Saint Nicolas des Champs – Paris

Proposée par : Elisabeth Ponsolle
PARIS
254 rue Saint-martin - 75003
Monument Historique
Incontournable, dans le quartier du marais, l'église Saint-Nicolas est de style gothique flamboyant. Sa construction s’échelonne du XIIe au XVIIe siècle. A l’origine simple chapelle dépendant de l’Abbaye de Saint Martin (aujourd’hui Conservatoire des Arts et Métiers), elle est érigée en église paroissiale dès 1184.Parmi ses trésors : sur la façade sud, un portail Renaissance exceptionnel et, à l’intérieur, un remarquable retable monumental datant du début du XVIIe siècle. Oeuvre de Simon Vouet et de Jacques Sarrazin, il représente les Apôtres au tombeau de la Vierge et l’Assomption de la Vierge.La visite de 33 chapelles permet d'avoir un bel aperçu de la peinture religieuse des XVIIe, XVIIIe, et XIXe siècles.Classée Monument Historique dès 1877.

L’origine - XIe siècle

Au XIe siècle, vers 1079, le nouveau monastère de Saint-Martin-des-Champs devient prieuré de Cluny. Son oratoire est dédié à saint Nicolas. Le culte de saint Nicolas connaissait alors un grand essor dans toute la chrétienté, à partir de la fin du XIe siècle, un grand nombre de léproseries et d'hôpitaux étaient placés sous sa protection. Or, selon la tradition, l'abbaye avait été fondée sur le lieu du miracle de la guérison d'un lépreux, au moment où l' évêque de Tours était sur le point d'entrer a Paris.

Quant au double patronage, affiché encore au XVIe siècle, des deux saints Jean-l'Evangéliste et Nicolas, l'abbé Pascal, en 1841, le justifiait ainsi : "le pieux Robert [roi de 1996 à 1031 - illustration] aurait bâti une nouvelle chapelle sous l'invocation de saint Nicolas, sur les ruines de l'oratoire de saint Jean [l'Evangéliste] saccagé par les dévastateurs de la première abbaye de Saint-Martin-des-Champs".

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XIIe siècle

Au XIIe siècle, dans une bulle de 1119 du pape Calixte II (illustration), il est question d'une « capella Sancti-Nicholai prope monasterium Sancti-Martini ».

Le monastère est un centre d'attraction, les seigneurs religieux font fleurir le désert marécageux, la ville est à l'âge agricole et les marchands sont nomades.

La chapelle de Saint-Nicolas ouvre ses portes à toute cette population agglomérée qui ne compte pas plus de 1 000 habitants.

Les serviteurs du prieuré surtout la fréquentent, car, si l'on en croit un religieux de ce temps, quelque peu pessimiste, les habitants « sont plus prompts à l'appel du diable qu’à celui de Dieu ; ils s'empressent auprès des chanteurs de geste tandis que si Dieu les appelle aux offices, ils se sauvent… ». Ainsi que l’attestent des bulles d' Innocent II (1142), d' Eugène III (1147), et de Luce III (1184), c’est le prieur de Saint-Martin qui confie la charge pastorale à un prêtre.

Le prêtre délégué voit son territoire s'agrandir, car des « bourgs » s'organisent : le Bourg-l’Abbé, rattaché à l'abbaye de Saint-Magloire ; le Beau-Bourg, dérivé de Saint-Martin-des-Champs…

Un maire, agent d'ordre agricole (rue Au Maire, dès le siècle suivant) est désigné par le prieur pour diriger au civil ces îlots construits. Aux serfs vont se joindre les « hôtes » qui feront du sol cultivé un sol bâti, et les « bourgeois » (ceux du bourg) dont le nombre va gonfler le volume de la population.

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XIIIe siècle

Au XIIIe siècle, l 'église est toujours « extra-muros », c'est-à-dire au-delà de l'enceinte de Philippe Auguste (édifiée de 1190 à 1209).

De son bâtiment d'alors ne subsiste plus aujourd'hui, dans les combles des bas-côtés sud, un mur orné d'un débris de corniche et d'une série de crochets sculptés.

Le cimetière que la paroisse possédait dans la cour des moines étant devenu insuffisant, en raison de l'accroissement de la population, un nouveau cimetière est créé, à quelques rues de distance, en 1221-1231.

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XIVe siècle

Au XIVe siècle, l'église devient parisienne, enclose dans les murs élevés par Étienne Marcel de 1356 à 1358 (enceinte de Charles V).

À l’abri des hautes murailles et des vingt et une tours du prieuré — dont l’une peut se voir encore au coin de la rue du Vertbois, qui était alors un ... bois de chênes —, elle s'élève modestement au milieu des marais, des vignes et des plâtrières, des cultures striées de fossés de drainage, des champs coupés d’étroits sentiers.

Ici et là se profilent quelques manoirs, des maisons et des granges.

Le clocher est sans doute construit pendant ce siècle, hors-oeuvre.

La charpente de la nef d'alors a également été conservée (l'analyse dendrochronologique la date de 1321-1355), ainsi que certaines maçonneries, peut-être.

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XVe siècle

À l'aube du XVe siècle, la guerre de Cent Ans a semé partout les ruines et les deuils, mais, en 1421, sous l'occupation de Paris par les Anglais (de 1420 à 1436), et peut-être grâce à celle-ci (il se serait agi de gagner le clergé à leur cause), est peut-être posée la première pierre de l'édifice que nous avons encore sous les yeux : une nef de sept travées, avec un bas-côté et une rangée de chapelles.

Cette première étape s'étend longuement de 1421 à 1488, mais la chronologie n' a rien d'assuré.

Or, "que le vaisseau central remonte au premier tiers ou aux dernières années du XVe siècle importe considérablement. Dans le premier cas, cela en ferait un des premiers exemples du flamboyant parisien, [...], dans le second cas, ce ne serait qu'un chantier de plus [...] sans aucune audace »(Agnès Bos, Les églises flamboyantes de Paris, XVe-XVIe siècles, Paris, Picard, 2007).

En 1490, "attendu l'accroissement du peuple", on décide d'agrandir l'église en élevant un second bas-côté et en reculant les chapelles déjà existantes (deuxième étape, 1490-1501).

