Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues

Proposée par : Odile de Puymorin
Arcangues
Bourg - 64200
Plus beaux villages de France
Monument Historique
Google
Trip Advisor
monnuage
Très belle église du XIIe siècle sans doute remaniée au XVIe siècle et magnifiquement décorée d'objets classés (sculptures, tableaux, vitraux). Le cimetière qui l'entoure offre une vue à couper le souffle sur la chaîne des Pyrénées. À visiter sans hésiter. C'est un endroit où le temps s'arrête. Classée Monument Historique en 1925.

Un feuillet recto-verso est à votre disposition à l'entrée de l'église pour vous donner des détails sur tous les détails de l'église. Il a été réalisé en 2017 avec le concours de Sandrine Charlanne, Michel Salha, Philippe Echeverria , Charles Martin Ochoa de Ald, Gérard et Christiane Rittershaus, Mano Curutcharry et le père Dominique Sentucq, curé de la paroisse.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

L'antiquité

Arcangues conserve encore aujourd'hui des traces du passage de l’Homme au Paléolithique. Certains dictons basques font d'ailleurs référence à cette ancienneté. Ainsi peut-on dire "Basa jauna" (Homme d'arcangues, homme sauvage) ou "Dena makila, Arrangoitzeko"(Homme d'Arcangues, tout en bâton). Au IIIe siècle, Arcangues fait partie du territoire des Tarbelles, un des neuf peuples de la Novempopulanie ou Aquitania novempopulana, nom donné par l'administration impériale à l'Aquitaine ethnique de César, la partie sud de l'Aquitaine. (illustration : carte des peuples de la Gaule Aquitaine)

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

Le Moyen-Âge

C'est dès le XIe siècle qu'apparaît la commune. Son histoire est intimement liée à celle des seigneurs de la famille d’Arcangues, qui ont assuré les plus hautes charges régionales de 1540 à 1749 sans discontinuité. (illustration : armoiries de la famille d'Arcangues)

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

La légende

Selon une très ancienne légende, il avait été décidé de bâtir l'église sur une colline autre que celle sur laquelle elle est actuellement. Mais les "laminaks", ces petits lutins farceurs qui peuplent les légendes du Pays Basque en avaient décidé autrement et avaient, eux, choisi l'emplacement actuel. Si bien que lorsqu'on commença à déposer des matériaux sur le lieu primitivement choisi, les "laminaks", dans la nuit, les transportaient sur la colline de leur choix. On a prétendu aussi que ce n'étaient pas les "laminaks" qui étaient intervenus ainsi, mais des anges et c'est pourquoi le village aurait un peu leur nom. (illustration : une des nombreuses représentations de laminak, ici sous la forme d'un nain velu)

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

Le XVIe siècle : la construction

L'église d'Arcangues a été fondée en 1516 par Augier d'Arcangues.

Peu après la peste fait son apparition et le 8 février 1517 elle est signalée à Arcangues dans la maison Gaztelur (en basque "ancien château fort" ou "vieux château").

En 1523 ce sont les troupes espagnoles qui dévastent la campagne environnante.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

Au XVIIIe siècle

C'est au XVIIIe siècle que sont installés les deux étages de galeries de bois richement sculptées à l'intérieur de la nef.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

La Révolution

Pendant la Révolution le curé d'Arcangues, Gaspard de Gardera ainsi que son vicaire, Harambillet, ayant refusé de prêter allégeance à la Nation, sont démis de leur charge.

Trois cloches en bronze de l’église sont déposées, et envoyées à l’arsenal Sainte-Claire de Bayonne (plan), pour y être fondues.

De même des biens d’église (calices, patènes et ciboires) d’or et d’argent sont dirigés vers l'hôtel de la Monnaie de Bayonne.

L'église est désaffectée et servira jusqu'au 8 septembre 1794 (22 fructidor an II) de prison pour les populations déportées d'autres villages basques proches de la frontière considérés comme "infâmes" (Ainhoa, Ascain, Espelette, Itxassou, Sare et Souraïde).

L’église rouvre ses portes au culte après l’adoption de la loi du 11 prairial an III (30 mai 1795).

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

Au XIXe siècle

Au début du XIXe siècle Arcangues est à nouveau touché par la guerre. En effet à la suite de la défaite française de Vitoria, le 21 juin 1813, les troupes espagnoles et anglo-portugaises menées par Arthur Wellesley, futur duc de Wellington, occupent et pillent de nombreuses communes dont celles d'Arcangues.

Wellesley s'installe d'ailleurs au château.

De violents combats se déroulent les 10 et 11 décembre sur les territoires d’Arcangues et de Bassussarry.

