L’église Saint Leon – Paris

Proposée par : France Poisbeau
Paris
1 place Cardinal Amette - 75015
Patrimoine du XXe siècle
L'église Saint-Léon, dans le quartier de Grenelle, est achevée en 1934.De style romano-byzantin, Saint-Léon se révèle être l'une des plus lumineuses et des plus harmonieuses des églises modernes de Paris. Certaines chapelles sont ornées de statues d'Henri Bouchard. A noter d'imposantes des mosaïques.

L'origine

Depuis le dernier quart du XIXe, des fidèles habitant au sud du Champ de Mars, envoyés de Saint-Pierre du Gros Caillou (1823) à Saint -Jean-Baptiste de Grenelle (1877), souhaitent avoir une église paroissiale en propre.

Avec la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905, l’État ne finance plus la construction ni l’entretien de nouvelles églises, mais les autorités religieuses sont en revanche plus libres dans leurs choix.

En 1909, elles décident d’ériger une église votive à Jeanne d’Arc (béatifiée la même année) ; une riche famille pieuse offre un terrain, occupé auparavant par le Palais du Travail de l’Exposition universelle de 1900, édifice éphémère démoli en 1906.

L’architecte, choisi sur concours en 1913 par le diocèse, est Émile Brunet (1872-1952), architecte des Monuments historiques qui a déjà travaillé à restaurer Notre-Dame et a construit, en néo-roman, la nouvelle église de Coulommiers en Seine-et-Marne ; c’est un élève du disciple préféré de Viollet-le-Duc, Anatole de Baudot. Celui-ci a construit St Jean de Montmartre, néo-gothique (1894-1904), place des Abbesses, première église de France à structure de béton recouvert de briques et de céramiques ; le béton n’est pas alors considéré comme un « matériau noble » : refus du béton nu, du « nudisme » dit-on par dérision.

L’église Saint Leon – Paris - Histoire

É. Brunet propose en 1913 une église à « squelette » de béton armé revêtu de briques, d’aspect néo-roman ; le projet, arrêté par la guerre, est repris en 1923 : Brunet, qui a travaillé en 1919-23 à la reconstruction d’églises du Nord, remplace le néo-roman par du néo-gothique (façade et clocher), enfin par du style contemporain, « art-déco » (Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels à Paris en 1925).

Ce sera donc une église épousant hardiment son temps, les formes de son temps.

Par ailleurs divers facteurs amènent à remplacer l'église dédiée à Jeanne d’Arc par une église paroissiale dédiée au pape Léon Ier le Grand (pape de 440 à 461, docteur de l’Église depuis 1754) : besoin d’une église accentué par l’essor urbain (lotissement des marges du Champ de Mars depuis 1904), mais la municipalité impose en 1924 une voie autour de l’église, ce qui réduit la superficie de celle-ci ; offre du financement de la nef par Mme Léon Thelier, veuve, avec vœu que l’église porte le nom du saint patron de son époux, vœu exaucé ; enfin décès en août 1920 de Mgr Léon Amette, le cardinal archevêque de Paris qui avait joué un rôle important dans l’Union sacrée pendant la guerre et œuvré à la réconciliation de la République française avec la papauté (son décès fut qualifié par le président Poincaré de « grande pert pour la France »).

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En 1924, la municipalité de Paris baptise Place du Cardinal Amette la voie entourant la future église et aménage la place Dupleix sur le terrain vague - champ de manœuvres pour cavaliers devant la caserne Dupleix : un beau dégagement met en valeur l’église et facilite la célébration de cérémonies extérieures, ce qui est rare pour les églises de l’époque, l’administration municipale, laïque et radicale, ne favorisant que rarement la visibilité des bâtiments religieux.

1ère pierre : 15/10/24 ;

1ère messe : 15/10/25 ;

la paroisse est érigée le 29/10/26.