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XVIe siècle

Dans la première moitié du XVIe siècle, pour la première fois, l’anonymat du constructeur fait place à la mention du « maistre maçon tailleur de pierres » : Jean de Froncières. Il est de la paroisse comme son père qui oeuvra à Saint-Etienne-du-Mont. En 1541, il est chargé d'achever ou de reprendre plusieurs voûtes et piliers dans le vaisseau central et dans les collatéraux nord (troisième étape, 1541-1546).

Peut-être est-il l'auteur du plan général de l'édifice qui sera suivi pendant trois quarts de siècle : à l'inspiration du plan de Notre-Dame, collatéraux et déambulatoire doubles, inscription des chapelles latérales dans un mur continu...

De 1546 à 1564, on dote les nouvelles fenêtres de vitraux sur le thème de la vie du Christ, voulus aussi beaux que ceux tout neufs d'une chapelle de l'église du Temple, et l'on fait réaliser une tenture de quatorze pièces de tapisserie consacrée à la vie de Saint Nicolas.

Dans la seconde moitié du xvie siècle, en 1567, constatant que "le divin service est la pluspart du temps interrompu au moyen du tumulte proceddant de la presse du peuple", une "grande assemblée" des paroissiens demande un nouvel agrandissement.

Un arrêt du Parlement, en 1574, oblige les religieux de Saint Martin à accorder "vingt toises de place en longueur sur vingt toises de largeur derrière le chevet".

Pendant cette quatrième étape, entre 1576 et 1586, avec comme maître maçon principal Guillaume Dumas, la nef est allongée de quatre travées, avec double collatéraux et rangée de chapelles, le portail sud Renaissance est inséré (illustration, photo de Didier Guiraud FB, en attente d'accord). La concession à de riches paroissiens des sept chapelles neuves aida également à faire face aux dépenses.

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XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, cinquième et dernière étape, de 1613 à 1617, une fois les troubles politiques apaisés, on peut construire les deux dernières travées de la nef, le chœur, le double déambulatoire, et les douze chapelles rayonnantes (la concession de celles-ci, pour 1 200 livres tournois chacune, permit d'achever de payer les ouvriers).

Une chapelle centrale surmontée d’une forme de lanterne et coiffée d'un dôme est édifiée « derrière la coquille ». Ce sont les maîtres maçons Jehan Touchin, Charles Benoist et Jehan Girard qui œuvrent, selon le "plan et dessein" de 1575.

L'église est achevée.

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XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, les goûts ayant changé, on supprima le jubé, et les vitraux de couleur, les colonnes du chœur furent cannelées, et une nouvelle chapelle aménagée au revers du maître-autel.

La Révolution ferma l'église en 1793.

En 1795, on pensa y loger les voitures de la République, mais on l'affecta finalement au culte théophilanthropique de l'Hymen ou de la Fidélité, puis au culte de la Fertilité.

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XIXe siècle

Au XIXe siècle, l'église est rendue au seul culte catholique en 1802.

Elle est restaurée à plusieurs reprises, notamment de 1823 à 1829.

La façade occidentale fut principalement concernée, ainsi que le ré-aménagement des chapelles.

Le percement de la rue Cunin-Gridaine, en 1858, puis sa "rectification" dégage la façade sud "étouffée par les maisons voisines".

La démolition également rendue obligatoire de la sacristie, accolée aux dernières chapelles sud, et qui datait de 1613-1617, est beaucoup plus houleuse, et ne sera achevée que cinquante ans plus tard, vers 1906.

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XXe - XXIe siècles

Aux XXe siècle et XXIe siècle, on finit de redécouvir des peintures murales (vers 1861 et en 1901) - en les abîmant quelque peu - , on les restaure en 1966, puis en 2011.

Tout le flanc sud fait l'objet, en 2020-2021, d'un déplombage-nettoyage et d'une restauration (le décor flamboyant des fenêtres de chapelles; l'ancien presbytère; le portail Renaissance; les vitraux).

En 1992, la paroisse Saint Nicolas des Champs est confiée à la Communauté de l’Emmanuel. A découvrir sur la page Facebook de l’église.

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Une grande église

Enchâssée derrière de nombreux immeubles, l'église est peu mise en valeur et n’attire pas l’œil du passant aussi bien de la rue Réaumur que de la rue Turbigo.

Sa taille est toutefois importante avec ses 90 m de long (une des plus longues de Paris), ses 36 m de large et son clocher qui s'élève à 32 m.

La façade ouest

Comme à Saint-Étienne-du-Mont, la façade occidentale apparaît oblique par rapport à l'axe de l'église (il fallut la mettre dans l'alignement de la rue Saint-Martin).

Dans cette façade, les pignons inégaux, percés d'oculi et reliés entre eux par des arcs-boutants, annoncent les cinq nefs.

A gauche, trois grandes fenêtres en arc brisé éclairent la chapelle actuelle des Catéchismes, qui a porté pendant plusieurs siècles le vocable de saint Nicolas.

À droite, deux fenêtres seulement donnent sur les fonts baptismaux et sur une chapelle autrefois dédiée à saint Joseph.

Saint Nicolas des Champs – Paris - L'extérieur

La grande fenêtre du centre est ornée sur l’extrados de crochets en feuilles de chou et d'animaux fantastiques. Son remplage présente un beau dessin de soufflets et de mouchettes.

Elle est surmontée, au pignon, d'un oculus quadrilobé qu'entoure une frise sculptée. Ce pignon est flanqué de deux pinacles. Une pomme de pin ornée couronne le sommet. La totalité est probablement une reconstitution du XIXe siècle.

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Une porte à deux vantaux de bois s'ouvre sur la nef principale. C'est un ouvrage du XVe siècle : une frise d'animaux et de feuillages y coupe, aux deux tiers, une série d'arc en tiers point, le tout finement sculpté.

L'encadrement en forme d'arc brisé est coiffé d’une accolade où rampent griffons et crosses de feuillage.

Sous dais finement sculptés, six anges tenant les instruments de la Passion ornent la voussure. Ils ont été réalisés en 1842 par Louis Desprez, de même que toutes les autres statues : deux anges, saint Pierre et saint Paul, sainte Cécile et sainte Geneviève, saint Nicolas, patron titulaire de l’église, et saint Jean-Baptiste (représenté par erreur, puisque le second patron de l'église a toujours été saint Jean-l'Evangéliste).

