Eglise Notre-Dame-d’Espérance – Paris XIe

Proposée par : Patrimoine-Histoire, Notredameesperance.com,
Paris
47 rue de la Roquette - 75011
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Au cœur de l'un des quartiers les plus animé de Paris, s'élève depuis 1997 la nouvelle église Notre-Dame-d'Espérance. Résolument moderne, elle s'impose comme l'un des lieux identitaires de la rue de la Roquette.
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Au XIIIe siècle

En 1471 le roi Louis XI accorde à l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs un rare privilège : l'affranchissement de la tutelle des corporations. Ainsi exempts de lourdes taxes, artisans ébénistes, doreurs, vernisseurs, marquetiers et tapissiers s’installent en nombre dans le quartier. S’installe aussi une manufacture de verre vénitien qui deviendra en 1692 la Compagnie de Saint Gobain. (illustration : plan de Paris vers 1550)

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Un lieu chargé d'histoire

L'église Notre-Dame-d'Espérance et sa cité paroissiale occupent l'emplacement de l'Hôtel de Sedaine, un important foyer de la vie intellectuelle au Siècle des Lumières. L'historien Jules Michelet y vit avec bonheur de 1818 à 1827 et y écrit une partie importante de son œuvre. (illustration : photo de J. Michelet par Nadar)

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Au début du XXe siècle : un quartier peuplé et pauvre

En 1900, le quartier est surtout occupé par des ateliers de fabrique de meubles, de petite métallurgie et par des échoppes de dinandiers. Le faubourg Saint-Antoine grouille d'artisans, d'ouvriers de ces métiers qui vivent et travaillent sur place dans des conditions souvent déplorables. Le quartier est un foyer d'agitation avec des grèves et des révoltes réprimées sévèrement.

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Un prêtre missionnaire et moderniste : le Père Jean-Emile Anizan

Le Père Jean-Émile ANIZAN (1853-1928), prêtre originaire d'Orléans, entre chez les Frères de Saint-Vincent-de-Paul en 1886 et exercice son ministère dans le quartier de Charonne comme aumônier du centre d'oeuvres Sainte Anne. Il y déploie une grande activité de charité très remarquée auprès des jeunes et des familles les plus pauvres du quartier. Il est à l'origine de nombreuses innovations pastorales et syndicales. Après avoir été élu supérieur des Frères de Saint-Vincent-de-Paul en 1907, il est destitué de ces fonctions le 14 janvier 1914 pour cause de "modernisme social". Après un engagement total comme aumônier volontaire pendant la Première guerre mondiale, le nouveau pape Benoit XV, élu en 1916, lui demande de fonder une nouvelle congrégation au service des plus pauvres. Le 25 décembre 1918 sont fondés les Fils de la Charité.

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1928-1930 : construction d'une première église

Dès 1911, le Père Anizan s'était établi rue de la Roquette et y avait construit une chapelle. Il décide de la remplacer par l'église Notre-Dame-de-l'Espérance qui sera construite entre 1928 et 1930 par l'architecte Julien Barbier. La façade sculptée qui donne sur la rue du Commandant Lamy est l'oeuvre de Gabriel Dufrasne et symbolise le travail du bois. Malheureusement au bout de quelques années il fallut se rendre compte que le béton utilisé pour la construction était de mauvaise qualité. Il rouillait, se fendillait et le bâtiment devenait dangereux.

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Depuis 1997 : une nouvelle église

La décision est prise en 1994 par le diocèse de Paris de détruire l'ancienne église et de construire une "cité paroissiale". Le concept de cité paroissiale est né de l’analyse d’une réalité sociale du quartier. Le projet a ainsi été conçu comme un tout, où l’église s’affiche à l’extérieur comme un point fort dans l’urbanisme du quartier. Le socle de l’église et le campanile sont revêtus de béton poli gravé de textes de l’ancien testament. Sur la rue de la Roquette, la façade de verre, symbole de lumière, est gravée des textes du nouveau testament. Cette église, oeuvre des architectes Bruno Legrand et Jean-Luc Le Roy, est terminée fin 1997. La première messe eut lieu le 23 novembre et sa consécration par Mgr Lustiger, archevêque de Paris, le 14 décembre 1997.

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La cité paroissiale ... beaucoup plus qu'une église

Depuis sa reconstruction, la cité paroissiale héberge plusieurs structures :

  • un centre social particulièrement actif (Solidarité Roquette)
  • une halte garderie
  • une association culturelle (Culture Espérance Roquette) qui anime l’église de nombreux concerts et expositions créant ainsi des occasions à destination de publics très différents, de découvrir la vie de notre petite communauté chrétienne.
  • une école de musique associative « Passions Leitmotiv »,
  • l’Association Maurice ZUNDEL France (AMZ)
  • la Communauté de Vie Chrétienne (CVX) de spiritualité ignatienne. Avec cette dernière la paroisse entretient des relations multiples et réciproques : messes de semaines et du samedi soir, retraite accompagnée dans la vie pour adultes puis pour enfants, création en 2011 d'une équipe du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ). Aujourd'hui, il y a quatre équipes MEJ à Notre Dame d'Espérance. Par ailleurs, la cité paroissiale met des salles à la disposition de groupes divers dont beaucoup d’institutions de formation.

