Eglise Saint-Pierre

Proposée par :
Saint Pée sur Nivelle
rue de l'Eglise - 64310
Chemin de St Jacques
Monument Historique
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Construite à la fin du XVe siècle et remaniée au XVIIIe siècle, cette grande église domine le village avec ses dimensions imposantes. Elle possède un imposant clocher-tour qui a la particularité d'avoir des contreforts. Le magnifique retable du XVIIIe siècle est classé Monument Historique. Moyennant un euro, un minuteur situé à l'entrée de la nef, au dessus du bénitier à gauche en entrant, vous offre un guidage du monument avec son, musique et lumière.

Au XVe - XVIe siècle

La première église de Saint-Pée-Sur-Nivelle se trouvait probablement à Ibarron, un des premiers quartiers habité, en dehors du village.

La première église sur l'emplacement actuel au centre du bourg, fut construite au XVe ou au début du XVIe siècle.

Elle devait être basse et fut agrandie au XVIe siècle avec l'ajout de premières galeries en bois pour faire face à l'augmentation de la population.

Eglise Saint-Pierre - Histoire

Au XVIIe siècle

À la fin du XVIe siècle, l'église est pillée et brûlée par les Espagnols et à partir de 1606 des travaux importants de restauration sont entrepris.

Il est probable que ce soit à l'occasion de cette campagne de restauration que l'église ait été rehaussée pour pouvoir accueillir un troisième étage de tribunes.

Au XVIIIe siècle

Elle est remaniée au XVIIIe siècle avec notamment la création du grand retable dans le choeur.

En 1781 la foudre tombe sur le clocher et cause de gros dégâts.

Pendant la Révolution, l'église est, comme les autres, pillée, désaffectée et subit de fortes dégradations.

Aux XIXe et XXe siècles

Elle sera restaurée une première fois en 1830.

En 1979 une restauration et un réaménagement lui donnent son aspect actuel.

Façade Est

La rue d'accès du village donne sur la façade Est.

Elle est sans ouvertures et abrite la sacristie.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Une fontaine indique aux pèlerins la distance jusqu'à Compostelle : 780 kilomètres.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Façade Sud

La façade sud est sobre.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Sur cette façade est installé à hauteur du chevet un cadran solaire daté de 1738.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

En son milieu, une jolie porte latérale, surmontée d'un tympan, est encadrée de deux cyprès.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Une particularité visible au bas de cette façade à proximité de la tour-porche : un cours d'eau court sous l'église.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Façade Nord

Le long de la façade Nord, un escalier mène directement au premier étage des tribunes, autrefois exclusivement réservées aux hommes.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

La porte des Cagots

À droite de la porte donnant accès au premier étage des tribunes, on peut apercevoir une porte murée. C'était la porte des "Cagots".

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Les Cagots ... une "sous-population" ?

Parias parmi les parias, les Cagots peuvent être comparés aux intouchables indiens.

Ils furent présents dans toute l’Europe au Moyen-Âge. En Bretagne, dans le Bas-Poitou, en Guyenne, en Gascogne, au Pays Basque, en Navarre et en Béarn.

Les montagnes des Pyrénées, pourtant terres de refuge où les ségrégations eurent peu de prise, terre des Cathares, furent néanmoins le lieu où le phénomène des Cagots fût le plus appuyé.

Leur origine reste mystérieuse, plusieurs thèses sont évoquées, allant de Wisigoths battus par Clovis à Poitiers, aux Sarazins, juifs, cathares, lépreux…

Il est cependant probable qu’ils soient les descendants d’un peuple vaincu par les armes. Le nom même de "cagot" est d’origine incertaine.

Race maudite à vie, leur condition était mentionnée dès la naissance dans l’acte de baptême, célébré à la nuit tombée, sans carillons.

Ils ne portaient pas de nom mais un prénom suivi du terme Chrestiaa, Cagot, Gézitain.

Une fois morts ils étaient inhumés à l’écart des "vrais chrétiens".

Parmi la longue liste des interdits on peut citer : le mariage avec des non-cagots, l’exercice de certains métiers en rapport avec l’eau, la terre, le feu, les aliments, porter une arme ou un objet tranchant.

À l’origine des ces interdictions on retrouvait la peur de la lèpre dont les cagots étaient tous censés êtres infectés.

Malgré ces interdictions draconiennes, ils peuvent occuper des postes de chirurgiens ou sages-femmes et on leur prête des vertus de guérisseurs.