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Le clocher

Le clocher carré et sans flèche s'élève derrière le pignon méridional, jusqu'à 32 mètres de hauteur. Il est muni de contreforts sur trois de ses angles, et d'une tourelle hexagonale, sur l'angle nord-est, qui renferme la vis de l'escalier. La terrasse, au sommet, est bordée d'une balustrade. De grandes fenêtres ogivales, à baies géminées garnies d'abat-sons, rappellent la première phase de construction de ce clocher, probablement au XIVe siècle.

En 1782, " les sept cloches de cette église ont été refondues par MM. Desprez, père et fils, fondeurs du Roi, avec l'augmentation d'une huitième". Ces huit cloches, qui appelaient les fidèles aux offices, disparurent pendant la Révolution (afin de convertir le bronze en monnaie - les sous de cloche - ou en canons).

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Le flanc sud

Les six premières travées sont probablement de la campagne 1490-1501, peut-être reprises de 1535 à 1546. Leur décor de feuilles de vigne et de choux frisés est conforme à l'esthétique flamboyante.

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Le presbytère

Au niveau de la sixième chapelle, subsiste le presbytère. Celui construit à la fin du xve siècle avait été dit "ample et spacieux et l'un des plus beaux logis pour un presbitaire qui sont en ceste ville de Paris". "il estoit de besoing et nécessaire d'héberger monsieur nostre pasteur, qu'il ne peult assiduellement assister au divin service si il nestoit proche lad. église".

Cet ancien presbytère a été amputé au sud, à l'occasion du percement de la rue Cunin-Gridaine, en 1858.

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Le portail sud

Ce portail a été construit en 1581 (comme indiqué sur la tablette de calcaire noir, tenue par les deux Renommées), en s'inspirant de la gravure publiée en 1567, dans le Premier livre de l'architecture de Philibert Delorme.

Plusieurs adaptations au cadre religieux furent faites, par exemple l'ajout, au sommet du fronton, d'un Père éternel, entouré de deux autres anges musiciens, mais que la Révolution supprima.

Les deux niches renfermaient les statues des deux patrons de l'église, saint Jean-l' Evangéliste et saint Nicolas.

Saint Nicolas des Champs – Paris - L'extérieur

Pilastres cannelés, chapiteaux d'ordre composite, entablement à multiples ornements, anges musiciens et anges tenant une palme (des Renommées), ailés et vêtus à la manière de Germain Pilon, forment un ensemble sculptural et architectural de haute qualité.

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On remarquera aussi la richesse décorative des vantaux de la porte en chêne : torses de femmes dont les bras se terminent par des enroulements de feuillages, arabesques, et (sans doute rapportés au XIXe siècle, en compensation d'un bûchage pendant la Révolution) deux anges agenouillés devant des prie-dieu, et deux masques d'anges dans une couronne de roses.

La grande table de calcaire noir, devenue peu lisible, fut posée en 1835 par le curé Frasey, en remplacement de celle arrachée par les révolutionnaires de 1793.

Ce portail Renaissance, comme l'ensemble de la façade sud, font l'objet d'un nettoyage, d'un déplombage et d'une restauration.

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Le porche

La ferronnerie du tympan, qui représente l'emblème IHS de la Compagnie de Jésus, s'insère dans un vitrail losangé transparent. Celui-ci a dû faire partie des aménagements du XVIIIe visant à accroître la luminosité de l'édifice. Ce système de vision du motif à contre-jour est quasi unique.

Franchissez le portail du XVe siècle, ce porche en tambour est le vestibule de l'église.

Il abritait jadis de fréquentes cérémonies : baptêmes, relevailles, bénédictions nuptiales, pénitences canoniques. Les indigents y recevaient l’aumône et les corps y étaient exposés avant la sépulture.

Saint Nicolas des Champs – Paris - L'intérieur

Au plafond, les yeux sont attirés par le remarquable travail de menuiserie et de sculpture, exécuté en 1647-1649 par Adrien Lepautre et Philippe de Buyster : plafond supporté par deux grandes consoles formées d'un torse dénudé de femme (comme sur la portr Renaissance de la façade sud)aux ailes déployées.

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Le plan

D'une taille imposante, l'église a 90 mètres de longueur (130 m à Notre-Dame), 36 mètres de largeur (48 m à Notre-Dame) et 20 mètres de hauteur sous voûte (33 m à Notre-Dame). Elle est sans transept. Les deux constructions juxtaposées du xve siècle et des XVIe – XVIIe siècles cohabitent sans heurt stylistique.

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L’église aux 100 colonnes...

L'église est dite « aux cent colonnes », mais sans symbolisme particulier.

D'ailleurs, il y en a exactement quatre-vingt-dix-neuf : en 1617, chaque "pilier" a été gravé d'un numéro d'ordre, toujours visible.

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La nef et ses bas côtés

Éclairé par 25 hautes fenêtres l'édifice à cinq nefs frappe par son ampleur, démesurée par rapport au millier de fidèles qui la fréquentent aujourd'hui.

Mais la paroisse de Saint-Nicolas, l’une des douze anciennes premières cures de Paris, a compté jusqu'à 52 000 habitants, au sein du Bourg Saint-Martin-des-Champs.

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La construction flamboyante (1420-1546) comprend les sept premières travées de la nef - les arcades en cintre à peine brisé reposent sur des piles arrondies, aux bases polygonales, qui reçoivent les nervures en pénétration - ainsi que les doubles collatéraux, et deux rangées de chapelles.

L'élévation du vaisseau central est à deux niveaux (grandes arcades et fenêtres hautes).

La partie la plus réussie est sans doute la ligne des piliers, au beau profil ondulé, qui séparent les deux bas-côtés nord. Pour résoudre les problèmes d'éclairage, on imagina de surélever progressivement les voûtes entre les grandes arcades et les chapelles latérales.

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Les signes caractéristiques des parties construites à partir de la huitième travée (de 1576 à 1586 et de 1613 à 1616) ne peuvent manquer de frapper le visiteur :

  • le plein cintre a succédé à l'arc brisé ;
  • les arcades sont plus élevées;
  • les chapelles sont voûtées en berceau;
  • les colonnes sont à section curieusement ovale et coiffées de chapiteaux doriques (c'est plus tard, vers 1750, qu' elles seront cannelées et surmontées de pilastres ioniques).

Cependant, à Saint-Nicolas-des-Champs comme dans quatre autres églises parisiennes achevées dans la première moitié du XVIIe, l'unité stylistique avec le style gothique fut maintenue dans ses grandes lignes.

