Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa

Proposée par :
Ainhoa
Place du Fronton - 64014
Chemin de St Jacques
Plus beaux villages de France
Monument Historique
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Petit futé
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Michelin (/3)
monnuage
C’est une des plus anciennes et des plus intéressantes églises paroissiales du Labourd. Son retable baroque est d'une richesses inouïe et son plafond à caissons est unique au Pays basque. Les balustrades des deux rangées de tribunes sont restés peintes, comme à l'origine. Son clocher carré par le bas et octogonal par le haut lui donne un aspect à la fois robuste et élégant. L'église est inscrite aux monuments historiques depuis 1996. _Il est préférable d'allumer l'éclairage, à gauche en entrant (avec une pièce de 50 centimes)._

Les origines - XIe / XIIe

L’origine de ce bâtiment, dont la très probable vocation défensive est attestée par les murs épais de plus d’1,30 m et les meurtrières, remonte certainement au XIe ou XIIe siècle et à la bastide (Karrika) conçue par Juan Perez de Baztan. C’est au siècle suivant que le vicariat d’Aïnhoa fut créé par le tout proche prieuré d’Urdax/Urdazubi (en Navarre, mais faisant partie jusqu’en 1566 du diocèse de Bayonne). Ce relais hospitalier venait d’être fondé sur l’un des chemins de Saint Jacques de Compostelle par les chanoines réguliers de Prémontré (ordre formé en 1121 par Saint Norbert en Picardie), originaires de Gascogne et qui défrichèrent les vallons et coteaux avoisinant leur couvent pour y fonder une colonie agricole qui sera à l'origine du village.

D’après Mikel Duvert, grand connaisseur de l'histoire basque, l’édifice primitif devait se fermer à l’ouest par un simple mur-fronton percé d’ouvertures pour des cloches et abriter un porche où se rassemblaient les maîtres de maison afin de régler les affaires de la paroisse et d’élire leurs délégués aux assemblées coutumières comme le Biltzar, au temps où le pays jouissait d’une large autonomie.

L’étage devait être en bois et fermée par des planches, à la manière des "jauregi" (petits manoirs) comme dans la vallée de Baztan voisine, la commune la plus étendue de Navarre. (illustration : blason des Prémontrés)

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Histoire

La création de la paroisse - XIIe/XIIIe

Ces prêtres-moines accueillis par le seigneur des lieux, Juan Perez de Baztan, ( commandant du château d’Amaiur, porte-étendard du roi de Navarre) contribueront à structurer le pays, à fixer des peuplements, à les constituer en paroisses.

A Aïnhoa ils développeront un site industriel majeur, par ses mines et ses productions (notamment des armes qui serviront à défendre Bayonne). Ils seront . (illustration armes de Juan Perez de Baztan)

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Les remaniements aux XVIe et XVIIe siècles

C'est à partir des années 1550 qu’apparaissent les étages de galeries pour adapter les églises à l’augmentation de la population.

Au XVIIe siècle, signe de développement du pays, on installera deux rangées de galeries.

La seconde galerie est datée de 1649.

À cette époque, les hargin (maçons-tailleurs de pierre) avaient délogé les zurgin (charpentiers), ils avaient pris la construction de ce pays en main.

On a donc surélevé les vieux murs latéraux (on voit extérieurement que la maçonnerie est peu soignée, elle devait être couverte de crépi) en supprimant l’étage en bois et on les a pourvus de fenêtres au sommet arrondi ; on a plaqué, contre la vieille bâtisse, la grande tour-clocher.

La Révolution

Pendant la Révolution, la rafle du 3 mars 1794 vida le village, jetant sur les routes des centaines d’aïnhoars*. Tout fut pillé.

Le nom du village fut rayé, il devint Mendiarte. L’église fut fermée, transformée en grange à foin.

Le village vit passer l'évêque Mgr Pavée de Villevielle (illustration) qui fuyait à Urdazubi puis au monastère de la Oliva (Navarre) où il est enterré. Tout le clergé fut décimé.

Le vicaire du village, Gratian Jauretche pris sur dénonciation (dans une maison du bas-Cambo que l’on voit encore), et conduit au Tribunal criminel De Pau, y fut guillotiné le 12 novembre 1793.

