Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien

Proposée par : Adeline Barraud
Saint-Gérand-de-Vaux
rue de l'église - 03340
Route des Eglises Peintes du Bourbonnais
L'église Saint Julien de Saint-Gérand-de-Vaux, située au centre du village, a la particularité d'être également celle du village voisin de Gouise (dont l'église a été détruite suite à la révolution de 1789). On ne connaît pas la date exacte de sa construction mais la première trace écrite date du XIIe siècle. Elle a subi des transformations au fil des siècles, notamment au XVIIe et a été agrandie au XIXe. Le cimetière entourant l'église, devenant trop petit, a été déplacé en 1810. La restauration réalisée en 2020 a permis de découvrir des peintures et une fresque médiévales. Elle est l'une des 25 sites de la Route des églises peintes du Bourbonnais.

Au IXe siècle

La voie romaine allant de Lyon (Lugdunum) à Clermont-Ferrand (Augustonemetum) passait à quelques centaines de mètres kilomètre du village.

Dans l'ouvrage de Paul Dupieux « Peuples et princes du Bourbonnais », celui-ci signale la découverte faite par le poète Jean Phelipard au XVe siècle, dans les archives de son prieuré clunisien, d'une liste d'écclésiastiques du IXe siècle sur laquelle est mentionné Bernard de Saint Géran "rectores", c'est à dire un curé ou un prieur, vers 880.

Le presbytère est construit à l'emplacement d'un prieuré ou autre établissement religieux à propos duquel il n'y a pas encore eu de recherches.

Au XIIe siècle

L'église Saint Julien est mentionnée dans une bulle papale d'Eugène III (photo) de 1152, qui confirme la possession de l'église Saint Julien par le prieuré de Souvigny.

Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Histoire

Au XVe siècle

Saint Gérand a appartenu, entre autres, à Jacques Coeur (à partir de 1445), à la famille Soreau (famille de Agnès Sorel)en 1483, puis par mariage, à la famille de La Guiche en 1540, dont on peut voir les blasons (photo), ainsi que d'autres illisibles.

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De nombreux dégâts au XVIe siècle et sous la Révolution

Le passage en février 1576 d'une armée de protestants (20 000 hommes) entraîne des premiers dégâts importants.

Pendant la période révolutionnaire, la commune est rebaptisée Mont-Libre et en août 1792, le passage d'une troupe de sans-culottes entraîne de nouveaux dégâts.

Au XIXe siècle

Vers 1845, le bâtiment est restauré et agrandi : une travée est ajoutée car la population du village est de 1250 habitants, celle de Gouise de 500 habitants. S'y ajoutent également les 550 habitants de Saint-Loup, un autre village voisin, dont l'église a également été détruite lors de la révolution.

Vers 1875, le clocher carré avec flèche en ardoise est érigé selon les plans de l'architecte Moulinois Jean Moreau. Il abrite deux cloches.

Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Histoire

Depuis le début du XXe siècle, plusieurs campagnes de restauration

Début 1924, furent découverts, sous l'escalier de la chaire à prêcher, les fragments du gisant ou de l'orant du Maréchal Jean-François de la Guiche (décédé en 1632) et de son épouse, une dalle blanche marque l'emplacement du tombeau.

Cette même année 1924, des travaux de restauration de peintures sont réalisés : des enduits endommagés par l'humidité et les infiltrations provenant des toitures doivent être réparés, des plâtres sont réalisés dans le choeur et les chapelles latérales, mais dans le choeur, l'humidité et le salpêtre imposent le recours à des feuilles de tôle enluminées pour la frise au-dessus des boiseries.

En 1925 l'église est dotée de l'éclairage électrique.

En 1993, des tableaux de grandes dimensions sont retrouvés derrière l'autel.

Au fil des années, l'église bénéficie d'entretien régulier au niveau de la toiture, et du crépi extérieur.

En 2016, l'électricité est remise aux normes.

Pour lutter contre l'humidité, les joints de dallage en ciment sont enlevés et refaits à la chaux en 2016, en 2018 des blocs de béton situés entre les contreforts du chevet sont enlevés.

En juin 2019, des vitraux endommagés sont réparés, des recherches de peintures anciennes sont réalisées et la base des murs extérieurs est décrépie sur une hauteur d'environ 1m20.

Fin 2019, dans la chapelle située sous le clocher, une fenêtre est installée pour fermer la baie à moitié obturée et par laquelle entre la végétation.

En septembre 2019 les boiseries du choeur sont déposées.

En 2020, l'intérieur est restauré.

Façade Ouest

La façade Ouest date de l'agrandissement de l'édifice au XIXe siècle.

Elle comporte une grande porte, provenant probablement de l'édifice antérieur, surmontée d'une rosace.

Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Extérieur

Façade Est

Le bâtiment est entouré de puissants contreforts.

En faisant le tour on peut les apercevoir au niveau du chevet en hémicycle (façade est).

Ceux de la nef qui datent du XVe siècle sont noyés dans les murs des chapelles.

