve

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Vitrail du Couronnement de la Vierge, thème apocryphe, que l’on aperçoit au tympan des cathédrales gothiques et qui est une représentation de la Trinité : le Christ siège à côté de Dieu le Père, il tient de la main gauche la couronne destinée à Marie, sous les rayons de l’Esprit-Saint, figuré par une colombe.

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Les sculptures

Visage sculpté sur la console de l’arc triomphant nord

Le décor sculpté se déploie dans cette belle église gothique : les corbeilles de feuillage des chapiteaux de la nef, les bandeaux décoratifs et l’incomparable galerie de 50 visages et de masques humains en animent la structure. Nous sommes dans une église habitée, pleine de regards et de présences.

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Profil de visage sculpté

Un des 50 visages humains très expressifs...

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Le pidou berlu

Prenez le temps de découvrir les figures grotesques à l’humour pétillant ainsi que des visages de paix et de tendresse, sans oublier le « pidou berlu » – de pider (guetter) et berlu (éberlué) – triple visage sous une seule couronne, au sud-ouest de l’arc triomphal (pile sud-ouest de la croisée, à l’étage). Ce qui paraît anecdotique est une évocation de la Trinité. On a d’abord éprouvé une certaine réticence à l’idée-même d’une figuration de la Trinité (Père-Fils-Esprit). Grégoire de Nazianze écrit dans son traité Sur le baptême (XI, 41) : « Je n’ai pas commencé à penser à l’Unité que la Trinité me baigne de sa splendeur. Je n’ai pas commencé à penser à la Trinité que l’Unité me ressaisit. Lorsqu’Un des Trois se présente à moi, je pense que c’est le Tout, tant mon œil est rempli, tant le surplus m’échappe… » C’est seulement à partir des XIIe et XIIIe siècles qu’apparaissent les premiers essais de la représentation du Mystère de la Trinité à travers plusieurs types, en particulier le Trifrons ou Triface (Dieu Trinité figuré par un corps doté de trois têtes ou d'une tête à trois visages). Au XVIe siècle, cette représentation de la Trinité est condamnée par le Concile de Trente, car les protestants se raillaient de ce “cerbère catholique”!

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Remarquez les clefs de voûte de la nef centrale où se succèdent un ange…

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Le Christ en gloire et l’Agneau pascal, à la clef de voûte de la nef centrale.

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Le masque feuillu est une figure surgissant d’un décor végétal ou crachant des rinceaux, qui apparaît en Occident dès l’époque romane, mais s’épanouit avec l’art gothique. Motif ornemental, il semble lié au renouveau de la nature. Il orne, en général, les clefs de voûte. Ici, les feuilles de vigne se fondent dans le visage traité avec naturalisme. Le carnet de croquis du maître d’œuvre et dessinateur Villard de Honnencourt, vers 1230, BnF, Paris, représente un masque feuillu, proche de celui de la clef de voûte de l’église.

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Visage feuillu en clef de voûte.

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Visage feuillu en clef de voûte.

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Les visages se nichent partout : Visage servant de console de colonne

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Visage niché dans la galerie

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Visage grimaçant niché dans un angle de la galerie

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Visage grimaçant ornant la porte de la sacristie

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Visages encadrant la porte de la sacristie

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L’orgue de 11 jeux est installé sur une tribune qui vient de l’église abbatiale et qui s’appuie de chaque côté sur la galerie qui fait le tour de l’église.

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La rosace du portail d’entrée

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Eglise Saint-Marcel

Remarquable par son clocher octogonal du XIIe siècle surmonté d’une flèche en brique (XVIe siècle). Ce fut la chapelle Saint Odon construite par saint Hugues. Rebâtie en 1159, elle change alors de vocable. On y transporte en 1803 la porte du cloître et le tabernacle de l’église abbatiale.

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L’Hôtel-Dieu

Fondé par le Cardinal de Bouillon, abbé, lors de son séjour forcé à Cluny. Construit sur un plan grandiose, il fut achevé après la Révolution. Au centre, surplombant l’ancien autel matutinal de l’abbatiale, plafond décoré en 2003 par Marc Camille Chaimowicz. Marbres baroques et fers forgés à la chapelle. Belle présentation d’objets et mobilier liturgique dans l’ancienne salle des malades. Possibilité de visites guidées. Hôtel-Dieu 13 place de l’Hôpital - 71250 CLUNY Tél : +33 (0) 03 85 59 59 59 Email : julien.griffon.1625@net-c.com

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Les Récollets

Chapelle de l'ancien couvent des moines Récollets, devenu Maison Mère de la congrégation des sœurs Saint-Joseph de Cluny en 1812. Le couvent a été acquis par Balthazar Javouhey auprès de monsieur Jean Roberjot qui l'avait acheté comme bien national, le 25 thermidor An 4 (12 août 1796). Le 14 juillet 1822, par acte authentique, Monsieur Javouhey fait donation de la propriété à ses quatre filles dont Anne Marie Javouhey fondatrice d’une congrégation destinée à s'occuper d'enfants pauvres, à Chalon-Sur-Saône puis à Autun. À ce jour, le couvent des Récollets abrite une maison de retraite de la Congrégation. Porte du XVIIe siècle. Chapelle rénovée en 1984. La congrégation a fêté le bicentenaire de sa fondation en mai 2007.

Eglise Notre-Dame de Cluny - Autres points d'intérêt à proximité

Visite

Les offices religieux : Samedi (soirée) : voir indications sur les deux portes de l’église Notre-Dame. Dimanche : 10h30 à l’église Notre-Dame jusqu’à mi-juin ; en dehors de cette période, même heure en alternance église Notre-Dame et église Saint- Marcel ; 9h15 : chapelle des Récollets. Taizé : en semaine : 8h15, 12h20, 20h30 ; vendredi, samedi 20h30 ; dimanche 10h, 20h30. Ouverture : L'église n'est pas ouverte tous les jours. Pour consulter les horaires des offices religieux, rendez-vous à l’Office de Tourisme ou sur www.egliseinfo.catholique.fr.

Contact

Paroisse de Cluny Saint-Benoît 7, rue Notre-Dame - 71250 Cluny Tél. 03 85. 59 07 18 paroisse-cluny@orange.fr
Mairie de Cluny Parc Abbatial 71250 Cluny mairie@cluny.fr
Office de Tourisme de Cluny Sud Bourgogne 6, rue Mercière - 71250 Cluny contact@cluny-tourisme.com
Association de Sauvegarde Les Amis de Cluny contact : mariefrance.desbrières@sfr.fr
Sources : Cette église attend une étude approfondie. Un mémoire de maîtrise en histoire de l’art lui a été consacré, mais n’a donné lieu à aucune publication: G. Delhomme, Notre-Dame de Cluny. D. Méhu, Paix et communauté autour de l’abbaye de Cluny, Xe-XVe siècle, PUL, 2010. On trouvera de brèves descriptions dans: A. Penjon, Cluny, p. 21-28 ; F.-L. Bruel, Cluni. Album historique, p. 31-32 ; J. Virey, L’abbaye de Cluny, p. 32-40 ; C. Oursel, L’art de Bourgogne, p. 104 ; M. Bouillot, « Cluny - L’église Notre-Dame », 1998, p. 5-10 ; H. Fegers, Burgund, p. 216-219. Des précisions ont été apportées sur l’iconographie du portail à partir de quelques vestiges trouvés lors de sondages archéologiques dans la ville de Cluny : N. Roiné, A. de Thoisy, « Découvertes de fragments provenant du grand portail de Notre-Dame de Cluny ».
Crédits : Jean-Claude Vouillon