Eglise Saint-Loup – Ingré

Proposée par : Pascale de Barrochez
INGRE
place de la Mairie - 45140
Fondation du Patrimoine
Monument Historique
L’église paroissiale Saint-Loup d’Ingré est un imposant édifice à plan basilical, voûté sur croisées d’ogives, construite pour l’essentiel aux XVe et XVIe siècles. C'est l'une des plus grandes églises de la région : elle peut contenir jusqu'à 1000 personnes. Elle est placée sous la double protection de Saint Loup (depuis ses origines) et de Saint Ambroise (probablement en hommage à Ambroise Maréchal).Son portail renaissance sur la façade Ouest dite « Porte Santerre », est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1925.L’église conserve un mobilier religieux de grande qualité, dont certains éléments bénéficient d’une protection Monuments Historiques au titre des objets mobiliers, notamment un maître-autel et un tabernacle en bois sculpté, des ornements sacerdotaux du XVIIIe siècle, un bas-relief en pierre...Nous vous proposons d'entrer par la porte principale, située rue de la Poste.

La Paroisse vous accueille

La commune vous reçoit..

Les origines

Au Moyen Age, Ingré dépendait de la vicairerie de Muids.

L'église d'Ingré serait construite sur les ruines d'un ancien fort du moyen-âge.

Les premières traces que l'on trouve sur l'église et la commune d'Ingré remontent à l'an 946.

A cette époque, Hugues le Grand, comte d'Orléans, père d’Hugues Capet, fait don de la Seigneurie d’Ingré au chapitre de la Cathédrale de Chartres. La Seigneurie comprend les terres, les hameaux et bâtiments, et par conséquent l'église. En contrepartie du don, il demande aux chanoines de Chartres de prier pour lui et sa famille. Les chanoines nomment un prévôt, seigneur de Haute Justice, qui nomme le curé.

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XVe siècle

1429 : Guerre de Cent Ans.

Jeanne d'Arc combat les Anglais dans l'Orléanais. Elle délivre Orléans cette année-là. Les Anglais détruisent la nef de l'église.

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XVIe siècle

Après les vicissitudes de la guerre de Cent Ans, l’église est reconstruite en gothique flamboyant.

Le clocher est construit à la fin du 15e siècle.

La grande nef et les bas-côtés (nefs de la Sainte Vierge et Saint Vincent) sont du 16e siècle (la date de 1536 est inscrite sur le formeret (arc latéral d'une travée, parallèle à l'axe principal de la voûte d'un édifice)de l’arrière sacristie).

Un portail est percé au milieu du nouveau bas-côté pour accéder directement de l’église au cimetière.

1542 : Edification de la porte Santerre (style renaissance), qui ouvre sur la nef Saint Vincent. Cette porte a été inscrite aux Monuments Historiques en 1925. Restaurée en 2008, elle a retrouvé l’éclat de sa jeunesse.(illustration)

1562 : Les Huguenots dynamitent la voûte centrale, les arcs-boutants et décapitent les personnages de la Dormition de la Vierge. On remplace la voûte centrale par un plafond plat.

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XVIIe siècle

1616 : Construction d'une chapelle qui recevra en 1626 les fonts baptismaux. Ces derniers seront déplacés plusieurs fois dans l'église.

Ils se trouvent actuellement au fond de la nef Saint Loup.

A l’extérieur de l’église, au-dessus du vitrail, on peut lire une inscription portant le nom des témoins de la construction ainsi que la date. Ces témoins sont les membres du conseil de fabrique, c’est-à-dire les laïcs chargés de l’entretien matériel de l’église.

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XVIIIe siècle

On agrandit l'église avec la nef de Saint Loup et on fait une façade classique.

Pendant la révolution, l’abbé Chevrier, curé d'Ingré, continue de célébrer publiquement la messe dominicale malgré les interdictions, sauf pendant l'année de la Terreur.

Aucun des nombreux prêtres qui se sont retirés à Ingré ne sera dénoncé.

Les premiers maires sont élus dans les communes. C'est l’abbé Chevrier qui est élu maire d'Ingré. Il démissionne le 29 mai 1791, après la condamnation de la constitution civile du clergé par le pape Pie VI.

pour subvenir aux besoins des révolutionnaires et de la patrie : Fonte des croix et chandeliers (1792) Les cloches de l'église sont fondues à leur tour (1793) (illustration : décret ordonnant la fonte des cloches)
L'église sera fermée jusqu'en 1795.