Pour voûter le déambulatoire (illustration), l'architecte a adopté le même système qu'à Notre-Dame et à Saint-Séverin. Il a couvert chaque travée soit de voûtains triangulaires, soit de voûtes en étoile, à liernes et à tiercerons.

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Le chœur

Le chœur était autrefois fermé par un jubé en bois de chêne, construit sans doute en 1541 et définitivement disparu en 1701.

Le chœur, aujourd'hui découvert, frappe par son ampleur et l'alignement de ses cinquante-et-une stalles. (Il y a cent ans, Saint-Nicolas-des-Champs comprenait encore 24 vicaires et 14 employés (dont des bedeaux, des suisses, et des sonneurs)).

La perspective sur le rond point de l'abside est coupée par l'imposant retable du maître-autel, ce qui fit souhaiter, à plusieurs reprises, par le clergé de la paroisse, au XIXe siècle, sa disparition ou son déplacement.

Il n'en fut rien fait, heureusement - non plus que pendant la Révolution -, et de la soixantaine de maîtres-autels monumentaux dont se sont parées les églises de Paris dans la première moitié du xviie - dans le contexte de la Réforme catholique - , celui de Saint-Nicolas-des-Champs est quasiment le seul à nous être parvenu presque intact.

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Le retable

Sur toute la largeur du choeur, il s'élève à plus de onze mètres de hauteur.

Il a peut-être été commandé dès 1620, à l'architecte Clément II Métezeau (ou à Jacques Lemercier).

Dans le retable, Simon Vouet, de retour d'Italie, peint en 1629 L'Assomption de la Vierge en deux registres, l'un terrestre, l'autre céleste.

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Au-dessus du tabernacle dont la porte est finement ciselée (refait vers 1820), une première toile peint les Apôtres entourant le sarcophage vide.

Les uns se penchent étonnés...

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... les autres suivent du regard la Vierge portée au ciel par des anges dans la "gloire" de la partie supérieure. Aux angles, quatre anges en stuc, œuvre de Jacques Sarrazin (lui-aussi de retour d'Italie), s'associent au triomphe : comme l'écrit Henri Sauval, vers 1655, "leur bouche, de la façon qu'elle est ouverte, fait voir ... qu'ils crient bien fort", mais il y a déjà glissement du baroque vers le classicisme,

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Deux portes latérales, surmontées des tableaux de saint Nicolas et de saint Jean l'Évangéliste, peints en 1775 par Jean-Baptiste-Claude Robin donnent accès dans la chapelle de la Communion (face postérieure du retable, dit "autel de retro"), réaménagée en trompe-l'œil, en 1775, par les architectes Jacques-Denis Antoine et Jean-Baptiste-Vincent Boulland.

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Derrière le tabernacle en bois sculpté, orné d'une porte de bronze doré et ciselé, représentant le repas d'Emmaüs, un retable de nouveau sur deux registres :

  • en bas : Saint Charles Borromée donnant la Communion aux pestiférés, - avec le curé Parent en arrière-plan ! - par Jean-Ferdinand-François Godefroid. (illustration)

  • en haut : Dieu le Père bénissant, sans doute par J.-B.-Cl. Robin34. Au-dessus des portes, sculptés dans le marbre, de nouveau les deux titulaires de l'église : saint Nicolas et saint Jean l'Évangéliste.

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Les grandes orgues

Deux portes latérales, surmontées des tableaux de saint Nicolas et de saint Jean l'Évangéliste, peints en 1775 par Jean-Baptiste-Claude Robin donnent accès dans la chapelle de la Communion (face postérieure du retable, dit "autel de retro"), réaménagée en trompe-l'œil, en 1775, par les architectes Jacques-Denis Antoine et Jean-Baptiste-Vincent Boulland.

Saint Nicolas des Champs – Paris - L'intérieur
source : wikipedia

Concédées jadis, chacune à un particulier "pour en jouir et avoir la clef, [en étant tenu] de faire clore de menuiserie à balustres, y mettre vitres, lambris, et l'orner de peintures, tableaux, ornements et autres enrichissements et décorations qu'il avisera; y faire faire un autel et, si bon lui semble, une voûte ou cave à inhumer son corps", les chapelles ceinturent l’église.

Il y en eut plus de trente attribuées moyennant finances, dont sept consacrées à la Vierge et sept au Christ.

Leur appellation n'est pas toujours évidente sur place, et ne correspond jamais à la dédicace d'origine, puisqu'elles ont toutes été renommées, probablement lors de la restauration de 1823-1829, et même parfois sous l'Ancien Régime, au gré des changements de propriétaire.

On peut les identifier plus facilement par un numéro d'ordre, du nord au sud, grâce aux chiffres en numération romaine gravés en 1617 sur les "pilliers" d'entrée.

Pour les découvrir, une à une, nous vous invitons à redescendre la nef puis à commencer la visite par les chapelles du côté gauche (collatéral nord) à remonter jusqu'au chœur puis à redescendre par le côté droite (collatéral sud).

Saint Nicolas des Champs – Paris - Les 33 chapelles et quelques œuvres remarquables

Les chapelles Nord - Les chapelles du XVe siècle - n°1 à 7

Les sept premières chapelles ont été construites probablement de 1490 à 1501. Elles sont peu profondes.

n°1 et 2 : anciennes chapelles Saint-Roch et Saint-Pierre-Saint-Paul, réunies dès le XVIIIe siècle. Elle contient une toile de Noël Hallé, Jésus-Christ faisant approcher de lui les petits Enfants pour les bénir (Salon de 1775 - illustration).

n°3 : la chapelle possède la seule voûte à liernes et tiercerons de l'église.

n°4 : ancienne chapelle Saint-Fiacre et Sainte-Véronique, concédée en 1499 à la confrérie des jardiniers.

n°5 : ancienne chapelle Sainte-Magdelaine, devenue chapelle du Calvaire, à cause du monument en plâtre, installé lors de la Mission prêchée en 1822.

n°6 : ancienne chapelle Notre-Dame-de-Pitié, actuelle chapelle Saint-Antoine-de-Padoue, à cause de la statue du saint tenant l'enfant Jésus. On y voit aussi une Vierge à l'Enfant entourée de saints, toile peinte vers 1535 par Amico Aspertini.

n°7 : chapelle probablement concédée en 1501 à la confrérie du Saint-Sacrement.