Une croix située dans le cimetière d’Arcangues, dédiée aux soldats anglais tués dans la localité, en porte encore aujourd’hui le témoignage.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

Au XXe siècle

Le clocher-porche qui avait déjà été remplacé en 1893 par un clocher néogothique à terrasse et créneaux a de nouveau été transformé en 1961 pour aboutir à son aspect actuel.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - Histoire

La construction

L’église est en grès rouge, presque entièrement recouvert d’un enduit au mortier.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

La chapelle

Sur le côté Nord se trouve une chapelle. Une inscription au-dessus de l'entrée indique que que l'église Saint-Jean-Baptiste de l'Uhabia fut fondée en 1516 par Augier d'Arcangues, écuyer et seigneur du lieu.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

Le clocher

Le clocher est inscrit aux monuments historiques depuis 1925.

Déjà remplacé en 1893 par un clocher néogothique à terrasse et créneaux, il a été de nouveau transformé en 1961.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

Le cimetière

Le cimetière autour et en contre-bas de l'église est structuré en paliers formant autant de balcons face à un paysage absolument unique de la chaîne des Pyrénées (la Rhune à gauche, l’océan à droite) ... et en premier plan sur un parcours de golf.

Ce cimetière a été paysagé et aménagé dans les années 1930. Il recèle une collection unique de stèles, représentatives des différentes écoles des trois provinces du Pays basque français (Labourd, Soule, Basse-Navarre). Les plus anciennes datent du XVIe siècle.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

Les stèles discoïdales

Ces stèles étaient très certainement érigées à la mort d’une personne, mais sans qu’il n’y ait une sépulture évidente (il n’y a pas toujours un corps enterré). La symbolique est très riche, et représente les grandes forces de la nature (motifs solaires et végétaux). (illustration : stèle de 1716)

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

Le souvenir de soldats anglais

Près de l’église se trouve un monument en forme de croix de Malte érigé sous le règne de la Reine Victoria, qui perpétue le souvenir des soldats anglais et français morts au cours de la bataille de la Nive, et dont un épisode se déroula autour du château et de l’église.

Lors de ses séjours à Biarritz au début du siècle, le Roi Edouard VII d’Angleterre ne manquait jamais de venir s’y recueillir.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

La tombe de Luis Mariano

Vous ne pourrez pas échapper à la tombe de Luis Mariano. Il s'était fait construire en 1960 une grande maison face aux Pyrénées.

Ses admirateurs, toujours nombreux y viennent comme en pèlerinage.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'extérieur

Le porche

Le porche, qui abrite des sépultures et une stèle commémorative des Première et Seconde Guerres mondiales, est de facture récente. Le vitrail en dalle de verre "visage du Christ avec instruments de la passion est coupe eucharistique", daté de 1947 est l’œuvre de Jean Lesquibe.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Des vitraux art déco

Le monument aux morts est surmonté de trois vitraux. Au centre, sur fond de drapeau national et cœur sacré les paroles d’un cantique basque traditionnel “Zerua saritzat” (le ciel pour récompense), et de part et d’autre des vitraux géométriques avec la croix basque déclinée sur le mode art déco.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

La nef

L’entrée dans l’église se fait par un portail en arc brisé et ébrasé date de 1589 qui donne sur une nef unique sans transept ni collatéraux.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Les galeries

Les galeries sur deux étages, sculptées de virgules, rinceaux, mascarons et anges ont été installées au XVIIe siècle. Elles comptent parmi les plus belles et les plus anciennes du Labourd. On peut noter par endroits les entailles faites par les soldats anglais en coupant leur viande sur l'appui des balustrades lors de l'occupation de l'église en 1813.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Les fonds baptismaux

Le long du mur Sud, les fonds baptismaux avec une cuve de pierre sont installés dans un décor en bois sculpté polychrome du XVIIIe siècle figurant le Baptême du Christ qui habille le pourtour et le plafond de la niche. Les visages du Christ et de saint Jean-Baptiste ont été bûchés. La colombe qui figurait au plafond de la niche a disparu.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Les stalles

Dans l'avant-choeur, des stalles néogothiques dessinées par par Hippolyte Durand en 1851 et provenant de la cathédrale de Bayonne ont été installées à la fin du XIXe siècle.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

La sacristie

Dans la sacristie située à droite de l'avant-choeur, un tableau du XVIe-XVIIe siècle représentant la déposition de La Croix.

L'Annonciation

Un bas-relief en bois sculpté, doré et peint représente l'Annonciation de l'ange Gabriel à Marie. Le sujet est traité d'une façon singulière. En présence de l'ange à l'arrière-plan, la Vierge, penchée, reçoit d'un personnage imberbe venant de la gauche de la composition, une pièce de tissu que l'on devine être, probablement, un lange. Il date du XVIIe ou XVIIIe siècle. Au-dessus, tableau représentant Saint Joseph et l'enfant Jésus par José de la Peña (XXe siècle).