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XXIe siècle

En 2011, elle est classée «Patrimoine du XXe siècle»

L’église Saint Leon – Paris - Histoire

Une nef (1924-26) de 16 m de large, en béton,

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des bas-côtés en communication ouverte avec nef et chœur grâce à la légèreté de minces piliers en béton (avec céramique),

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un chœur à haute coupole carrée terminée en baldaquin, avec belles fenêtres fournissant un éclairage zénithal,

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une abside (1929) en cul de four,

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Le béton, moins coûteux que la pierre, permet des formes hardies et légères (voûtes hautes et larges, de faible épaisseur, ouvertures pour vitraux).

(illustration en attente, merci)

Le clocher (1932-33), signal bien visible (malgré la tour Eiffel proche), avec son coq à 54 m de hauteur, revêt la forme originale et pure d’un demi-fuseau galbé à 8 pans.

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Émile Brunet alla à Amsterdam pour étudier les formes et l’usage de la brique de parement, là-bas très en avance (École d’architecture d’Amsterdam avec Hendrik Petrus Berlage et Michel de Klerk) ; il y découvrit un bâtiment original, Het Schip (à prononcer « hète sréïpe » ! « Le Navire »), habitat collectif ouvrier conçu par Michel de Klerk vers 1916-1917....

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... et dont la flèche, haut signal de brique à cinq pans, s’inspire soit d’une flèche semblable décorant un hôtel de Copenhague, vu, admiré et dessiné par de Klerk, soit d’un « stûpa » bouddhiste, mausolée birman ou indonésien (des Indes Néerlandaises) revu dans le style « art-déco » ;

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la flèche de De Klerk inspirera à son tour le clocher de Saint-Léon… Forme en demi-fuseau, christianisée par croix et coq en haut et, à la base, par les symboles des quatre évangélistes et dedans, par cinq cloches Paccard bénites le 22/01/33, « baptême » achevé par 3.500 sacs de dragées distribés aux enfants.

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La construction, financée par donations, quêtes et « Journées d’amitié » organisées depuis 1926, s’achève vers 1935.

Reste à réaliser l’essentiel de la décoration alors que la France et les donateurs sont atteints par la crise de 29, puis par les rigueurs de l’Occupation.

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L'harmonie entre architecture et décoration

Le grand mérite d’Émile Brunet est d’avoir harmonisé décoration et architecture, un peu comme c’était pratiqué par l’Ecole d’architecture d’Amsterdam autour de De klerk, pour les formes et les couleurs, et d’avoir choisi les décorateurs parmi les maîtres reconnus dans ce qu’on appelle depuis 1925 le style art-déco.

  • Raymond Subes, ferronnerie ;
  • Louis Barillet, principaux vitraux ;
  • Auguste Labouret, mosaïques et vitraux latéraux de la nef ;
  • Henri Bouchard, sculpture.

(illustration en attente, merci)

Il dessina certains éléments, bien assortis au reste : lustres en fer martelé, cuivre et verre cathédrale, autel en marbre de Sienne, chaire en marbre et fer martelé (enlevée après Vatican II), sièges du chœur et confessionnaux en bois blond, bénitiers et cuve baptismale recouverts de céramique.

(illustration en attente, merci)

La brique

Un matériau de parement fréquent dans les églises parisienne du premier tiers du XXe, comme à St Jean de Montmartre, St Christophe de Javel, Ste Odile, St Antoine de Padoue...

A Saint-Léon, l'architecte joue avec les matériaux et les couleurs bien harmonisées :

  • la brique de Caen, jaune clair, silico-calcaire, en intérieur et extérieur, alternant avec la brique orange de Dizy et la brique rosée pour les voûtes),
  • jeu de carreaux de céramiques dorées ou bleues,
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  • appareillage de la brique en vannerie (nef),
  • jeu d’ondulations (tribunes du chœur), tonalité blonde...

on voit là tout l’apport reçu par l’architecte de son voyage au pays de la brique, la Hollande.

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Les mosaïques

Par Auguste Labouret (1871-1964),

Il était déjà réputé pour la mosaïque et le vitrail en dalles de verre dans des œuvres civiles (gare de Saint-Quentin, salle de bains royale au Quai d’Orsay pour recevoir Georges VI…) et religieuses (St Ferdinand des Ternes, basilique Ste Anne de Beaupré au Québec, maître-autel de Ste Odile).