Saint Nicolas des Champs – Paris - Les 33 chapelles et quelques œuvres remarquables

Les chapelles Nord - Les chapelles du XVIe siècle - n°8

Ici commence la série des quatre chapelles construites de 1576 à 1586.

n°8 : ancienne chapelle L'Annonciation de Notre-Dame, actuelle chapelle Saint-Louis, à cause du Saint Louis faisant l'aumône, toile vers 1640. (illustration)

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Les chapelles Nord - Les chapelles du XVIe siècle suite - n°9 à 11

n°9 : elle était sous le vocable de saint Jean, car acquise en 1587 par "noble homme Jean Le Comte, vendeur de poisson de mer fraiz et salé, et sa femme ». Actuelle chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc, mais Saint-Etienne au XIXe siècle à cause des deux tableaux toujours en place : à gauche, Saint Etienne portant secours à une famille pauvre, peint en 1827 par Léon Cogniet (illustration) ; à droite, Saint-Étienne allant au martyr, peint en 1861 par Jules Quantin.

n°10 : ancienne chapelle Nativité de la Sainte-Vierge, actuellement chapelle Saint-Jean-l'Evangéliste, à cause du tableau à gauche de Saint Jean l'Evangéliste dans l'île de Patmos, peint en 1863 par Philippe-Auguste Jeanron, et à cause du retable en deux registres : en bas, Saint Jean composant l'Apocalypse, copie XVIIIe siècle de Charles Lebrun; en haut, une Cène, peint en 1847-1850 par Jules Quantin.

n°11: ancienne chapelle acquise en 1587 par Anne Le Clerc, elle passa ensuite, en 1605, à Jean de Creil, conseiller secrétaire du roi Henri IV, et dont l'épitaphe - il mourut en 1609 - a été en partie conservée : on y relève un exemple réussi d'anagramme - en latin ! - dont le siècle était friand. A été déposé ici un petit tableau du Christ en croix, copié vers 1627 d'après Antoine Van Dick. On y voit aussi, pour illustrer la nouvelle appellation de la chapelle, un Saint Bruno refusant les offrandes de Roger comte de Calabre, peint en 1874 par Jean-Paul Laurens.

Saint Nicolas des Champs – Paris - Les 33 chapelles et quelques œuvres remarquables

Les chapelles Nord - Les chapelles du XVIIe siècle - n°12 à 14

Ici commence la série des douze chapelles construites de 1613 à 1616.(Six à gauche du chœur, côté nord, six à droite du chœur, coté sud).

n°12 : ancienne chapelle des Trois vertus théologales. Actuelle chapelle Saint-Vincent-de-Paul, à cause du tableau La charité de Saint Vincent de Paul, peint en 1856 par Pierre-Nicolas Brisset. Le tableau est inséré dans un beau cadre et surmonté d'un bas-relief en plâtre peint de la Charité, le tout de la fin du XVIIIe siècle. Peintures murales de Nicolas Chaperon, à la fois sur la voûte et sur les parois : L'Annonce aux bergers, v. 1635. Sur le mur du fond : un beau triptyque (sous verre) La Montée au Calvaire + la Crucifixion + La Descente de Croix. La partie centrale, sur bois, appartient au milieu de Jean Cousin, vers 1540. Les volets latéraux sont des copies d'après deux tableaux de Rubens (mi-1610 et 1637), conservés au musée de Bruxelles et à la cathédrale d'Anvers.

Parmi une quinzaine de dalles funéraires, une, de 1694, en marbre blanc, est exceptionnellement fort lisible : "le ciel l'estimant trop pour la laisser plus lontemps mortele,...".

n°13 : ancienne chapelle Saint-Henri, actuelle chapelle Saint Jean Baptiste : un tableau d'Hérodiade recevant la tête de saint Jean Baptiste, peint en 1849 par Sébastien Norblin; une statue anonyme du saint. Une statue du saint curé d’Ars par Pascal Boureille (1947).

n°14 : ancienne chapelle de la Sainte-Vierge, actuelle chapelle Saint-Michel, à cause du Saint Michel terrassant le démon, copie 18e d'après un original de Guido Reni qui se trouve à Rome. On voit aussi un Tobie et l'ange se mettant en voyage, peint en 1845 par Gabriel Laviron.

Saint Nicolas des Champs – Paris - Les 33 chapelles et quelques œuvres remarquables

Les chapelles Nord - Les chapelles du XVIIe siècle - n°15 à 17

n°15 : ancienne chapelle Saint-Claude. La voûte a gardé sa peinture murale, Dieu le Père et quatre anges portant des emblèmes de la Passion, peut-être par Quentin Varin ou par Georges Lallemant, les deux grands rivaux, entre 1618 et 1623, peut-être par Nicolas Baullery . On trouve surtout dans cette chapelle Notre-Dame de pitié, peint par Georges Lallemant en 1620-1622, pour la chapelle axiale, mais qui a été déplacé là en 1817 (illustration). On y voit aussi une toile imitant une sculpture en relief de Saint Nicolas apaisant la tempête, œuvre de Jean-Baptiste-Marie Pierre, en 1747.

n°16 : chapelle concédée en 1620 à Claude Charlot, conseiller du Roi, et lotisseur d'un quartier du Marais. La dédicace d'origine est aux Saints-Anges, comme le prouve aussi la magnifique peinture murale de Quentin Varin, La chute des anges rebelles, datée de 1623. Aux retombées des voûtes, les quatre Vertus sont à gauche, la Concorde et la Bonté; à droite, l'Humilité et l'Obéissance. La statue de Sainte Cécile est par Abel Dimier, en 1825-1827, le tableau Sainte Cécile en prière par Charles Landelle, en 1848.

n°17 : l'ancienne chapelle, siège de la confrérie du Saint-Sacrement, sert maintenant d' accès à la sacristie. On y trouve Saint Roch et l'ange, tableau rare de Claude Simpol, vers 1680-1700 ainsi qu'un petit Ecce Homo, une des nombreuses copies d'après l'original disparu de Jacopo Ligozzi, déposé ici avant 1878.

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La Chapelle axiale de la Vierge - n°18

Elle fut le siège de la Confrérie de Notre-Dame de Miséricorde, dont les membres s'engageaient par vœu à servir et à nourrir les malades du quartier. Sa construction en 1613, dans l'axe et en saillie, fut la seule entorse faite à l'imitation du plan de Notre-Dame.