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Façade Nord

Au XIX e siècle ont été rajoutés sur la façade nord le bâtiment servant de sacristie et le clocher

Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Extérieur

Le plan

L'église est orientée ouest/est, elle est constituée d'une nef à vaisseau unique divisée en deux travées.

La croisée du transept et la deuxième travée datent des XIe-XIIe siècles.

Le choeur date du XVe siècle.

Au XIXe siècle (vers 1845), le bâtiment est restauré et agrandi : une travée est ajoutée car la population du village est de 1250 habitants.

La sacristie et le clocher sont construits.

Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Intérieur

La porte d'entrée

La porte d'entrée principale provient probablement de l'édifice antérieur qui datait du XIVe siècle.

Elle est surmontée d'une rosace.

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Le porche

Le porche original datait du XIVe siècle.

Il a été reconstruit au XIXe siècle.

La nef

L'église est constituée d'une nef romane à vaisseau unique divisée en deux travées et d'une abside à pans du XVe siècle.

Le sol en tomettes a été recouvert au XIXe siècle par des dalles de Volvic.

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La première travée - travée occidentale

La première travée - travée occidentale - date du XVe siècle.

Elle est couverte d'une voûte d'ogive quadripartite au tracé parfaitement géré.

Elle se rattache à la travée orientale par un imposant massif surmonté d'un arc brisé et dont l'aspect de taille des parements des blocs de pierre a été donné par une "bretture" (outil en forme de marteau tranchant et dentelé, utilisé par les tailleurs de pierre au XVe siècle).

Ce module est un agrandissement de la nef médiévale, c'est ici que se trouvait l'entrée avant l'agrandissement au XIXe siècle.

Côté nord on peut voir les sculptures d'une feuille de chêne et d'une feuille de houx.

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Chapelles latérales

Dans les chapelles latérales les autels en bois ouvragé sont du XIXe siècle.

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Entrée latérale

Une extension servant actuellement d'entrée latérale au Sud a été réalisée après la période romane (au XVIIe siècle).

D'aspect ramassé aujourd'hui, l'aménagement bénéficiait alors d'un niveau de sol plus bas. D'après le cadastre napoléonien, l'espace pourrait correspondre à un bas-côté se prolongeant à l'ouest mais réduit au XIXe siècle, après 1828.

Elle comporte sur l'intrados de son arc doubleau les vestiges d'une litre funéraire, une bande ocrée souligne la présence d'une baie obturée, probablement du XVIe siècle.

Un bénitier du XVe siècle, encastré dans le mur, porte les armes de la famille Soreau.

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Saint Georges

Dans la chapelle, on peut admirer une statue du XVe siècle représentant Saint Georges terrassant le dragon (classée monument historique en 1933) provenant du prieuré du Luzeray, aujourd'hui disparu, situé sur la commune voisine de Gouise.

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Chapelle à gauche

A l'opposé de cette extension, à gauche, une chapelle a été construite, et l'entrée est surmontée des armoiries du Maréchal de La Guiche.

Une voûte octopartite avec oculus central retombe sur des culots portant des armoiries ou sculptés d'angelots, dans le style des décors du XVIIe siècle.

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Un "Hagioscope"

Un hagioscope*, permettant aux seigneurs de suivre les offices a été découvert, cette chapelle est éclairée par une baie géminée trilobée (fermée par une huisserie moderne dans l'attente de la réalisation d'un vitrail).

  • Un "hagioscope" est une ouverture aménagée dans le mur d'un sanctuaire catholique permettant aux personnes situées à l'extérieur de suivre la célébration avec une vue directe sur l'autel.
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Des tableaux avec des personnages "locaux"

De part et d'autre de la première travée, sur les élévations des murs nord et sud, deux grands tableaux du XVIIe siècle de peintres inconnus (peintures sur toile non encadrées inscrites à l'inventaire des monuments historiques).

L'une représente "l'adoration des bergers" et l'autre "l'assomption de la Vierge".

Les bergers et les adorateurs étant probablement le Maréchal de La Guiche et son épouse, les commanditaires. (photo à venir)

Peintures restaurées en 1994 et 2004 (par les ateliers Auvity de Urçay – Atelier de restauration Auvity)

La deuxième travée - travée orientale

La travée orientale, la plus ancienne date du XIIe siècle.

Couverte d'une voûte d'ogive également, le tracé de la clé de voûte trahit une maîtrise moindre pouvant remonter au cours du XIIe ou XIIIe siècle.

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Des éléments très anciens

On observe des chapiteaux aux volumes plus anciens, des bases partiellement enchâssées dans le sol et sur le mur externe sud, une baie étroite typiquement romane.

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Les nervures d'ogives

Sur les nervures d'ogives, faux appareil en alternance de tons colorés gris-bleu, ocre jaune, ocre rouge mais aussi, ponctuellement, avec un graphisme plus élaboré et d'inspiration plus libre, comme des points ou des rayures.

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Ouverture côté nord

Sur les élévations nord et sud, deux anciennes ouvertures ont été mises à jour, celle côté nord laisse apparaître la continuité du décor du XVIe siècle avec quelques fleurs de lys.