L'intérieur est saccagé et l'église sert de magasin à fourrage. * habitants d'Aïnhoa

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Depuis le concordat

En 1801, à la suite du concordat, l'église est rouverte au culte. De nombreuses transformations sont opérées aux XIXe et XXe siècles. Les escaliers intérieurs qui, de chaque côté de la porte du fond, donnaient accès à la première galerie, la chaire située sur la première tribune Nord ainsi que la table de communion ont été supprimés. De même, l’escalier Sud extérieur conduisant à la première galerie par une belle porte (avec bénitier) a été démonté. Enfin, l’escalier double a été installé sous le clocher.

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La tour porche

L'une des caractéristiques remarquable de cette église est sa tour-porche carrée du XVIIe siècle à quatre étages.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Extérieur

Le clocher d'ardoise

Cette imposante tour reçut en 1823 son clocher octogonal couvert d’ardoises.

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La nef et l'abside romane

Le bel appareil ocre de la nef et de l’abside romane tranche avec la pierre grise de la tour clocher.

Dans la partie supérieure, l'emploi de moellons plus grossiers témoignent de travaux d’aménagement, de réfection, de mise en place de fenêtres et d’un toit de tuiles (sans doute en remplacement d’un étage moyenâgeux en bois).

L’origine de ce bâtiment - dont la très probable vocation défensive est attestée par les murs épais de plus d’1,30 m et les archères – remonte certainement au XII° siècle et à la bastide (Karrika) conçue par Juan Perez de Baztan

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Extérieur

Le cimetière

Autour de l’église, le cimetière paysager propose un très bel exemple de l’art funéraire basque, apparu avant l’ère chrétienne, avec les stèles discoïdales et tabulaires.

Ces sépultures traditionnelles sont ornées de symboles et de motifs géométriques riches en représentations. Elles se mêlent aux monuments funéraires classiques.

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La Croix basque

La croix basque, ou lauburu en basque, est une croix formée par quatre virgules, chaque virgule étant constituée de trois demi-cercles (un premier haut de demi-cercle suivi d'un bas de demi-cercle, plus un deuxième bas de demi-cercle, deux fois plus grand, au bas des deux autres et les reliant).

Les origines et la symbolique de cette représentation ont suscité de nombreuses recherches et hypothèses, parfois contradictoires, qui ne débouchent, encore aujourd'hui, sur aucune certitude.

On ne connait pas les raisons qui amenèrent les Basques à utiliser ce symbole, et à l'exposer sur leurs maisons et leurs stèles funéraires. On ne peut émettre que des hypothèses, biaisées par notre environnement, notre savoir et notre sensibilité d'aujourd'hui.

Ces hypothèses renvoient souvent à une période précédant la christianisation de la contrée, qui fut longue et chaotique, étant donnée la configuration encaissée du relief pyrénéen et conservatrice des populations rurales.

Camille Jullian désigne les XVe et XVIe siècles comme le début de la période à laquelle le catholicisme s'est imposé au Pays basque. La nouvelle religion aurait alors amplifié l'utilisation d'un symbole plus ancien.

Suivant les auteurs, le symbole fait initialement - avant la chrstianisation - référence au cycle de la vie, à la rotation du soleil, du ciel et de la terre. La croix finale, à quatre virgules, reconnue aujourd'hui, milite pour une symbolique récupérée puis soutenue par l'Église.

Une autre hypothèse évoque le mouvement du temps et des quatre saisons ou des quatre éléments que sont l’eau, la terre, le feu et l’air. Elle renvoie aux époques païennes.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Extérieur

Le porche d'entrée

L'entrée principale de cette église s’effectue au pied de la tour-porche.

On pénètre à l’intérieur par ce solennel portail classique aux solides vantaux cloutés doublement articulés. (photo à venir)

Une église labourdine

A l'intérieur, l’église d’Ainhoa présente les caractéristiques types de l’architecture religieuse labourdine* : une seule nef sans piliers, couverte en charpente, ainsi que deux étages de tribunes, appelées galeries. Les deux étages de galeries dont les balustres sont peints dans une couleur claire, un ocre légèrement rosé

* Le Labourd (Lapurdi en basque, Labord en occitan) est un ancien fief féodal rattaché d’abord à la Navarre puis à la Gascogne sous le nom de vicomté de Labourd et enfin à l'Aquitaine. C'est une des sept provinces basques.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Intérieur

La nef

La simplicité et la beauté de cette nef unique sans transept ni piliers met en relief le retable de style classique qui, semblable au mur de scène d’un théâtre antique, attire notre regard vers la Vierge Marie.