Le concept de cité paroissiale est né de l’analyse d’une réalité sociale du quartier. Le projet a ainsi été conçu comme un tout, où l’église s’affiche à l’extérieur comme un point fort dans l’urbanisme du quartier. Le choix de l’écriture a été conduit par la volonté de donner un sens à l’ornementation. L’écriture répond à ces deux critères grâce au sens des mots et à la symbolique du texte choisi d’une part, à la mise en oeuvre et au choix de la calligraphie d’autre part. Gravés dans le béton, les textes de l’ancien testament ornementent la façade rue Lamy. Renforcée par le traitement de la lumière, la gravure sur verre des extraits de l’évangile compose la grande page d’écriture de la façade située rue de la Roquette. Cette mise en scène est renforcée par la façade intérieure de l’atrium, rappelant dans sa morphologie l’ordre classique dominant les parvis des cathédrales. Situé à l’entrée de l’église, cet atrium crée le lien entre le lieu de prière et l’ensemble des activités de la cité paroissiale. Le centre social, activité laïque avec son centre de formation et de sa halte garderie, est situé au chevet de l’église.

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Une église résolument moderne

L'église, au concept pleinement moderne et symbolique, se présente comme une masse grise avec sur le devant deux tours de section carrée et en son centre une paroi vitrée de 20 mètres de haut sur 11 mètres de large. Elle utilise l’Écriture, Ancien et Nouveau Testaments pour orner les façades de béton poli ou de verre. L'église fait le coin entre la rue de la Roquette et la rue du Commandant Lamy.

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Le choix de l'écriture comme ornementation

Le choix de l'écriture a été conduit par la volonté de donner un véritable sens à l'ornementation. Toute personne passant devant l'église a ainsi accès à la Parole de Dieu. ... et est invitée à entrer puisqu'elle ne peut lire qu'une ligne sur deux. L'écriture est en effet en mode boustrophédon, c'est-à-dire, qu'une ligne sur deux est lisible de l'extérieur de l'église, tandis que la ligne suivante est lisible de l'intérieur de l'église. La symbolique des textes choisis, le sens des mots sont servis par la mise en oeuvre d'une calligraphie magnifique créée par Frank Lalou.

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Rue de la Roquette : la façade

La façade, côté rue de la Roquette, est l'œuvre du verrier Guillaume Saalburg. Elle est composée de vingt-deux larges carrés de verre couverts d'écriture. Chaque élément de verre est formé de trois couches de verre, dont celle intermédiaire en verre épais, légèrement teinté vert d'eau, est gravée de citations du Nouveau Testament. De l'extérieur, les textes sont tirés des évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, tandis que de l'intérieur, on peut lire des parties de l'évangile de Jean et des épîtres de Pierre.

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Rue de la Roquette : la tour de droite

La tour de droite est la tour-clocher où ont été replacées les deux cloches "Geneviève" et "Lucie", provenant de l'ancienne église. Le sommet de la tour se termine par un arrondi surmonté d'une croix. À trois mètres du sol, dans une niche protégée par un carreau de verre, se trouve une photo de la statue en bronze et ivoire de Notre-Dame d'Espérance, œuvre de Lucienne Heuvelmans. L'original en pierre rose de Tournus se trouve à l'intérieur de l'église.

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Rue du Commandant Lamy : la façade

Les textes de la façade de la rue du Commandant Lamy sont tirés de l’Ancien Testament. La ligne du bas rappelle des lieux bibliques, celle d’au-dessus, des noms de personnages bibliques, la troisième, les livres de la bible et celle du haut, les noms des prophètes. La tour d’angle fait la liaison entre l’Ancien et le Nouveau Testament avec un texte du prophète Michée et le psaume 150.

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Les évangélistes

Sur les deux battants de la porte principale, des grandes silhouettes en bronze de Pierre Degraw représentent les quatre évangélistes.

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La cuve baptismale - bénitier

la cuve baptismale des ateliers Xylos sert également de bénitier. Elle est placée au centre de l'entrée symbolisant ainsi l'entrée dans l'Église.

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L'avant-nef

Dans l'avant-nef, à gauche de l'entrée, une très belle crucifixion qui provient de l'ancienne église.

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Les vitraux

Tous les vitraux ont été conçus par Jean-Baptiste Ambroselli et réalisés par le maître verrier Jacques Bonny. Le grand vitrail en hauteur de l'avant-nef suggère la vision du déserta

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L'atrium

Situé à l’entrée de l’église, cet atrium crée le lien entre le lieu de prière et l’ensemble des activités de la cité paroissiale.