Sa décoration fut commandée en 1620 au célèbre peintre Georges Lallemant qui exécuta, en deux ans, douze petits tableaux (disparus) pour la menuiserie du lambris, trois peintures murales que l'on devine encore (sous les repeints par Jonvaux en 1857), deux grands tableaux latéraux (disparus) - une Notre-Dame au milieu des prophètes, et une Notre-Dame au milieu des "huict docteurs de l'Eglise grecs et latins" -, ainsi que le retable qui a été déplacé, sans doute en 1817, dans la chapelle n° 15 : Notre Dame de pitié.

Une modification intervint en effet en 1817, avec l'apport des deux toiles et de la statue actuelles. Il s'agit de L'Adoration des Bergers, signé N. Coypel junior F. (sur la marche à droite), et du Repos en Égypte par Alexandre-François Caminade, de 1817.

Quant à la statue, Nicolas Delaistre sculpta dans le marbre cee groupe de La Vierge présentant l'Enfant .

La chapelle est faiblement éclairée par suite de l'aveuglement de deux fenêtres, en 1843, afin d'installer le grand buste du Christ, peinture sur lave émaillée, sur fond d'or dans le style des décors byzantins, par Pierre-Etienne Perlet.

Les vitraux sont de Pierre Gaudin, en 1938-1939.

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Les chapelles Sud - Les chapelles du XVIIe siècle - n°19 à 24

n°19 : autrefois chapelle du Saint-Esprit, comme on peut encore le voir sur la peinture murale de la voûte (le même thème figure dans la chapelle suivante). Depuis le XIXe, chapelle Saint- Martin, à cause du bas-relief de Saint Martin guérissant un lépreux, par Auguste Verrebout (1836-1889), fabricant d'origine belge à la tête de la maison La Statue religieuse, à Paris, et à cause du tableau peint en 1870-1873 par Ernest Michel, d'un Saint Martin partageant son manteau avec un mendiant.

n°20 : autrefois chapelle Saint Louis. Sur la peinture de la voûte (entre 1616 et 1628, anonyme) qui représente un dais avec la colombe du Saint-Esprit.Sur le mur de droite, il ne reste que l'empreinte d'un polyptyque de deux panneaux peints sur fond d'or, chacun composé de dix petits tableaux, représentant des scènes de la vie du Christ (XIVe siècle), qui fut volé en 1971. En concordance avec la nouvelle appellation de la chapelle : un retable du Christ montrant son cœur aux fidèles peint par Jules Vibert en 1867, et une statue du Sacré-Coeur par Jean Puiforcat, vers 1950.

n°21 : autrefois chapelle du Saint Sépulcre. Le saint Sépulcre est le thème des admirables peintures murales, par Michel I Corneille, vers 1645-1650 : au centre le Christ qu'encadrent quatre épisodes imitant des reliefs en bronze; sur les retombées, deux soldats - l'un endormi, l'autre éveillé - , et deux anges indiquant le Saint-Suaire. La restauration de 2011 a révélé tout l'éclat de ces peintures. Actuellement chapelle de la Sainte Famille, à cause du panneau sur bois de La Sainte Famille, peint au XVIIIe siècle par Pieter van Mol. On y voit aussi Saint Vincent de Paul prenant la place d'un galérien, peint en 1865 par Léon Bonnat.

n°22 : chapelle acquise en 1616 par Jeanne Coustan, veuve de Jean Jacquelin, trésorier général des bâtiments du Roi, autrefois dédiée à Beata Maria Parturiens, à cause du motif principal des peintures murales par Quentin Varin, vers 1623 : L'annonce de la nativité du Christ. Aujourd'hui chapelle du Sauveur, à cause du retable : un Christ glorieux (inscription Ego sum via et veritas et vita sur la banderole tenue par les anges) du XVIIIe siècle. En 1967, y fut aussi déposé La Circoncision, tableau de Giovanni Battista Trotti, peint en 1590.

Une plaque de 1903 rend hommage à deux prêtres de la paroisse, victimes de la Révolution : Claude Chaudet pendant les Massacres de Septembre 1792, et P.J. Van Cleemputte, mené à l'échafaud le 1er janvier 1794.

A partir d'ici, presque rien n'est visible, à cause de la restauration en cours de la façade sud.

n°23 : autrefois chapelle de la Vierge, à cause du thème des peintures murales, mais aussi sans doute par référence au prénom Marie de l'épouse de l'acquéreur en 1615-1618, Méry de Vic. Les peintures murales de l'Assomption de la Vierge sont de Georges Lallemant, entre 1618 et 1622 - le peintre a même fait figurer son autoportrait - et le retable La Vierge de la famille de Vic est dû à Frans Pourbus le Jeune, également entre 1618 et 1622. Ce dernier tableau, outre ses qualités intrinsèques de syncrétisme flamand, italien et français, offre un précieux témoignage sur les instruments du sacre des rois de France, dont l'épée Joyeuse. Actuellement chapelle Sainte-Anne, car on y voit un tableau de L'éducation de la Vierge par sainte Anne par Jean-Joseph Dassy (1829). À signaler aussi un crucifix par Roger Godchaux (1947).

n°24 : autrefois chapelle Saint-Charles, car acquise en 1616 par Charles Amelot (de la famille Amelot), maître des comptes, et sa femme. Aujourd'hui débarras (elle donnait accès à l'ancienne sacristie), mais sur sa paroi de gauche se voit encore la peinture d'un large rideau vert soutenu par deux anges, et une devise en latin.

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Les chapelles sud - Les quatre chapelles du XVIe siècle - n°25 à 28

Ici reprend la seconde série de quatre chapelles construites de 1576 à 1586.

chapelle n°25 n°25 : chapelle acquise en 1587 par Louis Lefebvre de Caumartin, président au Grand Conseil, et sa femme. Il y fut enterré en janvier 1623. Dite autrefois chapelle Ascension de Notre Seigneur, peut-être à cause du sujet de ses peintures murales disparues (il en existerait un dessin préparatoire, par Georges Lallemant33), peut-être à cause de son retable d'alors.

La chapelle contient une excellente réplique de la Circoncision de la chapelle du collège des Jésuites à Poitiers, de Louis Finson, vers 1615 (presque tous les visages sont rangés sur le même plan, dont un autoportrait)54. C'est peut-être un tableau qui aurait été commandé par le propriétaire de la chapelle suivante.