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XIXe siècle

C'est l'époque des grands travaux et de l'embellissement de l'église. « Nous voulons faire de notre église un musée que l'on viendra voir de loin » Abbé Bauchet

12 pluviôse 1802 (?) : Réfection du clocher avec 4 lucarnes (elles seront enlevées en 1937). Trois nouvelles cloches sont refondues : PAULINE (1 674 livres ¾) MARIE (1 249 livres ¾) SOPHIE (890 livres ¾)

Edification du sanctuaire sur le côté sud de l'église.

Edification de l’abside du chœur ; auparavant le chevet de l'église était plat.

Agrandissement de la sacristie.

Installation des balustres de communion.

Installation de l'autel Saint Vincent.

Achat d'un chemin de croix (3182 livres)

Installation de l'autel de la Vierge.

Réfection des fenêtres dans la nef par David d'Orléans.

Installation de l'autel Saint Loup. Dallage de l'église.

Installation du tableau de la résurrection de F.H. Laloue, élève d'Hersant (école de David).

Fonte et bénédiction de la grosse cloche. 1885 (illustration)

Démontage de l'orgue et du plafond en bois édifié après la Révolution. La voûte est reconstruite en briques et plâtre.

Peinture du Sanctuaire (abside du chœur) par Sillis d'Orléans.

Sculpture de l'autel Saint Vincent par M. Bérard. 1887 – 1888 : Grande porte de la place refaite (date 1887 sur poignée).

1892 : Les vitraux des quatre fenêtres de la nef Saint Loup sont décorés de grisaille par Testu, maître verrier à Orléans

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Le XXe siècle

Réparation du clocher. On enlève les quatre lucarnes. Achat du nouveau chemin de croix. Installation de l’autel du chœur fabriqué avec des bois de pressoir pour rappeler l’activité viticole des habitants, commandé par l’abbé Richaud, curé d’Ingré, en 1964. Les cloches sont électrifiées. La grosse cloche de 1858 est refondue pour en faire une nouvelle : Marie Nathalie Charlotte Le chœur de l’église est restauré et le décor de l’abside est caché par un enduit à la chaux.

La mairie pave et aménage la place publique devant l'église.

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Le XXIe siècle

Les travaux de restauration se poursuivent. Parmi les réalisations les plus récentes figurent l'ouverture et la superbe restauration de la porte renaissance en 2007/2008.

Eglise Saint-Loup – Ingré - L'histoire
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C'est une église assez imposante, située sur une élévation du territoire de la commune, reconnaissable par son clocher (fin du XVème), partie la plus ancienne, dépourvue de transept.

Avec ses quatre nefs, elle est presque carrée : 27m (longueur) sur 22m (largeur)

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Les portails

Elle s'ouvre par un portail latéral sur un perron donnant sur la place de la mairie,

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et deux portails sur la façade ouest, l'un romano-gothique et l'autre ouvert à la Renaissance.

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La porte renaissance ou porte Santerre

Porte Renaissance longtemps murée, sur la façade occidentale du bas-côté Sud. Elle a été merveilleusement restaurée en 2007.

Elle est inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 10 novembre 1925.

Texte apparaissant au-dessus de la porte Santerre :
"Ja. Lecompte et Pi. Augras : aufri Ro. Lemaréchal estant gaiger pour lors certifient que fut fait ce présent portal – 1544."

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Les façades latérales

Les façades latérales sont rythmées par des contreforts.

Meilleure illustration en attente. Merci pour vos envois

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Le chevet

Le chevet est plat et percé d'une grande verrière composée de 4 partie. Une rosace la surmonte mais n'est plus visible de l'intérieur.

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Le plan général

Cette église, ancienne collégiale, se compose d'une nef, de deux bas-côtés et d'un clocher de la fin du 15e siècle avec certaines parties du 16e. Le second bas-côté sud a été ajouté en 1622 et l'abside date de 1860.

L'ancienne salle capitulaire, du début du 16e siècle, sert de sacristie.

Les bas-côtés possèdent encore leurs voûtes en maçonnerie.

L'ancienne salle capitulaire, du début du 16e siècle, sert de sacristie.

Quatre nefs !