La plupart sont charpentiers (le bois avait la réputation de ne pas transmettre la lèpre), vanniers, tisserands, maçons, parfois réputés et appréciés pour leur travail, d’autant que, généralement, ils ne reçoivent pas de salaire et sont seulement exonérés d’impôt.

Dans certains endroits ils devaient porter une patte de canard ou d’oie d’étoffe rouge cousue sur leurs vêtements.

Ils sont parqués au fond de l’église lors de l’office, ils ont un bénitier distinct, parfois même ils ont une porte spéciale, plus petite, les obligeant à se courber pour entrer.

Ils vivent dans des quartiers spéciaux, souvent en lieu et place d’anciennes léproseries, vont chercher l’eau à des fontaines spéciales.

Malheur à celui qui oublierait sa condition et ses contraintes : en 1741, un cagot maître charpentier de Moumour eut les pieds percés au fer rouge pour avoir voulu cultiver la terre.

Malgré cette disgrâce, ils dépendent directement de l’église.

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

Façade Ouest

La façade Ouest est intégralement occupée par une façade aveugle de la tour porche massive et renforcée de contreforts.

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La plaque du martyr Théophile Bonnet

Sous le porche est posée une plaque à la mémoire de Théophile Bonnet, prêtre des Missions Etrangères de Paris (1921-1961), natif de Saint-Pée et qui est mort en martyr à Kontum dans les plateaux du centre du Viêtnam.

Théophile Bonnet, né le 28 août 1926 à Saint Pée-sur-Nivelle, entre le 1er octobre l945 aux Missions Etrangères, où il sera ordonné prêtre le 23 décembre l950.

Agrégé le 1er juin 1951, il reçoit sa destination pour Kontum le 17 juin et part le 25 septembre suivant pour le Vietnam.

Il étudie d’abord le vietnamien à Ruông-Lao, puis à la plantation de Biën-hô, près de Pleiku.

En 1953 il fait un court séjour à An-khé pour s’occuper des fidèles, puis revint à Kontum, mais en 1954, devant la menace des communistes, il se réfugie à Saigon pour quelques temps.

Revenu dans son diocèse, il est envoyé en 1956 à Kon Boban pour y apprendre la langue bahnar, mais la solitude lui pesant un peu, il demande peu après à venir cohabiter avec le P. Rannou à Kon Jodreh.

Il continue alors d’assurer le service du poste de Kon Boban, et prête main-forte en même temps à son confrère, en s’occupant notamment de la construction du presbytère, de l’église et de l’école du village.

En 1960-61, il dirige pendant quelques mois l’école des catéchistes à Kontum, puis prend un congé en France.

A son retour, il reçoit la lourde responsabilité du poste de Kon-Kola, où le P. Minh, prêtre vietnamien, a été tué à coups de gourdins par les Viêt-công.

Il connaît le danger qu’il court, les communistes considérant comme gênante sa présence dans cette zone sensible, mais il accepte cette charge.

Le 12 décembre 1961, il fait la visite des villages de Wang Kleng et de Kon Jrau et arrive à la nuit tombante à Ro-Nge.

Des chrétiens accourent alors à sa rencontre et le prient de rester hors du village, qui est occupé par des partisans communistes, mais il ne veut pas reculer et vient passer la nuit dans la sacristie.

Le lendemain matin, il reçoit les confessions et célèbre la messe, puis s’empresse de partir, mais à 500 mètres du village, alors qu’il traverse un gué, il est abattu d’une rafale de mitraillette.

Son corps sera d’abord transporté à Kon-Kola par de jeunes Bahnars qui l’accompagnaient, puis à Kontum, où il sera inhumé.

On donnera quelques années plus tard le nom de “Minh-Quy” au nouvel hôpital catholique de Kontum, en souvenir des deux prêtres martyrs de Ko-nge, les pères Minh et Quy (nom vietnamien du Père Théophile Bonnet).

Eglise Saint-Pierre - Extérieur

La porte d'entrée

La porte d'entrée travaillée et peinte de couleur vive donne accès à l'église.

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La nef

En pénétrant dans l'église on découvre une vaste nef entourée de trois étages de tribunes en bois ouvragées.

Le regard est très vite attiré par un important retable dans le choeur.

Les tribunes

Comme dans toutes les églises basques, les tribunes étaient autrefois réservées exclusivement aux hommes.