Rebaptisée chapelle des Saintes Reliques, car y était conservé, entre autres, le chef de sainte Hilarie. Contient La conversion de saint Paul, copie ancienne d'un tableau du Dominiquin de 1620-1625.

chapelle n° 26 n°26 : la chapelle avait été concédée en 1588 à Jeanne de Boylève, dame de Persan, veuve de messire Roger de Vaudetard, vidame de Meaux. Elle passa, en 1597, à messire Nicolas Le Prévost, conseiller du Roi, maître des Comptes, puis à André Lefèvre d'Ormesson qui avait épousé la fille de celui-ci, en 1604. Comme elle finit par être recensée sous l'appellation du Saint-Nom de Jésus, on peut imaginer que la Circoncision de Louis Finson, toile présente dans la chapelle précédente, en était le retable d'origine («Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus").

Elle est devenue chapelle Saint-Nicolas, car on y conservait des reliques de l' évêque de Myre. On y voit un Saint Nicolas et les enfants, peint en 1821 par Edouard Brongniart; une Résurrection de Lazare peint en 1827 par François Souchon; un Baptême du Christ par un anonyme véronais du début 16e, anciennement attribuée à Gaudenzio Ferrari (toile prise à Vienne en 1809, et déposée ici en 1811)56. (illustration)

n°27 : tambour du portail de 1581.

n°28 : autrefois chapelle Résurrection de Notre Seigneur, attribuée en 1587 à François de Vigny, receveur général de la vile de Paris, seigneur de Villegenis (Château de Vilgénis). Son père, qui fut anobli en 1570, et lui, sont les ancêtres du poète Alfred de Vigny.

Aujourd'hui chapelle Sainte-Geneviève à cause du Sainte Geneviève lisant et gardant ses moutons, tableau peint en 1744 par Étienne Jeaurat, et provenant de l'église Saint-André-des-Arts. On y voit aussi un Sainte Geneviève enfant est bénie par saint Germain accompagné de saint Leu, peint en 1842-1845 par Joseph-Nicolas Jouy, ainsi qu'un Saint Germain, peint en 1841 par Alexandre-Marie Colin.

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Les chapelles sud -Les six chapelles du XVe siècle - n°29 à 34

Ici commence la série des six chapelles probablement construites de 1490 à 1501 (reprises de 1535 à 1546 ?).

n°29 : mur et porte d'accès à l'ancien presbytère, de la fin du XVe également, mais en partie rebâti de 1590 à 1597. Sur ce mur est accrochée une Ascension peinte par Claude Vignon, toile signée et datée 1650. (illustration)

n°30 : chapelle concédée en 1573 à Raoul Moreau Dutronche. La chapelle actuelle Saint-Joseph est ornée d'un retable et d'une statue du saint en bois (par Charles Colet) ; à droite, La Sainte Famille, peint en 1869-1872 par Xavier-Alphonse Monchablon 57.

n°31 : autrefois chapelle Saint-Jean-et-Saint-Jacques, aujourd'hui chapelle des Ames du Purgatoire, à cause du tableau offert par le curé Frasey, vers 1830, saint Grégoire le Grand et saint Vital intercèdent auprès de la Vierge pour les âmes du purgatoire, copie d'après l'œuvre de Sebastiano Ricci, conservée dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais. Comprend aussi un Jésus au jardin des oliviers, peint en 1824 par Georges Rouget 58, et une statue de sainte Rita, sculptée par Pascal Boureille en 1948.

n°32 : autrefois chapelle Sainte-Catherine et Sainte-Geneviève, aujourd’hui chapelle des Agonisants avec une toile du Christ portant sa croix, peint en 1827 par Amable-Paul Coutan, et une Cène, anonyme du XVIIIe siècle.

n°33 : la chapelle fut peut-être celle de la confrérie des charpentiers, d'où l'appellation de chapelle Saint-Joseph ? Aujourd'hui chapelle Sainte-Thérèse-de-l'enfant-Jésus (une statue contemporaine anonyme) qui recèle Le Sacre de saint Augustin - restauration en 1996-1999 - oeuvre signée, sur la manche gauche, d'Olivet (Jean Saint-Hilaire d'Olivet, "danseur et peintre du Roy"). Elle faisait partie du cycle commandé à six artistes pour le réfectoire du couvent des Petits Pères, début XVIIIe.

n°34 : ancienne chapelle Saint-Clair acquise en 1625 par la confrérie des "maîtres vuidangeurs" ("maîtres et compagnons des basses œuvres").

La chapelle des fonts baptismaux est inaccessible, en première travée du premier collatéral sud. Elle contient une cuve en marbre rouge, datée 1648.

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Œuvres remarquables - Le retable de la famille de Vic

Plus de soixante-dix "objets" (tableaux, sculptures, peintures murales, cloches...) ont été classés Monuments historiques, la grande majorité dès 1905, au moment de la Loi de séparation des Églises et de l'État.

S'il fallait n'en citer que quelques-uns, en voici trois qui ont traversé, dans leur chapelle, quatre cents ans de vicissitudes :

Le retable de la famille de Vic, peint entre 1617 et 1622 par Frans Pourbus le Jeune (dans la chapelle n°23).

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Notre-Dame de Pitié

Notre-Dame de Pitié, peint par Georges Lallemant, en 1620-1622, pour la chapelle axiale de la Vierge (déambulatoire nord, dans la chapelle n°15).

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La peinture murale à la voûte de la chapelle jadis du Saint-Sépulcre

La peinture murale à la voûte de la chapelle jadis du Saint-Sépulcre, par Michel I Corneille, vers 1645-1650 (déambulatoire sud, dans la chapelle n°21).

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Saint Nicolas

Nous ne savons que peu de choses de lui. Il naquit en Asie Mineure, devint évêque de Myre et, à ce titre, il assiste et souscrit au concile de Nicée en 325. Par contre, sa vie posthume est beaucoup plus riche, grâce aux légendes sans doute fondées sur la réputation de sa bonté envers les pauvres et les enfants. Son tombeau devient un lieu de pèlerinage, d'abord à Myre, puis à Bari en Italie où ses reliques furent transportées au XIe siècle.

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Sainte Louise de Marillac (1591-1660)

Louise de Marillac (Paris, 12 août 1591 - Paris, 15 mars 1660 ) est une aristocrate française, fondatrice avec saint Vincent de Paul des Filles de la Charité.