L'intérieur de cette église est composée d'une nef principale et trois basses nefs : une au nord et deux au sud.

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La nef principale

La nef principale est éclairée par de larges fenêtres. Elle a été voûtée en briques à plat en 1860.

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Le chœur - l'abside

L'abside date de 1860.

Ses murs étaient autrefois peints : la partie supérieure en bleu nuit et parsemée d’étoiles dorées, la partie inférieure avait des motifs géométriques jaunes et verts, le sol était composé de carrelage noir et blanc.

De part et d’autre du maître autel, deux statues représentant Saint Loup et Saint Ambroise.

illustration : L'abside du chœur avant 1970 avec les statues de Saint Loup et Saint Ambroise

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L'autel

Autrefois, la messe était célébrée dos au peuple. C’est le Concile Vatican II, dans les années 60, qui a instauré la célébration de l’eucharistie face à l’assemblée qui peut ainsi célébrer avec le prêtre.

Un n nouvel autel a alors été commandé par le curé d’Ingré, l’abbé Richaud en 1964. Il a été construit avec des bois de pressoir, rappelant ainsi l’ancienne activité viticole des habitants.

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Le tabernacle

C’est le lieu sacré où les chrétiens adorent la Présence réelle de Jésus, Pain de Dieu. Là, nous sommes invités à prendre le temps de l’Adoration (du latin adorare, prier), temps de la prière pour les frères et les sœurs chrétiens et tous les hommes avec les mots venus du cœur.

Ce Tabernacle en bois doré du XVIIIe a été classé Monument Historique en 1932.

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Les tableaux - la Résurrection

Un tableau représentant la Résurrection orne le fond du choeur.

Ce tableau peint par F. H. Laloue, élève d’Hersant (école de David) date de 1857.

On peut observer le mouvement. Tous les figurants bougent dans ce tableau. Il est dynamique. Même les soldats romains qui étaient sensés dormir d’après l’Evangile, sont bien réveillés. Notons le personnage de gauche face à l’observateur qui semble le prendre à témoin

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Mgr Ambroise Maréchal

Au dessus de la porte de la sacristie se trouve un tableau représentant Mgr Ambroise Maréchal, troisième primat des Etats-Unis au début du XIXème siècle et natif d'Ingré. Il aurait vendu sa maison natale au profit de la construction de la cathédrale de Baltimore. (voir cha^pitre : Un évêque américain

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L'autel de la Vierge

La basse nef nord ne comporte pas de fenêtre et est dirigée vers l'autel de la Vierge, du XVIIIe siècle.

Le bas-relief sculpté en pierre de Denis de Jargeau date du 16ème siècle. Il est encastré sur un autel en bois taillé du 17ème siècle (classé aux MH en 1970). Il représente la Dormition de la Vierge.

Les têtes des personnages ont été probablement détruites lors des guerres de religion dans la deuxième moitié du 16ème siècle. Il n’est donc pas resté longtemps intact entre sa création et son vandalisme. Un bas- relief similaire existe encore entier dans l’église de Lorges (Loir et Cher).

illustration : Statue de la Vierge, au-dessus du bas-relief de la dormition de la Vierge

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La seconde basse nef sud

Ce second bas-côté sud a été ajouté en 1622,il s'ouvre sur l'autel de Saint Loup, patron de la paroisse et comporte les fonts baptismaux du côté occidental.

Les fonts baptismaux (classés aux Monuments Historiques depuis 1997) sont en pierre et datent de 1626. Autrefois un bassin en cuivre était probablement placé dans la cuvette pour accueillir l’enfant à baptiser. Un système de canalisation permettait de ne pas perdre l’eau bénite qui s’en allait vers la cuvette des fonts jusqu’à la terre du cimetière qui entourait l’église.