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La nef : la croix

La Croix d'Espérance est l'oeuvre de Nicolas Alquin. Taillée dans une vieille poutre du XVIIIe siècle, elle dit avec force l’Incarnation du Christ en notre monde par son montant vertical mais aussi la gloire de sa Résurrection par les trois carrés d’or, en guise de traverse horizontale.

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L'autel

L'autel, oeuvre en marbre du sculpteur François Cante-Pacos, évoque par sa forme ronde la terre partagée, divisée, que la table eucharistique réunit.

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L'ambon

L’ambon, volontairement sobre, a été conçu par Michel Boyer et réalisé par l’atelier XYLOS. On peut y voir les symboles des quatre évangélistes : une tête d’homme ailé pour Matthieu, le lion pour Marc, le taureau pour Luc et l’aigle pour Jean. Il supporte soit le livre des lectures soit une phrase de la bible proposée à la méditation.

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L'orgue

L'orgue provient également de l'ancienne église, c'était initialement un orgue de cinéma qui avait été modifié en 1946 par Victor Gonzalez. Le buffet est de Daniel Jacques, ébéniste de la tradition du faubourg. Il a été complètement refait en 2007 par Adrien Maciet et Marc Hédelin.

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L'oratoire : le chemin de croix

Le chemin de croix, une suite de bas-reliefs en pierre qui était dans l'ancienne église a été réalisé par Lucienne Heuvelmans.

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Statue de Notre-Dame-de-l'Espérance

Cette statue est l'oeuvre originale créée en 1930 par Lucienne Heuvelmans dans un bloc de calcaire rose extrait de la carrière Saint Georges, près de Tournus. En raison probablement de l'émotion produite par l'admirable tendresse de Marie pour son fils Jésus, elle sera ensuite reproduite à des milliers d'exemplaires pendant une cinquantaine d'années. Elle est plus connue sous le nom de Vierge à l'Enfant ou de Maternité.

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L'oratoire : le vitrail

le vitrail de l'oratoire, également créé par Jean-Baptiste Ambroselli et réalisé par Jacques Bonny, traduit le texte des pèlerins d'Emmaüs : "ils le reconnurent à la fraction du pain".

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La table de réconciliation : un confessionnal d'un nouveau type

Olivier Delhoume, le créateur de la table de réconciliation - oeuvre unique taillée dans une seule pièce de poirier massif - s’est inspiré des sièges duo qui permettent une discussion en vis-à-vis, sans risque de torticolis immédiat. Sur un petit lutrin disposé entre les interlocuteurs, une Bible ouverte est à disposition de qui veut la lire ou la commenter. Sur le mur est accrochée une croix faite du même bois que la table, son montant comme sa traverse étant creusés, divisés et réunis par la trace dorée et lumineuse d’une silhouette. L’objet diffère énormément des confessionnaux d’antan :

  • La présence de la Bible,
  • La pleine lumière sous laquelle conversent les deux interlocuteurs,
  • La situation d’échange réciproque des personnes toutes deux assises dans une position favorisant le dialogue, le partage et le pardon,
  • L’emplacement, près de la porte d’entrée où se trouve également le meuble baptismal qui fait aussi office de bénitier.
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Objet de l'Association Espérance Roquette

L’association développe un lieu culturel de rencontres fraternelles à deux pas de la Bastille. Notre équipe de bénévoles impliqués organise des événements autour de quatre pôles, en cherchant à soutenir les artistes et à faciliter l’accès à une culture de qualité pour tous :

  • des concerts, notamment les « Petites Saisons de la Roquette »,
  • des expositions d'art contemporain,
  • des spectacles,
  • des débats & visites.

Les évènements sont organisés dans l’église (47 rue de la Roquette Paris 11ème), le dimanche après-midi ou en semaine, avec libre participation. Regardez le programme sur le site www.culture-nde.org et partageons ensemble ces magnifiques moments ! Culture Espérance Roquette est une association Loi 1901, fondée en 1999. Contact : culture.nde@free.fr https://www.culture-nde.org/

Visite

Ouverte tous les jours, de 9h à 19h

Contact

Paroisse Notre-Dame-d'Espérance 47 rue de la Roquette - Boîte 1- 75011 - Paris Téléphone : 01 40 21 49 39 paroisse@notredameesperance.com
Page Facebook Notre-Dame-d'Espérance
Association Culture Espérance Roquette Culture Espérance Roquette est une association reconnue d‘intérêt général qui développe un projet de partage interculturel de quartier près de la Bastille pour « Nous rapprocher par la culture ». Notre équipe de bénévoles impliqués organise des rencontres fraternelles autour de trois pôles (Concerts pour Tous, Expo & spectacles, Débats & visites) en cherchant combiner qualité et diversité, à soutenir les jeunes artistes et à faciliter l’accès à une culture de qualité pour tous, notamment à travers des coopérations avec d'autres acteurs locaux. mail : culture.nde@free.fr
Sources :
Crédits : WIKICOMMONS : Guilhelm Vellut, Angsthelm Christiane, Butho, Jgm18, LPLT, FLL FLICKR : Guilhem Vellut