L'autel

En remontant lentement la nef pour s'arrêter aux pieds des marches de l'autel on est gagné par l'équilibre et la beauté du lieu qui incitent au recueillement.

Comme des milliers de pèlerins depuis des siècles, arrêtez vous devant l’autel du XVIIe siècle sur lequel s’accomplit le sacrifice de la Messe ; sur la face avant, vous remarquez une belle sculpture de pélican, qui est l’emblème même du Christ eucharistique. En effet, la légende romaine, reprise dans les bestiaires du Moyen Âge, affirme que le pélican se sacrifie pour sauver ses petits en s’ouvrant les entrailles avec son énorme bec et en les abreuvant de son sang.

Un des plus fins retables du Pays basque

Il date XVIIe siècle

Il repose sur une base peinte en trompe-l'oeil imitant le marbre et comporte trois registres (niveaux) dans des accords d'or et de rouge.

A partir d’une base peinte en trompe-l’œil imitant le marbre, le retable monumental - qui présente un harmonieux accord d’or et de rouge grenat - s’étage sur trois registres Lors de la récente restauration, les statues du retable ont été entourées d’un halo de lumière qui les met en valeur.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Intérieur

Retable : premier registre

Le premier registre (niveau) est centré sur le tabernacle surmonté d’un crucifix et de deux anges en adoration et dont la porte représente le Cœur Sacré de Jésus. Rythmé par des colonnes striées en spirale aux chapiteaux corinthiens, ce registre constitue un résumé du rayonnement du christianisme :

  • Saint Jean Baptiste, le «Précurseur», modèle de l’Espérance, a annoncé et préparé la venue du Christ.
  • Saint Paul, ce «glaive à deux tranchants» a joué au Ie siècle par ses voyages et ses épîtres adressées aux premières communautés un rôle essentiel dans l’expansion de la Parole de Dieu.
  • Saint Pierre, roc de la Foi sur lequel le Christ a bâti son Eglise, tient les clés du salut des âmes et du Paradis.
  • Saint Martin de Tours, propagateur du christianisme en Gaule et Père de l’Eglise, symbolise la Charité, lui qui à Amiens au IVe siècle a donné à un pauvre la moitié de son manteau, la part personnelle de son équipement d’officier romain achetée de ses deniers, l’autre appartenant à l’Etat.

Retable : deuxième registre

Le deuxième registre, scandé par des colonnes cannelées aux chapiteaux composites, s’organise autour de la Vierge qui, en extase, monte au ciel soutenue par des angelots. La statue de Saint Blaise de Sébaste, évêque et martyr du Ive siècle, évoque soit le patron des bergers (auquel dans un rite quasiment païen on demandait la sauvegarde du bétail lors de sa fête au début de février, en brûlant des poils d’animaux), soit plutôt le protecteur des pèlerins et voyageurs pauvres. Quant à Sainte Catherine d’Alexandrie, accompagnée de la roue dentée et de la palme du martyr (IVe siècle), elle est le symbole du mariage mystique de l’âme assoiffée de Dieu mais aussi celui de l’intelligence capable de stupéfier et convertir les plus savants philosophes (une sorte de synthèse harmonieuse de la Foi et de la Raison).

Retable : troisième registre

le troisième registre, aux colonnes torsadées (salomoniques) est entièrement réservé à Dieu le Père qui tient le globe terrestre et bénit toute sa Création en venant à sa rencontre.

Le plafond

Au XVIIe siècle a été créé le somptueux plafond en pitchpin à six caissons lambrissés. Une merveille de la charpenterie basque, unique en son genre, au moins au Pays basque Nord. La vue du plafond est bien meilleure à partir des tribunes.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Intérieur

Le cul de four

Le cul de four qui le prolonge est en toile, décoré au chiffre de la Vierge (fleurs de lys), patronne de l’église qui, en 1511, s’appelait Nostre Done d’Ainhoa. La sacristie semble être de cette époque

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Intérieur

La statue de Notre Dame de l'Aubépine

Dans l'église admirez la statue de Notre Dame de l'Arantza (Aubépine se dit "arantza" ou "elorri" en basque). Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un jeune berger au-dessus d'Ainhoa, près d'une source qui jaillit sous un buisson d’aubépine. Une tradition en tous points semblable à celle qui prévaut pour le sanctuaire d'Aranzazu, au-dessus de l’université d’Oñate en Guipuzcoa, lieu de pèlerinage célèbre depuis le XVe siècle.