(du latin fons, source). On appelle ainsi le bassin ou la cuve destinée à recevoir l’eau baptismale ; l’expression désigne également le lieu où ils sont placés. Aux premiers temps du christianisme, on baptisait aussi bien par immersion que par aspersion (verser un peu d’eau sur la tête). Les fonts étaient alors généralement une sorte de bassin de pierre, quelques fois en forme de croix, creusés dans le sol du baptistère et contenant de l’eau. Le futur baptisé s’y tenait debout, pendant que le célébrant, prêtre ou diacre, versait de l’eau sur la tête. Le baptême par immersion a pratiquement disparu à partir de la période carolingienne, sauf en Orient. Les fonts ont pris alors la forme d’une cuve plus ou moins grande, plus ou moins ouvragée, en pierre ou en métal, placée à hauteur de main sur un soubassement, et recouverte d’un couvercle pour garder sa propreté à l’eau baptismale. Dans la plupart des églises, les fonts baptismaux sont placés dans une chapelle spéciale, portant le nom de baptistère comme le bâtiment séparé où ils se trouvaient à l’origine. (Théo)

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La première basse nef sud

La première basse nef sud est dite nef de st Vincent puisqu'elle se termine par un autel surmonté d'une statue de Saint Vincent.

Illustration en attente, merci pour vos envois

La dalle d'Estienne Langlois

Au coin sud-ouest de la nef Saint Loup, près des fonts baptismaux, vous trouverez une pierre gravée. Il s'agirait d'une pierre tombale de l'ancien cimetière. A-t-on construit la nef sur cette pierre ou bien a-t-elle était ramenée ?

Voici l'épithaphe gravée sur cette dalle :

CI GIT DEFUNT ESTIENNE LANGLOIS TISSIER EN TOILE DEMOURANT
A CEILIERS PAROISSE D’INGRE
NATIF ST MARTIN DES CHMPS
DICT MAUVAISVILLE FORSBOURG DARGENTEN EN NORMANDIE
LEQUEL DECEDA LE 9 OCTOBRE
1603
LEQUEL DEFFUNCT A DONNE PAR SON TESTAMENT PASSE EN LA PRESENCE DE PIERRE DELESCLUZE NOTAIRE AU CHIET DORIE LE 6ME DE FEVVRIER AU DICT AN 1603
LA SOMME DE SOIXANTE SOL DE RANTE FONCIERE A LA CHARGE DE FAIRE DIRE TROIS MESSE HAUTE A PERPETUITE AU PARREIL IO QUIL EST DECEDDE .E. A LA CONFRAIRIE DES TREPASSEZ TRENTE SOL

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L'Annonciation

Une reproduction de l'Annonciation de Leonard de Vinci est un don récent de l'Association locale d'art à la commune qui l'a placée près de l'autel de la Vierge, sur le mur nord.

Illustration en attente, merci pour vos envois

La porte ouest

Vous allez sortir par la porte ouest s'ouvre sous le clocher.

On reconnaît à cet endroit dans les culots de la voute des culs de lampe Louis XII représentant les quatre Evangélistes.

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texte en attente - merci

Dans la partie basse de cette verrière, quatre saints vénérés dans cette église.

Eglise Saint-Loup – Ingré - Les vitraux du chevet

Sainte Barbara (ou sainte Barbe) à gauche

Sainte Barbara (ou Ste Barbe) est fêtée chaque année le 4 décembre. Sa tradition se situe à Nicomédie (aujourd'hui Izmit, ville de Turquie) au IIIe siècle. Belle et noble jeune fille, Barbe aurait été enfermée dans une tour par son père Dioscore qui voulait la soustraire aux sollicitations du monde. De retour d'un voyage Dioscore apprend que sa fille s'est convertie au catholicisme : il la livre au Gouverneur qui la fait supplicier et décapiter par Dioscore lui-même. A peine a-t-il terminé, qu'il est frappé par la foudre. La tour, au cours des âges, finit par se confondre avec une poudrière. Invoquée contre la foudre et l'incendie (à cause de la mort de son père), Sainte Barbe est la Sainte Patronne des artificiers, des artilleurs et des mineurs, comme des Sapeurs-Pompiers.

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Saint Ambroise au centre droit

Fils d'un préfet du prétoire, lui-même était gouverneur des provinces Emilie-Ligurie quand, en 374, mourut Auxence, évêque arien de Milan.

L'assemblée qui devait élire son successeur s'annonçait tumultueuse, orthodoxes et ariens s'y affronteraient; peut-être le sang coulerait-il ?

Ambroise s'y rendit au nom de l'empereur. Il parla si bien de la paix à ces chrétiens divisés, que ceux-ci virent en lui l'homme le plus capable de la leur rendre. Tous s'écrièrent : "C'est Ambroise qu'il nous faut comme évêque!" L'empereur ratifia leur choix et, dans les semaines suivantes, Ambroise, qui était encore catéchumène, reçut le baptême, le sacerdoce et le sacre épiscopal (7 décembre 374).