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Les baptistères

Dans la première travée, côté nord: un baptistère du XIXe siècle, en fonte.

Côté sud: un baptistère en marbre, d'origine antique, offert par Jean-François de La Guiche dans les années 1620-1630.

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La croisée du transept

La limite de la nef avec la croisée du transept est marquée par un arc brisé décoré d'un faux appareil coloré, reposant de chaque côté sur des colonnes du XIIe siècle dont les corbeilles sont décorées de feuilles d'acanthe stylisées.

Les bras du transept occupés chacun par une chapelle, dédiée à la Vierge au sud et à Saint Julien au nord, s'ouvre directement sur un choeur de forme octogonale.

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Chapelle de la Vierge

À la hauteur du transept, le bras Sud est occupé par une chapelle dédiée à la Vierge.

Une peinture murale figurative partiellement conservée après restauration, représente la scène iconographique des "Deux Larrons" de part et d'autre d'une croix sans le Christ, vraisemblablement une descente de croix dont la partie basse a été endommagée par des travaux (une porte obturée a été découverte sous les enduits).

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Statue de la Vierge

Statue en bois doré de la Vierge à l'enfant.

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Tombeau du Maréchal de La Guiche

Au sol, à la limite entre la croisée du transept et la chapelle Saint Julien, une dalle blanche marque l'emplacement du tombeau du Maréchal de La Guiche, décédé en 1632.

Statues du transept

Dans le transept, plusieurs statues polychromes en bois: Saint Julien, Saint Pierre, Saint Paul, Saint Roch (photo),

Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Intérieur
Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Intérieur
Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Intérieur
Eglise Saint-Gérand et Saint-Julien - Intérieur

Les évangélistes

Dans la croisée de transept, on peut admirer quatre très beaux culots du XVe siècle, finement sculptés, représentant les évangélistes.

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Les culots du XVIe siècle

Culots du XVe siècle, dont un jouant d'un instrument semblant être une vielle.

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Croix de consécration

On note un blason aux armes des Bourbons et un autre du Maréchal de La Guiche, qui était à l'origine, une clé de voûte. On note aussi un quadrillage coloré et un harpage d'angle. Présence de deux croix de consécration, de deux époques différente : la première, fleuronnée de lys, à rattacher au décor du XVe siècle et la seconde, plus brute et plus naïve, date peut-être de la construction de l'église.

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Le choeur

Dans le choeur, le ciel étoilé et la clé de voûte dorée et polychrome datent du XIXe siècle.

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Les motifs du choeur

Le Choeur est à pans coupés. Un tiers laisse voir une fausse tenture du XVIe siècle, en soubassement.

Le parti pris de la restauration a consisté à renforcer et reproduire les plis du drapé.

Une trame en damier et les motifs XIVe siècle qu'elle comportait ont été conservés en l'état à cause du manque d'indices permettant une restitution.

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L'autel central

Dans le choeur, l'autel central est du XIXe siècle.

Sa façade est composée d'un bas-relief représentant le Sacré-Coeur sur un écusson porté de chaque côté par des anges, le tout encadré d'une frise.

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Les vitraux

Tous les vitraux sont du XIXe siècle.

Une route de 24 églises ...

A côté des grands édifices religieux connus de tous les touristes, il existe dans nos territoires ruraux, dans un espace oublié de l’église locale, parfois cachés sous un enduit ou un badigeon de chaux, des peintures murales souvent exceptionnelles.

Dans le département de l’Allier, la Route des Eglises Peintes du Bourbonnais en a identifié 24 décorées de peintures murales du Moyen-Age, entre le XIIe et le XVIe siècle.

D’autres découvertes sont en cours ou à venir. Ne manquez pas de faire un « crochet ».

Visite

Ouverte tous les jours de 10h à 18h

Contact

Paroisse Saint Jean XXIII Place de l'église 03150 - Varennes-sur-Allier
Mairie de Saint-Gérand-de-Vaux 3, place de la mairie 03340 - Saint-Gérand-de-Vaux
Association pour la restauration de l'église Saint Adresse : 3 rue du Lavoir - 03340 - Saint-Gérand-de-Vaux Présidente : Françoise de Vergnette - jacquesdevergnette@sfr.fr Vice-Présidente : Adeline Barraud - adelinethais03@gmail.com - tél. 0684368300
Office de Tourisme Entr'Allier Besbre et Loire Téléphone : 04 70 47 45 86
Sources : Paul Dupieux, Peuples et princes du Bourbonnais; Louis Clayeux, Saint Gérand de Vaux; Rapport d'intervention de l'atelier de restauration et conservation d'art mural et sculptures polychomes (ARCAMS); M. Genermont et P. Pradel, Eglises de France - Allier, . Lucien Fanaud, Voies romaines et vieux chemins. Rapport d'étude, sondage pour la recherche de décors peints, ANTARES, F. Matichard et M. Déroche. Les Eglises peintes du Bourbonnais http://eglisespeintesenbourbonnais.planet-allier.com/index.htm
Crédits : Adeline Barraud, Wiki : Clem Rutter, Syryatsu, Mehrerau