Le travail de charpente des trois étages est ici particulièrement abouti.

Eglise Saint-Pierre - Intérieur

Le retable

Le majestueux retable en bois doré sculpté présente des lignes néo-classiques de style Louis XVI. Il été réalisé entre 1750 et 1785.

Les compartiments symétriques qui entourent la statue de Saint Pierre sont séparés non pas par des colonnes torses comme dans les retables baroques mais par des pilastres peints en faux marbre bordés d'or.

Il est d'origine et a été inscrit aux monuments historiques dès 1918.

Il est surmonté d'une coupole en forme de coquille Saint-Jacques, rappelant que l'église était une étape sur le chemin de Compostelle.

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La partie centrale

La partie centrale est dans la ligne des enseignements du concile de Trente, donnant prédominance à la doctrine.

Saint-Pierre, chef de l'église est accompagné des quatre premiers docteurs de l'Eglise nommés en 1295 par le Pape Pie V.

Au centre la statue de saint Pierre est entourée de deux bas reliefs représentant deux scènes notables de sa vie. À gauche son reniement au chant du coq et à droite, l'ange qui le délivre de la prison de Jérusalem. La statue de Saint Pierre, volée pendant la Révolution a été remplacée par une autre sculptée en 1828 par le sieur Beguy.

Au sommet du retable, une très belle crucifixion avec la Vierge Marie et Saint Jean au pied de la Croix.

Eglise Saint-Pierre - Intérieur

Les premiers Docteurs de l'Eglise

À gauche, Saint Jérôme barbu est coiffé d'un chapeau de cardinal bien qu'il ne l'ait jamais été.

Saint Grégoire le Grand tient dans sa main droite La Croix à triple traverse réservée aux papes et dans sa main gauche un livre. Peut-être le chant grégorien qu'il a codifié?

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À droite, Saint Ambroise avec une mitre, porte un coffret qui pourrait être une chasse contenant des reliques. C'était un homme savant, qui se passionna pour la recherche de reliques des premiers chrétiens persécutés. C'est également lui qui imposa le mot "Missa" (messe) pour l'assemblée dominicale.

À ses côtés, Saint Augustin.

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Chapelles latérales

Les deux retables des chapelles latérales bien que de style baroque, différent du retable central forment avec lui une composition monumentale très harmonieuse.

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Chapelle de gauche

Dans la chapelle de gauche, sur l'autel, un buste de Saint Pierre.

À gauche un tableau en bois sculpté représentant Pilate se lavant les mains et condamne le Christ à mort.

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À droite un tableau en bois sculpté représentant la mise au tombeau.

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En partie basse du retable, trois satues.

Saint Jean-Baptiste - précurseur de Jésus -qu'il baptisera. Il est le saint national du Québec.

Sainte Marie - la statue représente la Vierge à l'enfant, Marie mère de Jésus.

Saint François d'Assise - fondateur de l'ordre des franciscains, il a consacré sa vie aux pauvres et aux démunis. C'est le saint patron des animaux.

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En partie haute, Saint Antoine de Padoue - patron des prisonniers et des marins et à partir du XVIIIe siècle , il sera invoqué pour retrouver des objets perdus.

Sainte Catherine d'Alexandrie - elle est fêtée le 25 novembre par les jeunes filles qui en sont pas mariées à 25 ans et elle est entre autres des couturiers, gardes d'enfants, notaires, plombiers, écoliers et étudiants.

Saint Vincent - il s'agit vraisemblablement de Saint Vincent de Saragosse, patron des vignerons, martyrisé à Valence en 304 ou 305.

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Au sommet une sculpture sur bois polychrome qui pourrait venir de la chapelle d'Otsanz consacrée à sainte Marie Madeleine.

La sainte est représentée à genoux devant la Croix, un vase de parfum à ses côtés. Au-dessous un crâne, le signe constant de la vie des ermites dans la méditation.

Pendant la Révolution, avant que les gardes nationaux ne saisissent les objets de valeur, les habitants de la maison Arretxea de Saint Pée en cachèrent quelques uns pour les restituer après la fin de l'Empire.

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Dans la chapelle de droite, à gauche de l'autel, un tableau en bois sculpté représente une femme embrassant le vêtement de Jésus au chemin de Croix.

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À droite un tableau en bois sculpté représente Jésus tombant à terre.

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Chapelle de droite

En partie basse du retable trois statues.