Tant qu'il vécut, il fut la grande voix de l'Église en Occident. Ce fut lui qui traça pour les chefs d'États chrétiens, la ligne de conduite qu'ils eussent à tenir dans leurs rapports avec l'autorité ecclésiastique : ils devaient, selon lui, apporter l'aide de l'État aux chrétiens, et la refuser, sans pour autant les persécuter, à ceux qui ne l'étaient pas.

Pour sa part, il eut toujours le dessus, lorsqu'il se mesura aux autorités impériales. Il empêcha Justine, l'impératrice régente, de donner des églises aux ariens, et Valentinien II de replacer un autel païen dans l'enceinte du Sénat ; il obligea Théodose le Grand à demander publiquement pardon pour avoir fait tuer en masse les Thessaloniciens révoltés (390).

Tout cela ne doit pas faire oublier qu'il fut avant tout un pasteur préoccupé du bien des âmes. Sans cesse il prêchait pour les instruire, les détourner de l'erreur les porter à la piété. Il ranima le culte des martyrs milanais Gervais et Protais ; il introduisit dans les églises latines l'usage grec de chanter des hymnes, qui étaient à la fois des résumés du dogme et des prières.

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Saint Vincent au centre gauche

Vers l'an 300, l'empire romain, fragilisé, régnait par la terreur, en exigeant un culte inconditionnel à l'Empereur. Toute autre forme de religion était considérée comme un contrepouvoir. On ne se souvient plus du représentant de l'empereur, le très cruel Dacien, procurateur d’Aragon, mais celui qui n'a pas faibli devant la torture est devenu célèbre.

Vincent, homme cultivé, s'était donné à Dieu dans le diaconat, pour être au service des pauvres et de la parole de Dieu.

Quand on exigea qu'il adore l'empereur, il eut la force de résister. Son martyr fut horrible : écartèlement, lacérations, brûlures, de bien cruels supplices qu'il endura avec un invincible courage avant de rendre son âme à Dieu le 22 janvier de l'an 304. L'enthousiasme populaire a peut- être ajouté quelques merveilles à ces faits : la vive lueur qui régnait dans le cachot où gisait le corps du supplicié agonisant sur des tessons acérés, le loup qui défendait la dépouille du Saint contre les rapaces, le retour immédiat au rivage de son corps jeté en pleine mer... Quoiqu'il en soit, Vincent a été très vite vénéré. Ses tortures devaient être dissuasives, l'effet en fut contraire: elles transformèrent le supplicié en exemple. Saint Augustin et le Pape Léon le Grand ont recommandé avec force louanges qu'on fasse mémoire de ce saint.

Pourquoi les vignerons l'ont-ils choisi comme Saint Patron ? Une des raisons évoquées serait qu’il fut torturé sur une maie de pressoir. Est-ce la vraie raison ? Peut-être également par analogie avec le vin qui provient d'une vigne "torturée" par la taille, d'une grappe "écrasée", à cause du jus sucré sublimé en alcool par la fermentation, vin qui finalement réjouit le cœur de l'homme ? Ce peut être également le sang versé qui rappelle celui du Christ martyrisé pour nous sauver, sang que devient le vin consacré, à chaque eucharistie ? Vin changé en sang qui conduit à la vie éternelle ? Ou bien pour prendre le contre-pied du dieu du vin, Bacchus. Il est, en quelque sorte, le symbole de la décadence de Rome. Bacchus, image dégradante pour l'homme, était vaincue par la grandeur d'âme de ce nouveau patron. S'élever au-dessus du seul plaisir des sens n'est-ce pas le but recherché en créant de bons et délicieux produits.

Saint-Vincent est représenté en dalmatique, vêtement liturgique du diacre, montrant le livre de l'évangile qu'il devait proclamer et suivre, portant la palme des martyrs et une grappe de raisin, une serpette, instrument de son martyre (et de son métier) ou avec une grille, rappelant également ses tortures. II est vénéré partout où l'on fait du vin. On le trouve sur des vitraux, en statue, en image, dans des églises mais aussi dans des caves. Le renouveau dans l'attention qu'on lui porte devrait ne pas être détourné par le folklore, mais au contraire, conduire à la source : l'amour de Dieu et des hommes.