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La mosaïque est en vogue depuis la décoration intérieure du Sacré-Cœur de Montmartre, dès 1901.

A Saint-Léon, d’abord celles de la façade, avec le pape saint Léon, des anges, des motifs décoratifs et symboliques (1934-35). Mosaïques intérieures à partir de 1941 (plutôt par l’équipe de Labouret, lui-même étant surtout occupé au Québec).

(illustration en attente, merci)

Scènes mariales didactiques sur le cul de four de l’abside -chapelle de la Vierge- (Évangélistes, Couronnement de la Vierge avec rehauts d’or, Nativité, Rencontre au Golgotha).

Les apôtres au dessus des portes.

Scènes narratives de la vie de saint Léon pour l’arc triomphal d’entrée du chœur (dont le pape arrêtant Attila à Mantoue en 452, boucliers des Huns évoquant -couleur, forme- les emblèmes de l’Allemagne nazie, la croix gammée....

(illustration en attente, merci) A ce propos, on peut évoquer l’Hérode aux traits de Hitler dans l’église paroissiale de Montgeron sur un vitrail inauguré en juillet 1941, ou l’élu aux traits de Pétain à la droite du Christ du Jugement dernier dans le vitrail de Louis Barillet, de 1941 ou 42, dans l’église Saint-Antoine de Padoue, à Paris XIVe.

Les ferronneries

Par Raymond Subes (1891-1970), le plus grand spécialiste de la ferronnerie d’art (meubles, rampes et balustrades dans de grands hôtels -Lutétia-, paquebots -le Normandie, hôtels de ville…).

Il allie le fer martelé et le cuivre. Barrières des autels (avec épis de blé et grappes de raisin) et ambons (avec symboles des évangélistes, en tôles de cuivre découpées) sont ainsi transparents et facilitent la visibilité du sanctuaire.

Fers aussi dans les portes des confessionnaux, les lustres (en partie disparus), les garde-corps des tribunes (avec anges musiciens).

(illustrations en attente)

En 1940-44, le métal et plus spécialement le cuivre est réquisitionné par Vichy pour l’armement des Allemands. Le curé doit donc souvent cacher les œuvres, ou pour les protéger les prétendre anciennes, pieux mensonge, après les avoir laissées quelques mois en extérieur, dans la cour de la Maison des œuvres, soumises aux intempéries, un peu vert-de-grisées.

(illustrations en attente)

Les vitraux

Par Louis Barillet (1880-1948) à partir de 1928.

L’artiste a déjà décoré des villas de Robert Mallet-Stevens, le pavillon de la ville de Paris à l’exposition de 1925 et la villa Noailles.

Chrétien, il appartient à l’association (catholique) des Artisans de l’autel, mais travaille plus pour des commandes civiles. C’est un des maîtres-verriers ayant rénové l’art du vitrail dans les années vingt et trente.

Il réalise des vitraux en « verre blanc américain », à reliefs variés, verres de petit format.

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Belle série de dix ensembles de trois vitraux des bas-côtés, en blanc, jaune et bleu, avec deux figures (saint Paul et saint Jean) et des motifs géométriques accompagnés de symboles des sacrements (bas-côté gauche), de symboles inspirés des Évangiles et des instruments de la Passion (droite).

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Trois vitraux étroits (lancettes) dans la chapelle de la Vierge, néo-médiévaux en rouge et bleu (Mystères du Rosaire), mal assortis aux mosaïques et aux tons dominants de l’église (but : masquer les rayons du soleil matinal).

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Les vitraux hauts de la nef sont de l’atelier (pas de la main) d’Auguste Labouret ; réalisés sous l’Occupation (pénurie de matériau de qualité et de sources de financement), ils représentent des saints français (patriotisme et nostalgie d’occupés) mais n’ont pas la qualité artistique de ceux de Louis Barillet.

(illustrations en attente)

La statuaire

La statuaire

En particulier par Henri Bouchard (1875-1960), prix de Rome qui a participé à l’Exposition de Arts décoratifs de 1925 ; il est l’auteur de la Vierge à l’Enfant, dans une mandorle, placée dans le cul-de-four de l’abside en 1931.