Selon la coutume, le lundi de Pentecôte, une procession part de l’église Notre-Dame de l’Assomption au bourg pour se diriger vers la chapelle Notre Dame d'Arantza érigée sur le lieu supposé de l'apparition.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - Intérieur

La Chapelle

Cette chapelle est située à 400m d’altitude sur les pentes du mont Atxulai, colline proche d’Aïnhoa sur le lieu supposé de l'apparition de la Vierge à un berger. Elle a connu une histoire mouvementée et hélas plusieurs saccages. Soustraite à l’ermite ainhoar Jean-Baptiste Beherecoche et brûlée pendant la Révolution française, elle a été démolie en 1814 sous Napoléon Ier afin d’y installer une batterie de canons pointée vers l’Espagne. Il est possible que lors des guerres napoléoniennes, puis carlistes, les grandes foules de pèlerins du Pays Basque Nord qui avaient coutume, depuis le XVe siècle, d'aller faire leurs dévotions au sanctuaire guipuzcoan d'Aranzazu aient été empêchées de franchir la frontière « franco-espagnole » (sauf évidemment les contrebandiers).

C'est peut-être pour cette raison que les villageois avaient restauré la chapelle dès le milieu du XIXe siècle.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - La Chapelle de Notre Dame d'Arantza

La procession annuelle

Chaque année le lundi de Pentecôte la statue de Notre Dame d'Arantza est portée en procession jusqu'à la chapelle de N.-D. d'Arantza, située à 400m d’altitude sur les pentes du mont Atxulai, colline proche d’Aïnhoa. Elle présente l'intérêt de proposer l'un des plus beaux panoramas du Labourd sur le cirque de Xareta et la vallée de la nivelle jusqu'à Saint-Jean de Luz et la côte Atlantique.

De plus, des reproductions des stèles les plus typiques du Pays basque sont exposées à côté du calvaire où l'on accède par un chemin jalonné de 14 croix.

L’association des Amis de la chapelle d’Ainhoa (Ainhoako Kaperaren Lagunak), s’affaire désormais tous les samedis à de nouveaux travaux de restauration.

Eglise Notre Dame de l’Assomption – Ainhoa - La Chapelle de Notre Dame d'Arantza

Le parcours

Depuis le fronton, suivre la rue principale et prendre l'Impasse de l'Ecole à gauche à l'angle de la mairie.

(1)Traverser la Rue Qua Karrika puis virer dans la première rue à droite, Qua Boxate. La suivre puis au croisement en T, prendre à droite sur environ 100m.

(2) Bifurquer à gauche pour emprunter le chemin de croix dit du Calvaire qui monte en lacets jusqu'à l'Oratoire de la Chapelle. Apprécier le panorama unique sur Aïnhoa, Sare, la Rhune, Bayonne et l'Océan.

Visite

Ouverte tous les jours

Contact

Paroisse Saint Michel Garicoïtz du Labourd Eglise Notre-Dame de l'Assomption 05 59 29 92 60Presbytère – Place de l’église 64250 Camboparoisse.cambo@wanadoo.fr
Ainhoako Kaperraren Lagunak - Les Amis de La Chapelle d'Ainhoa - Objet de l'association : contribuer à la sauvegarde, la restauration, la protection et l'entretien de la chapelle d'Ainhoa ainsi que de son environnement et veiller à son maintien comme lieu de culte catholique .Pour les joindre contacter la Mairie ou leur page Facebook : Amis de La Chapelle d'Ainhoa
Mairie d'Ainhoa Quartier Karrika 64250 AinhoaOuverte tous les jours de 9h à 12h puis de 14h à 17h Tel: (00 33) 5 59 299 260 contact@ainhoa.fr
Sources :
Crédits : WIKICOMMONS : Pierre Bona, Harrieta171, daniel Villafruela, FloproCOA, Jagarfear, Marianne Casamance, Reinhardhauke, Starbuck melo, Tangopaso, Tim Tregenza FLICKR : Joaquin