Cette église était son église paroissiale de 1623 à 1626 et c’est dans cette église, à la Pentecôte 1623, le 4 juin, qu’elle est délivrée de ses doutes et reçoit la grâce qui illumine son âme.

Née en 1591, Louise était une fille illégitime et elle ne sut jamais qui était sa mère mais elle fut reconnue et élevée par Louis de Marillac, membre de la noblesse. Lorsque Louis se maria, Louise fut placée en pension dans un couvent dominicain où sa tante était religieuse. Cette expérience permit à Louise d’approfondir son cheminement intérieur, de développer ses nombreuses compétences intellectuelles, ainsi que son désir d’être religieuse. Lorsque mourut Louis de Marillac, et que les ressources furent limitées, elle vécut dans une pension où elle eut l’occasion d’acquérir de nombreuses compétences domestiques de base et de développer des capacités organisationnelles. Cette expérience compléta son éducation classique de niveau supérieur, et la prépara pour son futur service.

Louise se maria avec Antoine Legras (Secrétaire de la Reine de France) à Saint-Gervais, en 1613. Mais leur bonheur conjugal fut de courte durée en raison de la santé fragile de ce dernier. Lorsqu’elle était jeune femme, Louise voyagea et côtoya l’aristocratie française avec autant d’aise que les pauvres, aux situations désespérées. Elle joua ensuite un rôle de leader parmi les Dames de la Charité, une organisation de femmes riches qui se consacraient à aider les pauvres.

La souffrance n’était jamais loin de Louise. Durant les troubles de la guerre civile, ses deux oncles, qui occupaient un rang élevé dans le gouvernement, furent emprisonnés. L’un fut publiquement exécuté et l’autre mourut en prison. En 1623, alors que la maladie minait peu à peu Antoine, qui mourut en 1625, la dépression eut raison de Louise. A Saint-Nicolas-des-Champs, sa paroisse, elle reçoit à la Pentecôte 1623, une grâce de l’illumination spirituelle qui la libère de ses troubles de conscience. Alors qu’elle priait, Louise eut une vision dans laquelle elle se vit en train de servir les pauvres et de vivre des vœux religieux en communauté.

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Elle écrivit cette ” lumière ” sur un parchemin et le porta sur elle pour se rappeler qu’en dépit de ses difficultés, Dieu guidait sa vie. Dans cette vision, un prêtre lui apparut, qu’elle identifia plus tard comme étant Vincent de Paul, son futur confesseur et collaborateur dans le service. En 1629, Vincent de Paul, qui avait établi la Congrégation de la Mission (les Lazaristes) en 1625, invita Louise à l’aider dans les Confréries de la Charité dans les paroisses de France. Ces activités servirent de thérapie à Louise et furent formatrices pour ses tâches futures et celles de la famille vincentienne. Elle entreprenait des visites pour s’assurer de la qualité des services qui étaient offerts; elle passait en revue les comptes et les rapports des gérants, et encourageait les travailleuses et les bénévoles à voir le Christ dans les personnes qu’elles servaient.

Elle quitte son hôtel du Marais pour habiter rive gauche, sur la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à proximité du Collège des Bons-Enfants. C’est là qu’en 1633, avec l’assentiment de Monsieur Vincent, devenu son directeur de conscience, elle groupe, dans sa maison de la rue des Fossés-Saint-Victor (actuelle rue du Cardinal Lemoine), les premières Servantes des Pauvres – ou Filles de la Charité -, cheville ouvrière des Confréries de charité fondées par Monsieur Vincent au cours de ses missions. L’afflux des vocations impose le transfert de la communauté en 1636 au village de la Chapelle, puis en 1641 au faubourg Saint-Denis, et le 15 mars 1660 sur la paroisse Saint-Laurent. La fondation de Louise irrigue une capitale d’un demi million d’habitants. Elle a la charge du vétuste et énorme Hôtel-Dieu, puis dès sa création en 1657, de l’hôpital général de la Salpêtrière, qui reçoit le flot des pauvres que la Fronde a multiplié. Louise fonde également avec Monsieur Vincent, “l’oeuvre des Enfants Trouvés” en 1638, installée plus tard dans le château de Bicêtre.

Louise, qui mourut le 15 mars 1660, juste quelques mois avant Vincent de Paul, fut proclamée sainte de l’Église en 1934. En 1960, le Pape Jean XXIII la proclama Patronne des Oeuvres sociales. En tant que femme, mère, enseignante, infirmière, assistante sociale et fondatrice religieuse, elle peut être le modèle de toutes les femmes. Elle vit aujourd’hui dans les 21 000 Filles de la Charité qui servent dans le monde entier, comme dans leur nombreux collaborateurs.

Depuis 1815, son corps repose rue du Bac, dans la chapelle où la Vierge apparut à sainte Catherine Labouré. Chapelle de la Médaille Miraculeuse 140, rue du Bac, 7e arr. – M° Sèvres-Babylone

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Une visite avec Pierre de Lagarde

Une merveilleuse visite en 10 minutes....

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Notice sur la Paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs à Paris : origine historique et description de son église, de ses chapelles et sépultures, de ses établissemens anciens et nouveaux, de ses hôtels, rues, boulevards, places... / par l'abbé Pascal,... Date de l'édition originale : 1841 Sujet de l'ouvrage : Paris (France) -- Église Saint-Nicolas-des-ChampsParoisse Saint-Nicolas-des-Champs (Paris)

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Paroisse Saint Nicolas des Champs L'animation de la paroisse est confiée depuis 1992 à la Communauté de l'Emmanuel. L'église Saint-Nicolas-des-Champs propose une prière pour ceux qui souffrent, aussi appelée la prière pour les malades, chaque jeudi à 18 h 30.Eglise Saint-Nicolas-des-Champs 254, rue Saint-Martin 75003 Paris – M° Ligne 3 ou 4 Réaumur-Sébastopol Presbytère 49 rue de Turbigo 75003 Paris – Tél. : 01 42 72 92 54
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Sources : Wikipedia Paroisse saint Nicolas des Champs
Crédits : Wiki Comons : Léon Casazza, Guilhem Vellut, Jebulon, Léon Coignet, I Sailko, Miguel Hermoso Ciesta, Reinhardthauke, MBZT, Ralph Treinen, GFreihalter, Patrick Nouhai-ller's, Facebook BellesEglises : Eddy Monfrino (accord en attente) Michel Bachmann, Didier Guiraud (accord en attente), Nicolas Lejwi (accord en attente)