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Les anges porte-flambeaux

De chaque côté du choeur deux statues d'anges du XVIIIe siècle, portent un flambeau. L'un tient dans sa main droite un encensoir, l'autre une navette à encens.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Le maître-autel

Devant l'autel principal un bas-relief en bois sculpté du XVIIIe siècle représentant une sorte d'urne surmontée d'une flamme et d'où s'échappent des rayons lumineux. Il est accosté de deux larges palmes végétales. L'ensemble du champ comporte des fleurettes également traitées en bas-relief. Sur les côtés pendent des guirlandes végétales et aux extrémités, la composition est fermée par des volutes.

(Illustration à venir - merci pour vos envois)

Le retable

Au-dessus de l'autel, un grand tabernacle à ailes, au centre d'un retable architecturé et huit chandeliers en bois sculpté, doré et peint du XVIIe siècle.

Retable formé de quatre grandes colonnes disposées sur le même plan, de hauteurs égales, cannelées et à chapiteau composite, soutenant un entablement interrompu dans lequel s'insère une Trinité traitée en relief avec des rayons lumineux.

Le tabernacle est à trois pans (le pan central étant celui de la porte) séparés par des colonnettes torses.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Tableau de Saint Jean-Baptiste

Au centre du retable, un tableau représentant Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert, peint par José de la Peña (XXe siècle).

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

De chaque côté du retable

De part et d'autre du retable, deux statues du XVIIIe siècle en bois doré. L'une représente Saint Joseph portant l'enfant et une fleur de lys, symbole de pureté. L'autre représente la Vierge à l'enfant. (illustration : statue de la Vierge)

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

La chapelle de la famille d'Arcangues

Dans La Chapelle des seigneurs d'Arcangues se trouvent des objets remarquables : un autel surmonté d'une Vierge écrasant le serpent, un triptyque italien de la Vierge à l'Enfant et un bas-relief représentant l'arrestation de Jésus,

L'arrestation de Jésus

Bas-relief du XVIIe siècle représentant l'arrestation de Jésus en bois sculpté, doré et peint.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Croix-reliquaire

Dans la sacristie ( peut être pourrez vous y accéder ?) se trouve une magnifique Croix-reliquaire en bois taillé, argenté et doré, et verre du XVIIe siècle.

(Illustration à venir - merci pour vos envois)

Statue de Sainte Barbe

La statue, antérieure à l'édification de l'église, provient vraisemblablement de la chapelle Sainte-Barbe, autrefois située en limite des territoires d'Arrauntz et d'Arcangues.

(Illustration à venir - merci pour vos envois)

La Vierge à l'Enfant

Statue en bois sculpté, doré et peint du XVIIe siècle représentant la Vierge debout tenant sur son bras gauche, l'Enfant Jésus, qui tient le globe et bénit de la main droite.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

La décollation de saint Jean-Baptiste

Relief en bois sculpté, doré et peint à trois personnages représentant la Décollation de saint Jean-Baptiste.

Le personnage debout, au centre, tenant le plateau circulaire destiné à recevoir la tête du saint, est probablement Salomé.

Saint Jean-Baptiste est représenté à gauche de la composition et tourné de même, agenouillé et en prière. À droite, le bourreau brandit le glaive.

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Vierge de Pitié

Une très belle Pieta en bois de tilleul du XVIIe siècle porte l'inscription latine "O vos omnes qui transitis per viam attendite et videte si est dolor sicut dolor meus" (Ô vous tous qui passez par ce chemin, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à ma douleur").

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Triptyque

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Le chemin de croix

Tout autour de la nef, un très beau chemin de croix réalisé au XXe siècle par les ateliers Cazaux, une célèbre lignée de potiers-céramistes landais qui remonte au XVIIIe siècle et établie à Biarritz en 1893. (illustration : XIIIe station - Jésus est détaché de La Croix et remis à sa mère)

Eglise St-Jean-Baptiste de l’Uhabia-Arcangues - L'intérieur

Visite


Contact

Paroisse Saint-Jean-Baptiste de l'Uhabia-Arcangues La paroisse regroupe les églises d'arcangues, Bassussarry, Arbonne et Ahetze. Presbytère Bourg Téléphone : 05 59 43 12 65 e-mail : presbytère.aracangues@orange.fr Horaire des offices en cliquant
Mairie d'Arcangues Herriko Bidea 64200 Arcangues Téléphone : 05 59 43 05 50 mairie@arcangues.fr
Office de tourisme Le Bourg, 64200 ArcanguesService Animation - Boutique 05 59 43 08 55 animation@arcangues.fr
Sources :
Crédits : WIKICOMMONS : Ad Vitam, Harrieta171, Havang(nl), Simoncio FLICKR : 19th Heroes Overblog paroisse