Saint Isidore - modèle du paysan représenté avec son instrument de labour. Un jour son maître, voulant vérifier qu'il travaillait, le découvrit en extase tandis que les boeufs continuaient leur travail comme s'ils étaient conduits par deux anges.

Saint Joseph - patron des travailleurs, il tient la règle du menuisier et la fleur, symbole de chasteté.

Saint Vincent de Paul - né dans les Landes, devenu prêtre, il fondera plusieurs congrégations au profit des oubliés de la société ( malades, galériens, réfugiés, illettrés et enfants trouvés).

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En partie haute, Saint Roch - pèlerin, il se dévoua aux soins des pestiférés. Il attrapa lui-même la maladie et se se réfugia dans une cabane où son chien lui apportait à manger. Rentré chez lui après sa guérison, personne ne le reconnut et il fut jeté en prison où il mourut.

Saint Dominique - fondateur de l'ordre des Dominicains. Confronté à la terrible persécution des Cathares et des Albigeois, il s'est toujours refusé à convertit autrement qu épar le prêche. Il tient à la main un rosaire car il est le fondateur de cette forme d dévotion.

Saint Jacques le Majeur - un des douze apôtres et frère de Jean l'évangéliste. Son bateau est orné de coquilles et il a la main le bâton de pèlerin. Hérode le fit décapiter et ses compagnons portèrent son corps en Espagne.

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Au sommet le panneau représente l'archange Saint Michel terrassant le démon.

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Le sol est pavé de dalles funéraires

Le sol est pavé de 83 dalles funéraires. Les paroissiens étaient autrefois enterrés dans l'église.

Parmi elles on notera une dalle datée de 1507, une belle date au pied de l'autel datée de 1674 (photo).

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Dalle de la "benoîte"

La dalle de la "benoîte" Jeanne Exail décédée en 1858 (photo).

La benoîte est une femme, jeune fille ou veuve qui s'engage à servir l'église pour le reste de ses jours.

Elle a la garde des clefs de l'église, est chargée du nettoyage du sanctuaire, de l'entretien des linges sacrés et des autels ainsi que des ornements sacerdotaux. Elle sonne également les cloches pour les offices, mais également pour éloigner les orages et la grêle.

Elle s'engage par contrat à servir l'Église pour le reste de sa vie, moyennant un logement, des redevances en nature (blé, maïs, pain), et des rétributions lors des cérémonies religieuses (baptêmes, mariages, enterrements).

Elle a la jouissance d'une petite maison et d'un jardin près de l'église et bénéficie de dons en nature (blé, maïs, pain) et de redevances lors des cérémonies. (

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Les statues de la nef

Sur le bas-côté gauche de la nef, la statue de Sainte Marie-Madeleine en bois doré date de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.

Elle fait probablement partie des objets mis à l'abri par les paroissiens pendant la Révolution.

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Notre-Dame de Lourdes

La statue de Notre-Dame de Lourdes avec son chapelet est installée à gauche de la nef dans une niche qui aurait peut-être abrité autrefois les restes du seigneur de Saint-Pée qui a décidé la construction de l'église.

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Sur le bas-côté droit de la nef, la statue du Sacré-Coeur représente Jésus portant un coeur couronné d'une flamme, symbole de son amour divin pour les hommes.

Eglise Saint-Pierre - Intérieur

La statue de Saint Blaise, en bois sculpté doré, date de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.

Elle pourrait provenir de la chapelle du quartier d'Amotz, dédiée à sainte Madeleine où l'on signale en 1779 l'existe de la "vieille confrérie de saint Blaise".

Il est le saint patron des menuisiers et des

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L'orgue

Il a été réalisé vers 1886 par la maison Merklin, qui a également réalisé plusieurs autres orgues au Pays Basque (Bayonne, Ustaritz, Urrugne).

En 1976-1977, le facteur Hervé de Bonnault réalise une transformation importante en ajoutant notamment un deuxième clavier.

En 1996 une rénovation complète de l'orgue permet d'obtenir une excellente sonorité et de nouveaux travaux de maintenance sont à nouveau entrepris en 2015.

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Visite

Ouverte du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h30 à 18h.

Contact

Mairie de Saint-Pée-sur-Nivelle
Paroisse Saint Esprit de la Rhune
Sources : Wikipedia, Culture et Patrimoine Sempere, Monumentum
Crédits : Wikimedia : Peter Potrowl, Thomon, Havang(nl), Daniel Villafruela, Harrieta171, HG64