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Saint Loup (de Sens) à droite

Voici un extrait de la légende de Saint Loup de Sens, d'après la Légende Dorée de Jacques de Voragine.

Saint Loup, né à Orléans de famille royale, resplendissait de toutes les vertus quand il fut élu archevêque de Sens. Il donnait presque tout aux pauvres, et un jour qu'il avait invité beaucoup de personnes à manger, il n'avait pas assez de vin pour suffire jusqu'au milieu du repas; il dit alors à l'officier qui l'en prévenait : "je crois que Dieu, qui repaît les oiseaux, viendra au secours de notre charité." Et à l'instant se présenta un messager qui annonça cent muids de vin à la porte.

Les gens de la cour l'attaquaient vivement d'aimer sans mesure une vierge, servante de Dieu, et fille de son prédécesseur ; en présence de ses détracteurs, il prit cette vierge et l'embrassa en disant : "Les paroles d'autrui ne nuisent pas à celui auquel sa propre conscience ne reproche rien." En effet, comme il savait que cette vierge aimait Dieu ardemment, il la chérissait avec une intention très pure.

Clotaire, roi des Francs, entrant en Bourgogne, avait envoyé, contre les habitants de Sens, son sénéchal qui se mit en devoir d'assiéger la ville, Saint Loup entra dans l'église de Saint Etienne et se mit à sonner la cloche. En l'entendant, les ennemis furent saisis d'une si grande frayeur qu'ils crurent ne pouvoir échapper à la mort, s'ils ne prenaient la fuite.

Enfin après s'être rendu maître du royaume de Bourgogne, le roi envoya un autre sénéchal à Sens, et comme saint Loup n'était pas venu au-devant de lui avec des présents, le sénéchal outré le diffama auprès du roi afin que celui-ci l'envoyât en exil.

Saint Loup y brilla par sa doctrine et par ses miracles.

Pendant ce temps-là, les Sénonais tuèrent un évêque usurpateur du siège de Saint Loup et demandèrent au roi de rappeler le saint de son exil.

Quand le roi vit revenir cet homme si mortifié, Dieu permit qu'il fût changé, à son égard, au point de se prosterner à ses pieds en lui demandant pardon. Il le combla de présents et le rétablit dans sa ville.

En revenant par Paris, une grande foule de prisonniers dont les cachots s'étaient ouverts et qui avaient été délivrés de leurs fers vint à sa rencontre. Un dimanche, pendant qu'il célébrait la messe, une pierre précieuse tomba du ciel dans son saint calice, et le roi la déposa avec ses autres reliques.

Le roi Clotaire, entendant que la cloche de Saint-Etienne avait des sons admirablement doux, donna des ordres pour qu'on la transportât à Paris afin de pouvoir l'entendre plus souvent.

Mais comme cela déplaisait à Saint Loup, aussitôt que la cloche eut été sortie de Sens, elle perdit le moelleux de ses sons.

A cette nouvelle, le roi la fit restituer à l'instant et aussitôt après elle rendit un son qui fut entendu dans la ville d'où elle était éloignée de sept milles. C'est pourquoi Saint Loup alla au-devant de ce qu'il regrettait d'avoir perdu et reçut la cloche avec honneur.

Enfin après s'être rendu illustre, par une foule de vertus, il reposa en paix, vers l'an 610, du temps d'Héraclius.

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Mgr Ambroise Marechal

Ambroise Maréchal est né le 5 décembre 1768 à Ingré, d’un père commerçant, mercier-drapier, et de Jeanne Grimault. De ses cinq frères et sœurs, morts en bas âge, seule restera Marguerite, qui épousera Antoine Mesure, commerçant de la rue des Carmes à Orléans ; tous deux resteront en étroite correspondance avec leur frère et beau-frère.

Brillant élève, il entre au grand Séminaire à 16 ans. Voyant le mécontentement de ses parents, il commence des études de droit, mais retourne au Séminaire où est sa vocation. Esprit supérieur, il se montre vis à vis de ses confrères, aimable, doux et ouvert. En 1790, il part à Paris pour entrer dans la compagnie de St Sulpice où se forment les professeurs de séminaire...