Il a réalisé en particulier le fronton sculpté de Saint-Pierre de Chaillot (1932-35) - illustration - et l’Apollon de sept mètres de haut de l’esplanade des Droits de l’homme au Trocadéro (Exposition universelle de 1937) avant d’accepter diverses responsabilités sous l’Occupation.

La paroisse lui a commandé en 1937 le chemin de croix (selon modèle déjà réalisé en d’autres lieux, dans plusieurs formats et matières), en pierre calcaire de Quilly ; sculpté directement dans les chapiteaux des bas-côtés, il est très stylisé et pur, centré sur les visages et les mains, mais peu éclairé.

Ce sculpteur s’est compromis par sa participation au Congrès de Weimar organisé en octobre novembre 1941 à l’attention d’artistes et écrivains collaborationnistes (Drieu La Rochelle, Brasillach, Abel Bonnard, etc.) par Goebbels de Abetz, et par ses déclarations favorables au régime nazie publiées au retour.

Cependant la « Piscine » de Roubaix, musée de la sculpture « art-déco », a accueilli et reconstitue actuellement son atelier avec plus d’un millier de maquettes en plâtre de ses œuvres pour ouverture au public à partir de 2014 ou 2015, réhabilitation purement artistique d’un atelier complet des années « art-déco ».

L’église Saint Leon – Paris - La décoration

D’autres statues de l’église Saint-Léon sont acquises peu à peu, grâce à des dons et aussi, de 1940 à 1944, à des subventions de l’État français de Vichy (administration des Beaux-Arts, en dérogation de la loi de Séparation des Églises et de l’Etat de 1905) : le Christ du Sacré-Cœur, saint Joseph et l’Enfant Jésus, Notre-Dame de Lourdes, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, saint Antoine de Padoue.

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Toutes ces statues, de Bouchard ou de sculpteurs peu ou moins connus, ont une belle unité de style, dans l’esprit art-déco de rigoureuse stylisation et raideur des formes.

(illustrations en attente)

Le mobilier en bois

En chêne massif blond ; l’architecte Émile Brunet en a dessiné certains, afin d’homogénéiser l’ensemble : sièges presbytéraux, bancs et confessionnaux.

(illustration en attente, merci)

Les grandes orgues

Elles ont été acquises d’occasion à Dole (Jura)auprès du directeur de l’entreprise Cavallié-Coll (mais ce ne sont pas des orgues du grand facteur Cavaillé-Coll) ; elles ne sont pas dans le style art-déco du reste de l’église et en outre masquent un intéressant vitrail géométrique de Louis Barillet.

C’est une des « fautes » de goût, un des rares défauts d’harmonisation de l’édifice, par ailleurs remarquable par son unité stylistique, qu’on apprécie ou non le style choisi par l’architecte.

(illustrations en attente)

Visite

Visite libre Tous les jours, 7h30-20h.

Contact

Paroisse Saint Leon Paroisse Saint-Léon / presbytère 1 place du Cardinal Amette 75015 PARISSECRETARIAT tél. :01 53 69 60 20ACCUEIL Dans l’église (au fond) Tél. : 01 53 69 60 10 ou accueil@saintleon.comDes laïcs se relaient pour vous rencontrer, vous informer sur la vie de la paroisse, répondre à vos demandes et partager des moments d’échange et d’écoute mutuelsDu lundi au vendredi 10h - 12h et 14h30 - 19h , samedi 10h - 12h Pendant les vacances scolaires (fermé en août) de16h30 à 19
Sources : Wikipedia Paroisse Saint Léon Bernard Richard pour l’accueil de Saint-Léon, d’après L’église Saint-Léon, sa construction et ses aménagements de Françoise Hamon, Le Lien, n° hors-série de mars 2000 (information essentielle) ; Historique de la construction de Saint-Léon par le chanoine Louis Maury, curé de Saint-Léon de 1929 à 1963, auto-édition, 1960 ; Églises parisiennes du XXe siècle, dir. de Simon Texier, Action artistique de la ville de Paris, 1996.
Crédits : Wiki : Guilhem Vellut, Deep Silence, Didier A Chartier, Het Nieeuwe Instituut, Marc Baronnet