Eglise Saint-Loup – Ingré - Ingré donne un évêque aux américains

Troisième archevêque de Baltimore, primat des Etats-Unis

La Révolution et la Terreur sévissant, les séminaires ferment.

Mgr Emery fit ordonner secrètement Ambroise Maréchal, et l’envoya avec deux autres aux Etats-Unis sans qu’il ait même le temps de célébrer sa première messe. Le Séminaire de Baltimore venait d’être créé et c’est là qu’il put dire sa première messe, le 24 juin 1792.

Il fut d’abord envoyé dans une ferme où il put apprendre à parler anglais.

Puis il revint à Baltimore pour enseigner la théologie, la philosophie et les mathématiques.

La Révolution passée, Mgr Emery rappelle ses prêtres d’Amérique pour rétablir les séminaires. Ambroise Maréchal fut nommé à St Flour, puis à Aix et enfin à Lyon.

En 1811, Napoléon supprime la compagnie de St Sulpice et Ambroise Maréchal est renvoyé à Baltimore comme professeur au séminaire.

En 1815, il évite une nomination à l’évêché de New York, puis de Philadelphie. Mais en 1817, Rome lui impose sa nomination en tant qu’évêque coadjuteur de l’Archevêque puis, quelques mois après, sa succession. Baltimore est alors primat des Etats-Unis avec 10 000 habitants ! Sa nomination fut bien acceptée par le clergé anglo-saxon qui reconnaissait ses qualités intellectuelles (il édita des livres de mathématiques !), spirituelles, son amabilité, sa douceur, sa modestie et sa ténacité.

Il ne va pas tarder à montrer ses qualités car, à ce moment-là, les conseils laïcs d’administration des paroisses, les « Trustees » avaient la prétention de tout diriger jusqu’aux nominations des curés et même des évêques.

En mai 1821, il eut la joie de consacrer la nouvelle cathédrale commencée par ses prédécesseurs en 1803, inachevée faute de crédits (illustration).

Il donna lui-même 10 000 F qui venait de la vente de la maison de ses parents et fit venir l’autel de marbre que lui avaient donné ses anciens élèves d’Aix.

En octobre 1821, il partit pour Rome où il séjourna 7 mois accueilli par le pape Pie VII et les cardinaux éclairés sur la situation du Nouveau Monde.

De retour à Baltimore, il vit en 1825 la fondation de congrégations religieuses pour les noirs, célébra le jubilé où il y eut de nombreuses conversions et reprit ses tournées à cheval.

Mais il prit froid, son rhume se changea en asthme et il se prépara à mourir le 28 janvier 1828 à 60 ans.

Ses obsèques furent un triomphe, non seulement pour les catholiques, mais aussi pour les protestants. Il fut enterré dans sa cathédrale.

Il fut comparé à St François de Sales pour son caractère, sa force d’âme, sa doctrine sûre, ses conseils judicieux.

Il reste néanmoins enfant d’Ingré, ayant porté au-delà de l’océan, dans les territoires du Nouveau Monde, ses qualités de Français et de prêtre.

Eglise Saint-Loup – Ingré - Ingré donne un évêque aux américains

Visite

L'église est ouverte tous les jours de 9h à 19h (environ, selon les saisons)

Contact

Paroisse d'Ingré, Ormes, Bucy Presbytère : 6 rue de la Garenne, 45140, Ingré02 38 74 87 33La messe est célébrée tous les samedis soir à 18h30
Mairie d'Ingré Mairie d'Ingré 14 place de la Mairie 45140 Ingré Tel : 02 38 22 85 22Du Lundi au Vendredi de 8h30 à 12h00 et de 13h30 à 17h30
Sources : Les informations contenues dans ce document sont extraites des archives de l’abbé Richaud, ancien curé d'Ingré, qui a rassemblé des documents des archives départe- mentales du Loiret et d'Eure et Loir ainsi que des archives des Evêchés des mêmes départements, des extraits de notes de M. Soyer, ancien directeur des archives départe- mentales du Loiret parues dans "Mélanges d’histoires orléanaises – 1950" . Les cartes postales sont extraites de la collection de Monsieur Bernard Maubailly. Les photos sont de Bernard Maubailly, Pierre Courtemanche et Pascale de Barochez.
Crédits : Pascale de Barrochez Bernard Maubailly Paroisse Wiki Comons : Croquant,François Goglins Fondation du Patrimoine Wga.hu